encensoir
nom, masculin, /ɑ̃sɑ̃swaʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Vase sacré, ou sorte de cassolette suspendue à de longues chaînettes, dans laquelle on brûle de l'encens. Fig. Prendre l'encensoir, louer excessivement. Fig. et familièrement. Casser le nez à coups d'encensoir, donner de l'encensoir par le nez, donner en face des louanges outrées.
Qui porte l'encensoir ne peut porter l'épée — LEMIERRE
Élevez-vous [prières] dans le silence à l'heure où dans l'ombre du soir La lampe des nuits se balance, Quand le prêtre éteint l'encensoir — Lamartine (1790-1869)
Fig. Le sacerdoce, le pontificat. Il tient le sceptre et l'encensoir. Mettre la main à l'encensoir, entreprendre sur le ministère des ecclésiastiques.
Quand j'osai contre lui disputer l'encensoir — Jean Racine (1639-1699)
On ne m'a jamais vu.... D'une indiscrète main profaner l'encensoir — Voltaire (1694-1778)
Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral qu'on nomme aussi l'Autel.
Synonyme d'encensier, plante.
Étymologie : Encenser. La langue ancienne disait de préférence encensier : XIIe s. Des phieles, des encensiers e des altres ustilz
Historique : XIIIe s. Il ne laissa en les yglises d'Engleterre ne calices, ne encensuers XVIe s. Les femmes et quelques ministres faisoient jouer des feux d'artifices, et entr'autres une piece qu'ils appeloient l'encensoir, c'estoit un mas qui tournoit sur un pivot, et avoit une chaudiere au long bout, duquel long bout on versoit le feu dans le milieu du fossé
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Espèce de cassolette suspendue à de petites chaînes, dans laquelle on brûle de l’encens et dont on se sert pour encenser. Un encensoir de cuivre. Un encensoir d’argent. Tenir, balancer l’encensoir.
Fig. et fam., Donner de l’encensoir par le nez à quelqu’un, Donner en face des louanges outrées qui font voir qu’on se moque de celui qu’on loue; ou Donner des louanges grossières qui blessent plus qu’elles ne flattent. On dit aussi Casser le nez de quelqu’un à coups d’encensoir ou Lui casser l’encensoir sur le nez.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- encensoirs — pluriel — /ɑ̃sɑ̃swaʁ/
- encensoir — singulier — /ɑ̃sɑ̃swaʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée encensoir#24819.