emporté

emporté

adjectif, /ɑ̃pɔʁte/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Ôté, enlevé d'un lieu. Les blessés emportés par leurs camarades. Des tableaux de haut prix emportés par le vainqueur.

  2. Retranché.

    Il a eu le poignet emporté d'un coup de canon — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Elle [une fleur] est nuancée, bordée, huilée, à pièces emportées [à découpures] — La Bruyère (1645-1696)

  3. Pris de vive force. Le bastion emporté par les assaillants.

    Nos dehors emportés, nos remparts assaillis — Jean Mairet (1604-1686)

  4. Retranché du nombre des vivants. Ce vieillard emporté par une pleurésie.

    Marie-Thérèse, aussitôt emportée que frappée par la maladie, se trouve toute vive et tout entière entre les bras de la mort, sans presque l'avoir envisagée — Bossuet (1627-1704)

  5. Fig. Entraîné.

    Et son cœur emporté par l'erreur qui l'abuse Cherche partout la mort que chacun lui refuse — Pierre Corneille (1606-1684)

    Par quel trouble me vois-je emporté loin de moi ? — Jean Racine (1639-1699)

  6. Vif, qui se laisse aller.

    Cette ardeur d'un héros, ce courage emporté — Voltaire (1694-1778)

    Amours emportés — Voltaire (1694-1778)

  7. Qui se laisse aller à des emportements de colère. Homme emporté. Caractère emporté. Cheval emporté, cheval qu'on ne peut plus maintenir, qui a pris le mors aux dents. Il se dit aussi des choses. Substantivement. Celui, celle qui se laisse aller à la colère. C'est un emporté. C'est une folle, une emportée. Celui qui se laisse aller à ses passions. Celui qui va trop loin, qui exagère les conséquences.

    Il n'y avait point d'erreur si prodigieuse où l'ardeur de la dispute n'entraînât l'esprit emporté de Luther — Bossuet (1627-1704)

    Mais un père à ce point doit-il être emporté ? — Jean Racine (1639-1699)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est enclin à s’emporter. C’est un homme emporté avec qui on ne saurait vivre en paix. C’est une femme emportée au dernier point. Un caractère violent et emporté.

  2. Il se prend quelquefois comme nom. C’est un emporté. C’est une folle, une emportée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • emportées — pluriel féminin — /ɑ̃pɔʁte/
  • emportés — pluriel masculin — /ɑ̃pɔʁte/
  • emportée — singulier féminin — /ɑ̃pɔʁte/
  • emporté — singulier masculin — /ɑ̃pɔʁte/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée emporté#24722.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.