émail
nom, masculin, /emaj/
Définitions
Matière vitreuse colorée que l'on applique et fait fondre sur une surface, notamment métallique, à des fins décoratives.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Objet ou œuvre décoré de cette matière.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Substance blanche et dure qui recouvre la couronne des dents.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (10 sens)
Littré (1873)
s. m.
Fondant (le fondant est un composé de sable siliceux, d'oxyde de plomb, de soude et de potasse), que l'on broie et auquel on ajoute des oxydes métalliques, réduits en poudre et destinés, dans la fusion produite par le feu, à colorer le fondant, tout en lui laissant sa translucidité. Les émaux sont fusibles. Les couleurs de l'émail sont inaltérables. Émail cloisonné, émail fabriqué à l'aide d'une plaque de fond sur laquelle sont soudées de petites lames posées verticalement (ou de champ) et contournées de manière à former les figures que l'on veut obtenir. La réunion de ces lames produit des cases dans chacune desquelles on dépose l'émail en poudre (chaque couleur dans sa case). À la cuisson, l'émail fond et les lames ou cloisons le retiennent dans ces contours, et empêchent le mélange des couleurs. Lorsque les cases sont formées, non par des lames soudées de champ sur le fond, mais par des cavités creusées au ciseau dans l'épaisseur de cette plaque même, on dit que l'émail est champlevé. L'émail de la porcelaine, de la faïence, la matière vitreuse dont on l'enduit.
Émaux d'orfévre, nom donné à tout émail contenu dans une partie évidée et creusée dans le métal par le travail de l'outil tranchant, — DE LABORDE
Émaux en taille d'épargne, nom donné, dans le moyen âge, à un procédé d'émaillerie qui consiste à décalquer un dessin sur la surface unie du métal, et, au moyen du burin, du ciselet et des échoppes, évider tout ce qui n'est pas le contour du dessin ; de cette façon on obtient une véritable gravure en relief ; les espaces évidés entre ces contours forment autant de petites cuves qu'on remplit de poudre ou de pâte d'émail de diverses nuances, selon que l'artiste a combiné son dessin et suivant que la chimie lui vient en aide, — DE LABORDE
Nom donné aux décorations de peintures appliquées sur métal.
Par métonymie, nom donné à la plaque de métal émaillée. Il est connaisseur en émaux. Les premiers émaux ne remontent pas au delà des premiers siècles de notre ère.
Il s'est dit pour cadran de montre.
Peut-être avant que l'heure en cercle promenée Ait posé sur l'émail brillant, Dans les soixante pas où sa course est bornée, Son pied sonore et vigilant — André Chénier (1762-1794)
Fig. Diversité, variété des fleurs, par assimilation à la variété des couleurs des émaux.
Ces fleurs n'ont plus d'émail en leur couleur diverse — Mathurin Régnier (1573-1613)
Les soins ne volent point sur l'émail des prairies Comme autour des palais d'une orageuse cour — Chaulieu (1639-1720)
Terme de blason. Se dit des couleurs et des métaux dont un écu est chargé. Le blason a sept émaux, dont deux métaux, or, argent, et cinq couleurs, gueules, azur, sable, sinople et pourpre.
Substance qui revêt la couronne des dents. Certaines maladies attaquent l'émail des dents.
Matière analogue à l'émail, qui recouvre le dedans des coquilles.
Terme de minéralogie. Émail des volcans, lave vitreuse.
Étymologie : Provenç. esmaut ; catal. esmalt ; espagn. et portug. esmalte ; ital. smalto ; bas-lat. smaltum ; allem. Schmelz ; du germanique : anc. Haut allem. smelzan, smaltjan, fondre ; allem. schmelzen ; étymologie que Diez préfère au latin maltha, sorte de mortier, laquelle est au contraire adoptée par M. de Laborde. Il est certain que la dérivation allemande rend plus facilement compte de es ou s qui commencent le mot dans toutes les langues romanes. Quant à l'apocope du t dans la forme française, on en a un exemple dans l'ancien français gal, pour galt, bois, de l'allemand Wald.
Historique : XIIe s. Et cil vert haume à or et à esmal XIIIe s. Nus ne puet ne ne doit metre en oevre cloz [clous] d'evoire ne d'esmail, de quelque maniere que ce soit D'un blanc esmail fu fais l'image Assise en l'or par artimage [sorcellerie] XIVe s. [Un anneau d'or] à lettres d'esmail qui luisoient, Et qui gardez-moi bien disoient XVe s. Entrementes que le herault parloit, l'escuyer avoit l'œil trop fort sus un grand esmail que le herault portoit à sa poitrine Et alla ledit grant escuyer querir ung esmail d'ung petit herault qui estoit à monseigneur l'admiral.... XVIe s. Les esmails en se liquefiant coul…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Matière fondante, composée de différents minéraux, laquelle, vitrifiée et plus ou moins opaque, peut recevoir différentes couleurs et être appliquée à l’aide du feu sur certains ouvrages d’or, d’argent, de cuivre, etc., pour les orner. émail noir, bleu, vert, rouge, blanc, etc. Peintre en émail. Portrait en émail. Les émaux doivent être très fusibles. Les couleurs de l’émail sont inaltérables.
émail usé, Celui qu’on a usé pour le rendre égal et poli. Il est opposé à émail en relief.
émail peint, Peinture sur un émail avec des couleurs vitrifiées.
Il désigne aussi l’Ouvrage fait de cette matière, et, en ce sens, on l’emploie surtout au pluriel. Les émaux de Bernard Palissy. Des émaux de Limoges.
émail cloisonné. Voyez
CLOISONNÉ.
L’émail de la porcelaine, L’enduit vitreux dont on la recouvre et qui est souvent orné de diverses couleurs. On dit, dans un sens analogue, L’émail de la faïence.
Par analogie, L’émail des dents, La superficie ordinairement blanche et luisante qui couvre la partie osseuse des dents.
Il désigne, figurément et poétiquement, la Variété, la diversité des fleurs. L’émail d’un parterre. L’émail d’une prairie.
ÉMAUX, au pluriel, se dit, en termes de Blason, des Couleurs et des métaux dans les armoiries. Les pièces de ces deux écus sont les mêmes, mais les émaux en sont différents.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- émaux — pluriel — /emo/
- émail — singulier — /emaj/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée émail#66368.