entrée
nom, féminin, /ɑ̃tʁe/
Définitions
Action de pénétrer dans un lieu ou d'y être admis.
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Endroit par lequel on accède à un lieu.
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Plat léger servi au début du repas, avant le plat principal.
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Droit ou possibilité d'accéder à un lieu ; billet qui matérialise ce droit.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (19 sens) — Académie 1935 (16 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action d'entrer. L'entrée des juges au tribunal. Faire son entrée. En parlant des éclipses, l'entrée de la lune dans l'ombre, etc.
Par un nouveau carnage il y fit son entrée [dans Rome] — Pierre Corneille (1606-1684)
Mon entrée en ces lieux ne te surprendra plus — Jean Racine (1639-1699)
Cérémonie solennelle avec laquelle un personnage considérable entre ou est reçu dans une ville. Entrée se dit aussi d'un vainqueur qui est reçu dans une ville soumise. L'entrée de l'armée dans la capitale ennemie. Joyeuse entrée, inauguration des anciens souverains de la Flandre.
Il nous semble que vous ayez fait votre entrée à Aix — Mme de Sévigné (1626-1696)
Ils avaient fait ici une manière d'entrée à mon fils — Mme de Sévigné (1626-1696)
Terme de théâtre. Action d'entrer en scène ; moment d'y entrer. Cet acteur a manqué son entrée.
L'une.... Semblait faire l'entrée en quelque tragédie — Mathurin Régnier (1573-1613)
Entrée de ballet, ou, simplement, entrée, se disait autrefois des intermèdes d'un ballet. Danser une entrée. Fig. Faire une entrée de ballet dans une compagnie, y entrer sans garder les convenances et faire les civilités nécessaires. Il se disait aussi des actes d'un opéra-ballet, lorsque chaque acte était un sujet détaché. Première entrée. Seconde entrée. Aujourd'hui, divertissement exécuté par un certain nombre de danseurs, dans un ballet, dans un opéra. Une entrée de paysannes. Terme de musique. Se dit du moment où chaque partie commence à se faire entendre. L'entrée des cors. Ritournelle qui, dans un mélodrame, annonce l'entrée en scène d'un personnage.
Pendant la répétition de ce ballet, le comte de Guiche était très souvent avec Madame, parce qu'il dansait dans la même entrée — Mme DE LA FAYETTE
Droit d'entrer sans payer dans un spectacle. Cet auteur a son entrée ou ses entrées à la Comédie-Française.
Je m'avisai de présenter ma petite comédie de Narcisse aux Italiens : elle y fut reçue, et j'eus les entrées, qui me firent grand plaisir — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Ce théâtre dont je me suis fait nommer médecin honoraire pour avoir mes entrées — Louis-Benoît Picard (1769-1828)
Droit de siéger. Le gouverneur de Paris avait entrée au parlement. Avoir entrée au conseil d'État.
Accès dans un lieu. Ancien terme de la cour. Privilége attaché à certains rangs et à certaines charges, d'entrer à certaines heures dans la chambre du roi. Cette charge donne toutes les entrées. Les grandes entrées, se disait des entrées qu'avaient les gentilshommes de la chambre. Les petites entrées, se disait des entrées que donnaient les autres charges. Par métonymie. Celui ou celle qui a ses entrées.
Donne entrée à Placide et souffre que.... — Pierre Corneille (1606-1684)
Hamilton y avait les entrées libres à toutes heures — HAMILTON
Admission. Depuis son entrée au collége, cet élève a fait beaucoup de progrès. L'entrée au séminaire. L'examen d'entrée à une école. Ce qu'on payait en entrant en charge ; bienvenue.
On a dit que Platon refusait l'entrée de son école à quiconque n'était pas géomètre — Dortous de Mairan (1678-1771)
On peut lui reprocher [au président Rose] cependant d'avoir, par amitié pour Despréaux et Racine, retardé l'entrée de Fontenelle à l'Académie française — D'Alembert (1717-1783)
Endroit par où l'on entre, l'on pénètre. L'entrée de la maison. À l'entrée de la ville. L'entrée est de ce côté. L'entrée d'un port, d'une rade. Terme d'architecture. Entrée de chœur, décoration, façade qui sépare le chœur d'une église du reste de la nef. Les abords.
Il s'arme de toute l'ardeur de son zèle, et défend avec une vigilance incroyable les entrées de son diocèse — Fléchier (1632-1710)
Il laissa Jacqueline avec ses enfants à l'entrée du bois — Mme de Genlis (1746-1830)
Ouverture de certaines choses. L'entrée de ce chapeau, de cette chaussure, de cette manche est trop étroite. Ouverture par laquelle une clef entre dans la serrure.
Fig. Il se dit de tout ce qui est comparé à une action d'entrer, à un acheminement. L'entrée dans le monde, la naissance. L'entrée dans le monde, se dit aussi des personnes qui commencent à fréquenter la société.
[Les traits de la mort].... Ne font voir à leur clarté Que la fin d'un triste esclavage Et l'entrée à la liberté — Pierre Corneille (1606-1684)
Ce serait leur fermer l'entrée de notre religion — Pascal (1623-1662)
Occasion, opportunité. Cette innovation donnerait entrée à beaucoup de désordres. Donner entrée à un abus.
Les entrées qu'elle nous ouvre pour faire des amis — Bossuet (1627-1704)
Il se dit du premier temps, des premiers moments de quelque chose qui dure. L'entrée du mois. À l'entrée de l'hiver. L'entrée de son pontificat. Dès l'entrée de table, dès le commencement du repas.
Je revins secrètement chez moi à l'entrée de la nuit — Lesage (1668-1747)
Début, commencement. On dit dans le même sens, entrée en possession, en jouissance. Entrée en séance, action de commencer une séance. D'entrée, loc. adv. Tout d'abord, dès le début. D'entrée de jeu, dès le commencement du jeu. Il se mit à jouer, et d'entrée de jeu il perdit presque tout son argent. Fig. D'entrée de jeu, d'abord. D'entrée de jeu il fit voir son extravagance.
Voyez Diana qui a tant écrit ; il a mis à l'entrée de ses livres la liste des auteurs qu'il rapporte — Pascal (1623-1662)
Que dès les premiers vers l'action préparée, Sans peine du sujet aplanisse l'entrée — Boileau (1636-1711)
Se dit de la permission d'entrer dans un pays, en parlant de marchandises, de livres, etc. Avoir l'entrée d'un port, avoir accompli les formalités nécessaires pour y être admis.
Je vous dirai confidemment que j'ai une joie très vive de ce que l'on n'a point permis en France l'entrée de mon Dictionnaire — Pierre Bayle (1647-1706)
Terme de douane. Droit qu'on paye pour les marchandises qui entrent dans certaines villes ou certains pays.
Ces troupes étaient seulement commandées pour faire payer les entrées aux portes de la ville — La Rochefoucauld (1613-1680)
Ce qui entrait dans Rome sous le nom des ambassadeurs ne payait jamais d'entrée — Voltaire (1694-1778)
Terme de cuisine. Mets qui se servent au commencement du repas. On servit les entrées. Fig.
Cet estomac était amoureux du ragoût, De potages farcis et de fines entrées — Houdar de La Motte (1672-1731)
On dit qu'il faut actuellement des entrées recherchées [ouvrages littéraires] et des nouveautés dont on n'aurait pas mangé autrefois — Voltaire (1694-1778)
Terme d'eaux et forêts. Bois d'entrée, ceux qui commencent à donner quelques signes de dépérissement.
S. f. plur. Terme de commerce. Se dit des valeurs, des marchandises qui entrent. Le livre des entrées.
Étymologie : Entrer ; provenç. intrada ; espagn. entrada ; ital. entrata.
Historique : XIe s. Et Guineman jouste à un roi l'entrée [d'entrée, d'abord] XIIe s. Le premier jour de mai, à l'entrée du mois Vint s'en al tabernacle ; truvad le vesche Hely à l'entrée, qui asis iert [était] Dunkes de tote vertut fait à guarnir li entreie del cuer XIIIe s. Sur les ieus [je] vous commant que vidiez ma contrée, Si que jamais nul jour ne levoiez l'entrée Jà du moustier [il] n'en avera l'entrie À l'entrée de quaresmes, après ce que on prent cendres Ensi garderent les entrées et les issues dou castiel un an et trois mois Ele i est jusqu'au ventre entrée, Et la fosse a petite entrée Maint sunt…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Endroit par où l’on entre dans un lieu. L’entrée d’une ville, d’un port, d’une rade. L’entrée de cette maison est incommode. Il s’arrêta à l’entrée du bois.
Il signifie, par analogie, Commencement d’une chose. à l’entrée de l’hiver. Dès l’entrée du repas.
Il désigne spécialement, en termes de Cuisine, Certains mets qui se servent au commencement du repas. Une entrée de poisson, de volaille.
D’ENTRÉE
loc. adv.
Dès le début. Il nous dit d’entrée trois ou quatre fausses nouvelles. Il a vieilli. D’entrée de jeu. Dès le début du jeu et, figurément et familièrement, Dès le début, tout d’abord.
ENTRÉE signifie aussi Action d’entrer. L’entrée d’un vaisseau dans le port. L’entrée d’un corps de troupes en pays ennemi. L’entrée en scène d’un acteur. Cet acteur a manqué son entrée. à son entrée, on applaudit.
Il se dit particulièrement de l’Action d’entrer dans une ville avec pompe, avec solennité. L’entrée triomphale d’une armée dans une ville de l’ennemi.
En termes de Théâtre, Entrée de ballet ou simplement Entrée, Partie d’un ballet où figurent de nouveaux danseurs. Entrée de bayadères, de nymphes.
Il se dit aussi, en termes de Musique, du Moment où chaque partie commence à se faire entendre. Une entrée de cors.
L’entrée dans le monde, La naissance et aussi Les premiers débuts dans la société, dans le commerce mondain. On dit de même Entrée en exercice, en fonction. Entrée en séance. Entrée au collège.
Il signifie encore Accès dans un lieu. Le vestibule donne entrée dans toutes les pièces de l’appartement.
Il se dit encore du Billet permettant de pénétrer dans une salle d’exposition, de spectacle, de conférences. Entrées gratuites. Entrées payantes. On trouve des entrées à partir de dix francs. Nous avons pris plusieurs entrées. Il se dit particulièrement du Privilège d’entrer sans payer à un spectacle. Avoir son entrée, ses entrées à la Comédie-Française. Suspendre les entrées de faveur.
Il se disait autrefois du Privilège d’entrer dans la chambre du Roi. Les grandes et les petites entrées, Celles qui y donnaient accès de bon matin ou plus tard dans la journée. On dit encore familièrement, Avoir chez quelqu’un ses grandes et ses petites entrées, Pouvoir le visiter à n’importe quelle heure de la journée sans crainte d’être indiscret.
Droit d’entrée, ou simplement Entrée, Droit qu’on paie pour les marchandises qui entrent dans une ville, dans un pays. Payer l’entrée d’une barrique de vin.
Il peut signifier aussi simplement Admission. Examen d’entrée à l’école Polytechnique, à l’école Centrale.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- entrées — pluriel — /ɑ̃tʁe/
- entrée — singulier — /ɑ̃tʁe/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée entrée#25529.