s. f.
Marque, indice pour faire reconnaître quelque chose. Donner de bonnes, de fausses enseignes. À bonnes enseignes, à bon titre, avec sûreté, en toute garantie. À telles enseignes que, en preuve que.
Les témoins déposaient qu'autour de ces rayons Des animaux ailés, bourdonnants, un peu longs, De couleur fort tannée, et tels que des abeilles, Avaient longtemps paru ; mais quoi ? dans les frelons Ces enseignes étaient pareilles — La Fontaine (1621-1695)
L'empreinte dont tous ses traits portent la divine enseigne — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Anciennement. Enseigne ou faveur, pièce détachée de la parure d'une dame et donnée à un chevalier combattant dans un tournoi.
Ancien terme de manufacture. Une certaine mesure de drap, qui revenait à trois aunes. Une pièce de quinze enseignes, c'est-à-dire de quarante-cinq aunes.
Tableau figuratif mis au-dessus d'une maison pour indiquer le commerce ou la profession du propriétaire. Nous sommes tous deux logés à la même enseigne, c'est-à-dire nous sommes dans le même embarras, ou malheur, ou perte. Il a logé à l'enseigne de la lune, il a couché à l'enseigne de la belle étoile, se dit de quelqu'un qui, n'ayant point de logis, ayant été mis hors du sien, a couché dehors. Fig. C'est une enseigne à bière, se dit d'un portrait, d'un tableau mal peint.
L'enseigne fait la chalandise — La Fontaine (1621-1695)
Ne songez pas même à réformer les enseignes d'une ville — La Bruyère (1645-1696)
Drapeau, signe de ralliement dans les armées romaines. Les enseignes romaines étaient des aigles. Par extension, toute espèce d'étendard. Fig. Marcher, combattre sous les enseignes de quelqu'un, se ranger sous son autorité.
Vous marcherez à Rome à communes enseignes — Pierre Corneille (1606-1684)
Que ceux qui ont fait serment marchent sous mes enseignes — Montesquieu (1689-1755)
Terme de marine. Enseigne de poupe, le pavillon qui se met sur la poupe. Gaule d'enseigne, se dit quelquefois du petit mât qui porte l'enseigne.
Dans l'ancienne infanterie française, la charge de porte-drapeau. Son fils obtint une enseigne. La compagnie commandée par celui qui avait la charge d'enseigne. S. m. Celui qui portait l'enseigne. Un enseigne aux gardes. Dans la marine, un enseigne de vaisseau, officier dont le grade était le moins élevé (depuis peu d'années on y a substitué le titre de lieutenant de frégate). À bon vin il ne faut pas d'enseigne, et, elliptiquement, à bon vin pas d'enseigne, c'est-à-dire il n'est pas nécessaire de faire beaucoup d'efforts pour mettre en vogue ce qui est bon.
La singularité du fait et le courage que cet enfant avait témoigné, le firent faire enseigne après le combat — Mme de Caylus (1673-1729)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).