enchantement
nom, masculin, /ɑ̃ʃɑ̃təmɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Action d'enchanter. Les enchantements de Médée. Effet produit par cette action. Rompre un enchantement. Par exagération. Cet édifice s'est trouvé bâti comme par enchantement.
Mademoiselle, il n'y eut jamais de si beaux enchantements que les vôtres ; et tous les magiciens qui se sont servis d'images de cire n'en ont point fait de si étranges effets que vous — Voiture (1597-1648)
Dans le sein de la mort ses noirs enchantements Vont troubler le repos des ombres — Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)
Chose merveilleuse, qui surprend. C'était une succession d'enchantements.
Il faut avouer que c'est une personne toute pleine d'enchantements — Voiture (1597-1648)
Il fallait appeler tous les enchantements de l'imagination et tous les intérêts du cœur au secours de cette même religion contre laquelle on les avait armés — Chateaubriand (1768-1848)
Ce qui captive le cœur et les sens. Les enchantements de la poésie.
Les pavots que le Sommeil répand sur la terre, apaisent tous les noirs soucis par leurs charmes, et tiennent la nature dans un doux enchantement ; chacun s'endort sans prévoir les peines du lendemain — Fénelon (1651-1715)
La première illusion qui nous y [dans le monde] promet des enchantements et une félicité imaginaire — Massillon (1663-1742)
Satisfaction, joie vive. Cette nouvelle l'a mis dans l'enchantement.
Étymologie : Provenç. encantamen ; catal. encantament ; espagn. encantamiento ; du latin incantamentum, d'incantare, enchanter.
Historique : XIIe s. Le contrester à Deu est cume li peechiez d'enchantement, ki est par diable E creid [et il crut] en sorceries e en enchantemenz XIIIe s. Dont [ils] sorent bien que fol estoient Quant il criement [craignent] encantement Morganz la fee correça [courrouça] la boenne reïne Guenievre par ses anchantemenz d'un suen ami qu'ele tint longuement en sa prison XVe s. Il [Charles de Sicile Duras] nous a fait la guerre et nous prit au chastel de l'Œuf par enchantement [Discours de Jeanne de Naples au pape Clément] XVIe s. Pourtant elle ne porta rien avec elle en quoy elle eust tant d'esperance, comme…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Action d’enchanter ou Résultat de cette action, au propre et au figuré. Faire un enchantement, des enchantements. Formule d’enchantement. Les enchantements de Médée. Les vieux romans, comme les Amadis, sont pleins d’enchantements. Défaire, briser, rompre un enchantement, l’enchantement. Cette fête était fort belle, tout y surprenait, c’était un enchantement, une succession d’enchantements. Les enchantements de l’amour, de la poésie. Il est dans l’enchantement. Cette nouvelle l’a mis dans l’enchantement.
Par exagération, Comme par enchantement, se dit pour exprimer qu’une chose s’est faite avec une promptitude et une facilité à quoi on ne s’attendait pas. Ce théâtre fut réédifié, comme par enchantement, en trois semaines. Le mal cessa comme par enchantement.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- enchantements — pluriel — /ɑ̃ʃɑ̃təmɑ̃/
- enchantement — singulier — /ɑ̃ʃɑ̃təmɑ̃/
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