éloquence

éloquence

nom, féminin, /elɔkɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Facilité à s'exprimer.

  2. Par antonomase. L'art, le talent d'émouvoir et de persuader par le bien dire. Le dieu de l'éloquence, Mercure. L'éloquence du cœur, langage éloquent, qui émeut, qui persuade, et qui est suggéré non par l'esprit, mais par le cœur. Par extension. La physionomie, le geste ont leur éloquence. On dit qu'une chose a de l'éloquence, quand l'aspect seul parle pour ainsi dire. Les faits ont leur éloquence.

    Vive source autrefois d'amour et d'éloquence — Jean Mairet (1604-1686)

    Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont pas de fin — La Fontaine (1621-1695)

  3. Il se dit d'un genre d'élocution. L'éloquence de la chaire, du barreau, de la tribune.

  4. Eloquence est quelquefois pris dans le sens de rhétorique. Quand on parle des règles de l'éloquence, c'est d'une science qu'il s'agit, non d'un talent ou d'une disposition innée.

  5. Dans quelques circonstances l'éloquence s'oppose à la poésie, et signifie l'ensemble des ouvrages en prose écrits dans une langue. Un cours d'éloquence latine.

Étymologie : Provenc. eloquencia, eloquensa ; espagn. eloquencia ; ital. eloquenzia ; du latin eloquentia, d'eloquens (voy. ÉLOQUENT).

Historique : XIIe s. Si esteit de grant eloquence, Et parleit par grant sapience XIIIe s. Ki [celui à qui] Deus ad doné en science De parler la bone eloquence, Ne s'en deit taisir ni celer XVe s. Il me semble que autres fois vous ay veu ailleurs que cy. Sire, dist Estonne, que pensez-vous que je soye ? Certes, sire, à vostre eloquence [parler], il m'est advis que vous estes Estonne, le conte des deserts d'Escosse XVIe s. Je ne douteray de donner ici à chacun d'eux son eloquence [éloge]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Don de la parole, talent de bien dire, d’émouvoir, de persuader, art d’entraîner. éloquence naturelle. éloquence entraînante. éloquence persuasive. Le pouvoir de l’éloquence. La vraie éloquence. La fausse éloquence. L’éloquence de la chaire. L’éloquence du barreau. L’éloquence de la tribune. Un discours plein d’éloquence.

  2. Il désigne encore, par extension, la Qualité de ce qui produit ou peut produire sur l’auditeur ou le spectateur les mêmes effets, les mêmes impressions que l’éloquence. Il y avait dans le ton de sa voix, dans son regard je ne sais quelle éloquence, plus forte que ses paroles mêmes. La physionomie, le geste ont leur éloquence. Les faits ont leur éloquence. Rien ne vaut l’éloquence des chiffres.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • éloquences — pluriel — /elɔkɑ̃sə/
  • éloquence — singulier — /elɔkɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée éloquence#66313.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.