enfuir (s') · enfuir (s’)

enfuir (s')

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens)

Littré (1873)

v. réfl.

  1. Se retirer en toute hâte, en prenant la fuite. S'enfuir au moment du danger. S'enfuir de prison. Avec ellipse du pronom personnel. Comment l'avez-vous laissé enfuir ? Par extension.

    C'est, me dit-il, notre grand et incomparable Molina, qui, par sa prudence inimitable, l'a estimée [une somme volée] à six ou sept ducats, pour lesquels il assure qu'il est permis de tuer, encore que celui qui les emporte s'enfuie — Pascal (1623-1662)

    Si tôt qu'elle me voit, elle s'enfuit de moi — Racan (1589-1670)

  2. S'évanouir, disparaître. Le temps s'enfuit.

    Pour toute récompense il n'obtient qu'un vain bruit, Qu'un triomphe frivole, un éclat qui s'enfuit — Voltaire (1694-1778)

    La coupe de mes jours s'est brisée encor pleine ; Ma vie en longs soupirs s'enfuit à chaque haleine ; Ni larmes ni regrets ne peuvent l'arrêter — Lamartine (1790-1869)

  3. S'échapper d'un vase, en parlant d'une liqueur. Votre vin s'enfuit. Le lait s'enfuira bientôt. Par métonymie. On dit qu'un vase s'enfuit, lorsqu'il laisse échapper la liqueur qu'il contient. Ce tonneau s'enfuit. Aujourd'hui on se sert plus ordinairement de fuir. Fig. Ce n'est pas par là que le pot s'enfuit, ce n'est pas par là que l'affaire peut manquer.

Étymologie : En 2, et fuir ; provenç. enfugir.

Historique : XIe s. Si est aucuns qui blamet seit et si il s'en fuist.... Dient Franceis : Dehait [mal] ait qui s'enfuit Fuïr s'en [il] velt, mais ne lui valt nient De ce cui chaut ? Fuït s'en est Marsiles XIIe s. Que est à tei, mer, que tu t'enfuis ? e tu, Jordain, que tu ies convertiz ariere ? Fuit s'en fel Guenes, grant paor a de soi Absalon s'enfuid à Tholomai le fiz Amiur le rei de Jessur, e là demeurad treis ans XIIIe s. Belle, fuiez vous en, n'y soit plus delaié [tardé] Je m'en foï sans plus atendre S'il s'enfuit, il a perdu honnor et tout ce qu'il tient en fief XIVe s. C'est en cest siecle ung gran…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ENFUIR (S').

enfuir (s’)

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (3 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

v. pron.

  1. Fuir de quelque lieu. S’enfuir de la prison. Il voulait s’enfuir, on l’a arrêté. Si vous me parlez encore de cela, je m’enfuis.

  2. Il se dit figurément d’une Liqueur qui sort, qui s’écoule d’un pot, d’un vase. Prenez garde, votre vin s’enfuit.

  3. S’ENFUIR se dit figurément de Certaines choses qui passent, disparaissent, se dissipent, etc. Le temps s’enfuit. Mon bonheur s’est enfui pour jamais. Il regrette sans cesse sa jeunesse enfuie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée ENFUIR (S’).

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.