embouchure

embouchure

nom, féminin, /ɑ̃buʃyʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. La partie d'un cor, d'une trompette, qui s'applique à la bouche quand on en veut jouer. La manière dont on embouche certains instruments à vent. L'embouchure de la flûte traversière est difficile. Avoir une bonne embouchure, produire le son avec facilité et pureté.

  2. Terme de manége. Synonyme de canon, partie du mors qui entre dans la bouche du cheval Avoir diverses embouchures pour toutes sortes de chevaux. Il se dit de la manière dont se comporte la bouche du cheval.

    Car il [Pégase] est gai de sa nature, Fringant, délicat d'embouchure — La Fontaine (1621-1695)

  3. Ouverture d'entrée. L'embouchure de ce bocal est fort large. L'embouchure d'un fourneau. Terme d'artillerie. Ouverture de canon. On dit plus souvent bouche. Terme de fortification. Ouverture pour donner passage à une bouche à feu.

    En un vase à long col et d'étroite embouchure — La Fontaine (1621-1695)

  4. Ouverture dans les terres par où un fleuve entre dans la mer, un cours d'eau dans un autre. L'embouchure de la Seine. Terme de marine. Entrée d'un port.

    L'embouchure du Danube se fait par cinq larges canaux dans le Pont-Euxin — Perrot d'Ablancourt (1606-1664)

    M. Guglielmini trouve par cette méthode que le Danube, supposé horizontal à son embouchure, comme le sont presque tous les grands fleuves, du moins sensiblement, jette dans le Pont-Euxin, en une minute, près de 42 millions de pieds cubiques bolonais d'eau — Fontenelle (1657-1757)

  5. Le côté le plus large du pertuis d'une filière par où l'on commence à faire passer le lingot ou le fil de métal qu'on veut tirer.

Étymologie : Emboucher.

Historique : XVe s. [Montaigne] Est le chastel le plus bel et le plus fort, seant sur la riviere de Gironde et près l'embouchure de la mer Quiconque amenera es dites places et marchez bleds, farines ou autres graines, où il y ait emboucheure, c'est à sçavoir qui ne soient aussi suffisans et aussi bons dessous comme en la monstre, il perdra les denrées XVIe s. L'eau s'escouloit en la mer par une embouchure profonde et capable des plus grandes navires Les Dardanes, autrement les chasteaux assis à l'embouchure du destroit Il retira son bagage, qui avoit passé le pont, et prend place de combat à l'embouchure d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Partie d’un instrument de musique que l’on met dans la bouche pour produire des sons. Embouchure de trompette, de clairon, de flûte, de hautbois.

  2. Il se dit, par extension, de la Manière dont on embouche certains instruments. Ce joueur de flûte a l’embouchure excellente.

  3. Il signifie aussi Partie du mors qui entre dans la bouche du cheval et, par extension, Manière dont le cheval est sensible au mors. Cheval délicat d’embouchure.

  4. Il se dit aussi de l’Ouverture par laquelle un fleuve, une rivière se jette dans la mer ou par laquelle une rivière se jette dans un fleuve ou dans une autre rivière. L’embouchure de la Seine. L’embouchure de la Saône. Les embouchures de la Gironde et de la Tamise sont de véritables estuaires.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • embouchures — pluriel — /ɑ̃buʃyʁə/
  • embouchure — singulier — /ɑ̃buʃyʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée embouchure#24471.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.