enfance

enfance

nom, féminin, /ɑ̃fɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Période de la vie humaine qui s'étend depuis la naissance jusque vers la septième année, et, dans le langage général, un peu au delà, jusqu'à treize ou quatorze ans. Terme de médecine. Bouton de l'enfance, sorte de stomatite observée particulièrement en Égypte, et qui consiste en une tumeur de la grosseur d'un grain d'orge occupant le point central de la ligne médiane de la voûte palatine chez les petits enfants ; elle gêne la succion, la déglutition ; on la guérit en frottant le bouton avec le doigt et une poudre un peu granuleuse.

    J'étais encore dans la plus tendre enfance — Fénelon (1651-1715)

    Laissez mûrir l'enfance dans les enfants — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Collectivement. Les enfants. Ils n'épargnèrent ni la vieillesse, ni l'enfance. L'enfance folâtre.

    Heureuse, heureuse l'enfance Que le Seigneur instruit et prend sous sa défense ! — Jean Racine (1639-1699)

    L'enfance a des manières de voir, de penser, de sentir qui lui sont propres ; rien n'est moins sensé que d'y vouloir substituer les nôtres — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Fig. État de puérilité prolongé dans le reste de la vie. Retomber, tomber en enfance, et aussi être en enfance, tomber, être dans l'imbécillité de la vieillesse.

    Dans une longue enfance ils l'auraient fait vieillir — Jean Racine (1639-1699)

    L'imbécile Ibrahim... Traîne dans le sérail une éternelle enfance — Jean Racine (1639-1699)

  4. Acte, sentiment d'enfant ; enfantillage. C'est une vraie enfance. En bonne part.

    Faire des enfances — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Que sa timidité ne vous donne aucun chagrin.... ce sont des enfances — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Fig. Les commencements d'une chose. L'enfance d'un art, d'une science.

    Gouvernait doucement le monde en son enfance — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Dans les temps bienheureux du monde en son enfance, Chacun mettait sa gloire en sa seule innocence — Boileau (1636-1711)

Étymologie : Provenç. enfansa, efansa ; espagn. infancia ; ital. infanzia ; du latin infantia, de infans, enfant.

Historique : XIIe s. Li clers fut sages dès qu'il issit [sortit] d'enfance Qu'il s'en prennent à mon maistre d'Oisi, Qui m'a appris à chanter dès enfance XIIIe s. Li tens qui toute a la baillie Des gens vieillir, l'avoit vieillie [la Vieillesse] Si durement, qu'au mien cuidier El ne se pooit mès aidier, Ains retornoit ja en enfance XIVe s. Vous me cognoessez dès m'effance ; Et sachiez bien que vueil tenir Mes promesses jusqu'à mourir XVe s. Et [les Gantois] trouverent le repos où le comte avoit esté mis d'enfance XVIe s. Dez sa tendre enfance Que l'enfance regarde devant elle, la vieillesse derriere

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. La première partie de la vie de l’homme, précédant l’adolescence. Dès mon enfance. Dans mon enfance. Dans la plus tendre enfance. Sortir de l’enfance. Les souvenirs de l’enfance. Un ami d’enfance. Les grâces de l’enfance. Les jeux de l’enfance. L’enfance abandonnée. Corrupteurs de l’enfance.

  2. être en enfance, tomber en enfance, se dit d’une Personne âgée qui n’a plus l’usage de la raison.

  3. ENFANCE se dit, au figuré, pour Commencement. à cette époque la peinture était encore dans l’enfance. L’enfance du monde. L’enfance de Rome.

  4. C’est l’enfance de l’art se dit à propos de Tout ce qui est élémentaire, facile.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • enfances — pluriel — /ɑ̃fɑ̃sə/
  • enfance — singulier — /ɑ̃fɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée enfance#25033.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.