enfant

enfant

adjectif

Grammaire et formes (2)
  • enfants — pluriel
  • enfant — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée enfant#171366.

enfant

nom, /ɑ̃fɑ̃/

Définitions

  1. Être humain dans les premières années de sa vie.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

  2. Fils ou fille, quel que soit l'âge.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — relu en interne · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (18 sens) — Académie 1935 (24 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Individu de l'espèce humaine qui est dans l'âge de l'enfance. Un petit enfant. Un bel enfant. Jouer comme un enfant. L'enfant Jésus, Jésus lorsqu'il était enfant. Un enfant Jésus, une figure de Jésus enfant. Sage comme l'enfant Jésus, se dit d'un enfant qui est sage et obéissant. Ce n'est pas un jeu d'enfant, ce n'est pas jeu d'enfant, se dit quand il s'agit de choses sérieuses et importantes. Être innocent comme l'enfant qui vient de naître ou qui est à naître, être tout à fait innocent. Enfant gâté, l'enfant à qui ses parents laissent faire toutes ses volontés et qu'ils ne corrigent pas. Se dit par extension d'un adulte qui se passe ou à qui l'on passe tous ses caprices. Faire l'enfant, badiner comme un enfant, s'amuser à des choses puériles. Être enfant, même sens. Ne pas faire l'enfant, signifie aussi ne pas faire l'ignorant, ne pas affecter l'ignorance d'un enfant sur ce qui est dit ou proposé. Il ne fit pas l'enfant, il profita de l'occasion. Acceptez, ne faites pas l'enfant. Adjectivement. Un peuple enfant, un peuple qui n'est pas encore civilisé. On l'a dit aussi, en poésie, de ce qui est de l'enfance. D'enfant, loc. adj. Faible, futile. Ce sont scrupules d'enfant.

    Aussi, à dire le vrai, c'est une extrême méchanceté de se moquer d'un pauvre enfant qui n'a appris le français que pour l'amour de moi, et qui a eu du moins l'esprit de me choisir entre tous ceux qui sont ici — Voiture (1597-1648)

    Laissez venir les petits enfants, et ne les empêchez point, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Mal d'enfant, le travail de l'accouchement. Cette femme est en mal d'enfant. Faire un enfant, en parlant d'une femme. Faire un enfant, en parlant d'un homme.

    Une montagne en mal d'enfant Jetait une clameur si haute.... — La Fontaine (1621-1695)

    La femme ne faisant guère qu'un enfant à la fois — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. S. f. Petite fille, jeune fille. Ma belle enfant. La pauvre enfant.

    Excusez ma tendresse pour une enfant dont je n'ai jamais eu aucun sujet de plainte — Jean Racine (1639-1699)

    Je suis la plus jeune de ses enfants — Diderot (1713-1784)

  4. Il exprime un rapport de génération, fils ou fille. Il eut plusieurs enfants. Il perdit ses enfants en bas âge. C'est l'enfant de sa mère, c'est bien l'enfant de sa mère, c'est-à-dire il en a tout le caractère. C'est bien l'enfant de son père, de sa mère, se dit aussi de la ressemblance physique. Enfant de bonne mère ou de bonne maison, personne qui occupe un bon rang dans la société. Il n'y a enfant de bonne mère qui ne prétende à cela. Traiter quelqu'un en enfant de bonne maison, le châtier sévèrement, ne point l'épargner. Enfant de famille, enfant en puissance de père et de mère. Enfant de famille, enfant chéri, enfant qui était avantagé aux dépens des autres. Enfant de famille, enfant de bonne maison. Enfant de troupe, fils de militaire élevé dans les casernes aux frais de l'État. Enfant trouvé, enfant abandonné par ses parents, ramassé par les passants, et recueilli par les hospices. Enfants de la patrie, nom donné, pendant la Révolution, aux enfants trouvés. Enfant de l'amour, enfant né hors mariage. Terme de marine. Enfant trouvé, personne qui s'est cachée à bord pour y faire une campagne et qui ne se montre que lorsque le navire est en mer. Enfant de la balle, voy. BALLE. Enfants bleus, enfants rouges, pauvres enfants habillés de bleu, de rouge, qu'on élevait à Paris dans un lieu fondé pour cela. L'enfant prodigue, l'enfant de l'Évangile qui, ayant reçu sa part, va la dissiper follement, et qui, revenant dans l'état le plus misérable, est bien accueilli par son père. Par analogie, jeune homme qui a fait ses fredaines, malgré les conseils de ses parents, surtout au moment où il revient près d'eux pour mener une vie plus rangée.

    Et contre un père enfin l'enfant a toujours tort — Rotrou (1609-1650)

    Ce fut là [à la Bérésina] qu'on aperçut des femmes au milieu des glaçons, avec leurs enfants dans leurs bras, les élevant à mesure qu'elles s'enfonçaient ; déjà submergées, leurs bras roidis les tenaient encore au-dessus d'elles — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

  5. Enfants de France, princes et princesses, enfants du roi qui occupait le trône, pour les distinguer de ceux et de celles des différentes branches de la maison royale, qui ne portaient que le titre de princes et princesses du sang.

  6. Petits-enfants, voy. PETITS-ENFANTS.

  7. Enfant de chœur, enfant qui chante au chœur.

  8. Enfants de langue, nom qu'on donnait, dans les Échelles du Levant, à de jeunes Français que le roi entretenait au Levant pour y apprendre les langues turque, arabe, grecque, et pour servir ensuite de drogmans. On dit aujourd'hui jeunes de langue.

  9. Enfants perdus, soldats qui marchent, pour quelque entreprise extraordinaire, à la tête d'un corps de troupes commandé pour les soutenir ; ainsi nommés parce que leur service est particulièrement périlleux. Cette locution provient peut-être de los infantes, expression espagnole, d'où est né le mot infanterie. Plus généralement. Enfants perdus, personnes qu'on met en avant dans une affaire hasardeuse. Fig. Néologisme. Enfant terrible, enfant qui, en répétant ce qu'il a entendu dire, blesse profondément ceux à qui il parle. Dites-moi donc, monsieur, qui est-ce qui a inventé la poudre ? papa dit que ce n'est pas vous. Par extension, ceux qui par trop de sincérité compromettent leur cause, leur parti.

    Je vous prie de regarder mes réflexions comme des enfants perdus que j'ai jetés en avant sans m'embarrasser de ce qu'ils deviendraient — D'Alembert (1717-1783)

  10. Terme de familiarité, d'encouragement, avec un accent paternel, et venant d'un homme âgé ou d'un supérieur. Mes chers enfants. Allons, enfants. Mon enfant, écoutez-moi. Un bon enfant, un homme de bonne humeur, et aussi un homme qui n'a pas de malice. On dit de même une bonne enfant. Elle est bonne enfant. Il est bon enfant, bien bon enfant de croire cela, de se prêter à cela, c'est-à-dire il est bien simple de croire cela, etc. Adjectivement. Il a un air bon enfant, un sourire bon enfant. Dans le style familier, bon enfant entraîne souvent l'idée d'aimable vaurien, de joyeux compagnon.

    Va-t'en, ma pauvre enfant — Molière (1622-1673)

    Allons, Merlin, de la vivacité, mon enfant, de la présence d'esprit — Regnard (1655-1709)

  11. Les êtres humains considérés comme fils du ciel, de Dieu, de la terre, de la patrie, etc. La patrie réclama le secours de ses enfants. Les enfants d'une même patrie. Les enfants de Dieu et de l'Église. Dans le langage biblique. Les enfants des hommes, les hommes, et surtout ceux qui vivent dans l'iniquité. Les enfants de lumière, ceux qui ont reçu l'Évangile. Les enfants de ténèbres, les idolâtres. Par extension, il se dit d'autres êtres que les êtres humains.

    Ainsi la Grèce en vous trouve un enfant rebelle — Jean Racine (1639-1699)

    Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin ? — Jean Racine (1639-1699)

  12. S. m. plur. Descendants. Nous sommes tous enfants d'Adam. Les enfants d'Israël.

    Et que vous racontiez à vos enfants et aux enfants de vos enfants de combien de plaies j'ai frappé les Égyptiens — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Des enfants de Japhet toujours une moitié Fournira des armes à l'autre — La Fontaine (1621-1695)

  13. Natif. Les enfants de Paris.

  14. Partisan, sectateur, disciple, Les enfants de la liberté et de l'égalité. Enfants de St-François, de St-Ignace, etc. les Franciscains, les Jésuites, etc. Les enfants de Bellone, de Mars, les guerriers. Les enfants d'Apollon, les poëtes.

    Mais pendant que vous ne travaillerez qu'à y entretenir le trouble, ne doutez pas qu'il ne se trouve des enfants de la paix qui se croiront obligés d'employer tous leurs efforts pour y conserver la tranquillité — Pascal (1623-1662)

  15. Ce qui est l'effet, la conséquence de, le produit de. Le bonheur est enfant de la vertu. Les jeux, les ris, enfants de la gaieté.

    Impatients désirs d'une illustre vengeance, Enfants impétueux de mon ressentiment — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sortez de mon esprit, ressentiments jaloux, Noirs enfants du dépit — Pierre Corneille (1606-1684)

  16. Petit d'un animal.

    Une laie aux poils blancs, trente enfants blancs comme elle, Vont s'offrir à tes yeux — Jacques Delille (1738-1813)

  17. Terme d'astronomie. Enfants de Dercéto ou enfants d'Atergatis, la constellation des Poissons.

  18. Terme d'alchimie. Enfants de la nature, les quatre éléments qu'admettaient les anciens. Enfant des philosophes, le mercure.

Étymologie : Bourg. éfan ; picard affant, effant ; provenç. enfan, effan, efan ; espagn. et ital. infante, infant ; du latin infantem, enfant, de in, non, et fari, parler (voy. FABLE) : celui qui ne parle pas. L'ancien français enfe ou enfes est le nominatif, d'ínfans, avec l'accent sur in ; enfant est le régime, d'infántem, avec l'accent sur fan.

Historique : XIe s. Par tels paroles vous ressemblez enfant XIIe s. De lor enfanz et des gentis uxors Dient Franzois : cist cops n'est pas d'enfant Et Dex ! dit Naymes, or voi-je duel [deuil] d'enfant Baron, dist l'anfes, ne vous doit anuier Empris [j'] ai greignor folie Que li faus enfes qui crie Por la bele estoile avoir De sa premiere fame [il] out deus vaslez enfans XIIIe s. Cil gaigna deus enfans en la serve haïe [Rainfrois fut] li premiers enfes qu'ot en la serve li rois Dont je me chevissoie [entretenois] et ma fame Margain Et mes petits enfans Murdri [ils] ont mon enfant, Bertain, qui m'aimoit si C…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Garçon ou fille qui est en bas âge. Un bel enfant. Tenir un enfant sur les fonts baptismaux. Un enfant à la mamelle. Un enfant mort-né. Pleurer comme un enfant. S’amuser, rire comme un enfant. Des jouets d’enfants. Laissez venir à moi les petits enfants.

  2. Fam., Ce n’est pas un jeu d’enfant, ce n’est pas jeu d’enfant, se dit d’une Affaire grave et sérieuse, ou d’un engagement dont on ne peut se dédire.

  3. Fig., Il est aussi innocent que l’enfant qui vient de naître, se dit pour mieux affirmer l’innocence de quelqu’un.

  4. Fig., Faire l’enfant, Badiner comme un enfant, s’amuser à des choses puériles. On dit de même être enfant. Est-elle enfant! Que vous êtes enfant!

  5. Se comporter, se conduire, agir comme un enfant, parler comme un enfant, Agir sans réflexion, tenir des discours puérils. On dit de même Propos d’enfant. Conduite d’enfant, etc.

  6. Fig. et fam., Il n’y a plus d’enfants, se dit à propos d’un Enfant qui parle de choses qu’il devrait encore ignorer.

  7. Fig. et fam., Il est bon enfant, bien bon enfant de croire cela, de se prêter à cela, Il est bien simple de croire cela, etc.

  8. être bon enfant signifie aussi être de bon caractère, commode à vivre, toujours de bonne humeur. C’est une bonne enfant, une bien bonne enfant.

  9. Enfant trouvé, Enfant abandonné et dont le père et la mère ne se font pas connaître. L’hospice des enfants trouvés, ou, simplement, Les Enfants trouvés. Aller aux Enfants trouvés.

  10. Enfant de troupe, Fils de militaire élevé aux frais de l’état.

  11. Enfant de choeur. Voyez

  12. CHOEUR.

  13. Fig., Enfants perdus, s’est dit des Soldats que l’on porte en avant un jour de combat et que l’on considère comme perdus.

  14. ENFANT s’emploie aussi comme nom des deux genres en termes d’amitié et de familiarité. Ma belle enfant. Venez, mon enfant. Ma chère enfant, écoutez-moi. Enfant que vous êtes! Courage, enfants, criait-il à ses soldats.

  15. ENFANT est quelquefois féminin quand il sert à désigner précisément qu’il s’agit d’une Fille et non d’un garçon. Voilà une belle enfant! Vous êtes une aimable enfant. La pauvre enfant. Que cette enfant est laide! Oh! la vilaine enfant.

  16. Il se dit aussi d’un Fils ou d’une Fille, quel que soit leur âge, par relation au père et à la mère, ou à l’un des deux seulement. Avoir des enfants. être chargé d’enfants. Il laisse une veuve et quatre enfants en bas âge. Dans son extrême vieillesse, il resta entouré de ses enfants. Cette mère est faible, elle gâte ses enfants. Enfant mâle. Enfant légitime. Enfant naturel. Enfant adoptif. Enfant d’adoption. Enfant du premier lit, du second lit.

  17. ENFANTS, au pluriel, se dit aussi des Petits- fils et arrière-petits-fils. Ce père de famille a dîné avec tous ses enfants. Les petits-enfants d’une personne, Ses petits-fils et arrière- petits-fils. Ses petites-filles et arrière-petites- filles. On dit aussi Enfants pour exprimer Toutes les générations.

  18. Il se dit également quelquefois de Tous ceux qui sont sortis d’une même souche, qui ont la même origine. Nous sommes tous enfants d’Adam. Les Juifs sont appelés les enfants d’Israël. Fig., Nous sommes les enfants de Dieu par la grâce. Tous les fidèles sont enfants de Dieu, enfants de l’église. La patrie vit alors tous ses enfants s’armer pour elle.

  19. Les enfants de France, Les princes enfants légitimes des rois de France, et ceux qui descendent des aînés. Gouverneur des enfants de France. Gouvernante des enfants de France.

  20. Fig., Enfant de Paris, Natif de Paris, qui a l’esprit parisien.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • enfants — pluriel — /ɑ̃fɑ̃/
  • enfant — singulier — /ɑ̃fɑ̃/

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Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.