entreprise
nom, féminin, /ɑ̃tʁəpʁizə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Dessein formé qu'on met à exécution. Échouer dans une entreprise. Esprit d'entreprise. Se dit dans un sens analogue d'opérations militaires. Entreprise industrielle, opération de l'industrie.
Quand les places sont prises, Il n'est plus temps d'avoir recours aux entreprises — Mathurin Régnier (1573-1613)
Jamais contre un tyran entreprise conçue... — Pierre Corneille (1606-1684)
Conditions déterminées pour l'exécution de certains travaux, pour une fourniture. Les travaux publics se donnent à l'entreprise. Établissement industriel ou commercial. Entreprise générale de roulage, de messageries. Opération de commerce.
Ils faisaient en société les entreprises qu'ils ne pouvaient faire seuls — Fénelon (1651-1715)
Pour sauver les pensions, il fallut enfin qu'on fit une entreprise de libraire — Marmontel (1723-1799)
Empiétement. Une entreprise sur la prérogative royale. Tentative contre, attaque.
Quand ils se seront ainsi rendus maîtres de l'esprit des peuples, ce sera en vain que les parlements s'opposeront aux entreprises de Rome sur la puissance temporelle de nos rois — Pascal (1623-1662)
Malgré la justice qu'il y avait dans ces remontrances, le peuple décerna le triomphe aux consuls ; nouvelle entreprise des tribuns sur l'autorité du sénat — Vertot (1655-1735)
Par extension, tentative faite sur une femme.
Vous exposant à des regards, que dis-je à des regards ? peut-être aux entreprises d'un perfide qui vous aura souillée — Montesquieu (1689-1755)
Terme de fauconnerie. Oiseau de grande entreprise, celui qui attaque hardiment le gibier.
Étymologie : Entrepris. L'ancienne langue disait souvent emprise.
Historique : XVIe s. Rois sans honneur, sans cœur, sans entreprise, Dont la vertu sera la paillardise Il n'est entreprinse que d'homme hardi
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Ce que l’on entreprend, ce que l’on a entrepris. Vaste entreprise. Entreprise téméraire. Former une entreprise. Exécuter une entreprise. Venir à bout d’une entreprise. Manquer son entreprise. échouer dans une entreprise. Placer son argent dans une entreprise commerciale, financière. Il a l’esprit d’entreprise.
Il signifie particulièrement Action de faire ou de fournir quelque chose en encourant tous les risques. Mettre quelque chose à l’entreprise, le faire exécuter par entreprise. Les travaux publics se donnent à l’entreprise. Il a l’entreprise de cette fourniture, de ces constructions.
Il se dit d’une façon générale de l’Action d’entreprendre quelque travail de construction, de terrassement, etc., ou d’assurer certains services destinés au public. Entreprise de peinture. Entreprise générale de messageries. Entreprise de transport.
Il signifie encore Action injuste par laquelle on entreprend sur le bien, sur les droits d’autrui. C’est une entreprise sur les pouvoirs du chef de l’état. C’est une entreprise contre le droit des gens.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- entreprises — pluriel — /ɑ̃tʁəpʁizə/
- entreprise — singulier — /ɑ̃tʁəpʁizə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée entreprise#25504.