enfoncé
adjectif, /ɑ̃fɔ̃se/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens)
Littré (1873)
part. passé.
Poussé au fond. Des pieux enfoncés dans le sol de la rivière. Par extension. Enfoncé sous les couvertures du lit. Fig. Populairement. Être enfoncé dans les affaires jusqu'aux sangles, y être engagé fort avant.
Et dans le lit l'une et l'autre enfoncée Ne laissa pas de l'entendre fort bien — La Fontaine (1621-1695)
Tout le reste du jour, enfoncé dans la forêt, j'y cherchais, j'y trouvais l'image des premiers temps, dont je traçais fièrement l'histoire — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Qui a pénétré profondément. L'épée enfoncée jusqu'à la garde. Un clou enfoncé dans la muraille.
Dans le sein d'Araspe un poignard enfoncé — Pierre Corneille (1606-1684)
Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un reste de sang que l'âge avait glacé — Jean Racine (1639-1699)
Profond. Une alcôve enfoncée. Avoir les yeux enfoncés dans la tête, avoir les yeux creux. Il a la tête enfoncée entre les deux épaules, c'est-à-dire il a le cou très court. Terme de botanique. Se dit des feuilles dont les intervalles des nervures sont creux ; des sutures des valves, lorsqu'elles sont placées au fond d'un sillon plus ou moins profond.
Représentez-vous un petit homme haut de trois pieds et demi, extraordinairement gros, avec une tête enfoncée entre les deux épaules ; voilà mon oncle — Lesage (1668-1747)
Fig. Qui est plongé en quelque chose comme dans un fond, dans un abîme. Enfoncé dans ses réflexions, dans ses livres, dans ses études. Être enfoncé dans une certaine société, y être entièrement livré, en avoir les idées, les préjugés.
Il est fort enfoncé dans la cour, c'est tout dit ; La cour, comme l'on sait, ne tient pas pour l'esprit — Molière (1622-1673)
Avoir l'esprit enfoncé dans la matière, être épais, stupide.
Mon Dieu ! ma chère, que ton père a la forme enfoncée dans la matière ! que son intelligence est épaisse et qu'il fait sombre dans son âme ! — Molière (1622-1673)
Un homme enfoncé, un homme qui cache ses pensées, ses sentiments.
Il n'était pas de ces hommes enfoncés et impénétrables, sur le cœur de qui un voile fatal est toujours tiré — Massillon (1663-1742)
Rompu. Une porte enfoncée. Par extension. Le carré enfoncé par la cavalerie.
Les Parthes au combat par les nôtres forcés, Tantôt presque vainqueurs, tantôt presque enfoncés — Pierre Corneille (1606-1684)
Et des rangs enfoncés écrasant les débris — Jacques Delille (1738-1813)
Néologisme et populairement. Renversé, battu, mis en déroute. Enfoncé le prétendant ! La partie est perdue, nous voilà enfoncés.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- enfoncées — pluriel féminin — /ɑ̃fɔ̃se/
- enfoncés — pluriel masculin — /ɑ̃fɔ̃se/
- enfoncée — singulier féminin — /ɑ̃fɔ̃se/
- enfoncé — singulier masculin — /ɑ̃fɔ̃se/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée enfoncé#25082.