élever
verbe, /eləve/
Définitions
Porter ou placer à un niveau plus haut.
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Construire un édifice, un monument, un mur, le dresser sur le sol.
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Augmenter le niveau, la valeur ou l'intensité de quelque chose.
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Assurer la croissance et l'éducation d'un enfant, ou le développement d'animaux.
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Voir aussi : donne s'élever
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (26 sens) — Académie 1935 (30 sens)
Littré (1873)
v. a.
Faire monter plus haut, porter plus haut. Élever un mur d'un mètre. Ce tableau est trop bas, il faut l'élever. Élever des eaux par le moyen d'une pompe. Le soleil élève les vapeurs, il les attire hors de la terre ou de la mer et les fait monter. Terme de marine. Élever un bâtiment, se rapprocher de lui ; locution qui vient de ce que, sur mer, à mesure qu'on s'approche d'un objet, il s'élève sensiblement sur l'horizon. Fig.
À ces paroles, la mère, élevant vers le ciel ses mains tremblantes — Mme de Genlis (1746-1830)
Pour t'élever de terre, homme, il te faut deux ailes, La pureté du cœur et la simplicité — Pierre Corneille (1606-1684)
Porter quelqu'un à un haut rang. Louis XIV éleva Colbert au ministère. Ses services l'ont élevé au plus haut rang.
Conte-moi tes vertus, conte-moi tes hauts faits, Et tout ce qui t'élève au-dessus du vulgaire.... Ma faveur fait ta gloire et ton pouvoir en vient, Elle seule t'élève et seule te soutient — Pierre Corneille (1606-1684)
Telle fut la reine dans tout le cours de sa vie ; Dieu l'avait élevée sur le trône, afin qu'elle honorât sa religion — Fléchier (1632-1710)
Exalter, vanter, préconiser. Élever quelqu'un jusqu'aux nues, le vanter à l'excès.
On ne l'entend jamais De ce charmant héros élever les hauts faits — Thomas Corneille (1625-1709)
À la fin tous ces jeux que l'athéisme élève — Boileau (1636-1711)
Inspirer des sentiments élevés. Élever ses pensées vers Dieu, faire Dieu l'objet de ses pensées. Élever son cœur vers Dieu, faire Dieu le but de ses sentiments. Absolument, dans le même sens, élevez vos cœurs.
Si, après avoir ouï un endroit [d'un ouvrage] plusieurs fois, nous ne sentons point qu'il nous élève l'âme — Boileau (1636-1711)
Ce qui élève l'esprit devrait toujours aussi élever l'âme — Fontenelle (1657-1757)
Élever son style, prendre un ton plus soutenu.
Augmenter. Élever le prix des denrées, le taux de l'intérêt, la valeur d'une monnaie. Élever la température, rendre plus chaud. Terme de mathématique. Élever un nombre au carré, au cube, à une puissance quelconque, le multiplier par lui-même autant de fois que l'indique l'exposant.
Élever la voix, parler haut. Prendre un ton de menace ou de supériorité. Dans la discussion, il éleva la voix. Élever la voix en faveur de quelqu'un, prendre hautement sa défense. Terme de musique. Élever le ton d'un morceau, transposer un morceau afin qu'il soit exécuté sur un ton plus haut que celui où il avait été composé.
Plus haut que les acteurs élevant ses paroles — Molière (1622-1673)
Ériger, bâtir. Élever une pyramide. Une statue fut élevée à ce grand homme. Fig. Élever autel contre autel, faire un schisme, entrer en rivalité avec quelqu'un. Terme de géométrie. Élever une perpendiculaire sur une ligne, sur un plan, la tracer à partir de cette ligne ou de ce plan, tandis qu'on abaisse une perpendiculaire quand elle part d'un point extérieur pour aboutir à la ligne ou au plan.
Le tombeau qu'à sa cendre ont élevé mes soins — Jean Racine (1639-1699)
....Allez et faites promptement Élever de sa mort le honteux instrument — Jean Racine (1639-1699)
Établir, fonder, par comparaison avec une construction qu'on élève. Élever sa fortune. Élever des systèmes.
J'ai vu sur ma ruine élever l'injustice — Jean Racine (1639-1699)
Sur ces débris du monde élevons l'Arabie — Voltaire (1694-1778)
Mettre en avant, susciter. Élever une chicane. Élever des doutes. Élever une dispute, une contestation. Terme de pratique. Faire naître, susciter. Élever un incident, une prétention, une fin de non-recevoir.
De là vient l'injustice de la fraude qui élève sa prétendue justice contre la force — Pascal (1623-1662)
Garde-toi d'élever un coupable soupçon — RAYNOUARD
Faire entendre. Élever un cri. La foule éleva de grands cris. Il éleva une plainte.
Qui de nous vers le ciel n'élève pas des cris Pour les jours d'un époux, ou d'un père, ou d'un fils ? — Voltaire (1694-1778)
Allaiter, nourrir, entretenir un enfant. C'est le devoir d'une mère tendre d'élever elle-même son enfant. Il se dit aussi des animaux et des plantes. Élever des serins. Élever des pêchers.
On m'élevait alors solitaire et cachée — Jean Racine (1639-1699)
Il sentait avec une vive reconnaissance que la compassion l'avait élevé et nourri dès son enfance — Rollin (1661-1741)
Instruire, développer, donner de l'éducation. Ce jeune homme fut très bien élevé. Élever à, habituer à.... par l'éducation.
Songe avec quel amour j'élevai ta jeunesse. - Il éleva la vôtre avec même tendresse — Pierre Corneille (1606-1684)
Elles élèvent bien leurs petites filles — Mme de Sévigné (1626-1696)
S'élever, v. réfl. Aller de bas en haut. S'élever en l'air. Ce terrain s'élève en amphithéâtre. Des îles s'élèvent du sein des flots. Le temps s'élève, il commence à s'éclaircir. Locution qui vient de ce que d'ordinaire, quand il fait beau, les nuages sont hauts. Fig.
Et les Alpes de loin, s'élevant dans la nue, D'un long amphithéâtre enferment les coteaux — Voltaire (1694-1778)
Voilà comment les opinions s'élèvent peu à peu jusqu'au comble de la probabilité — Pascal (1623-1662)
Se soulever contre.
Il est temps de s'élever contre de tels désordres — Pascal (1623-1662)
Voilà des nouveautés contre lesquelles on ne peut assez s'élever — Bossuet (1627-1704)
Accuser quelqu'un, porter témoignage contre lui. Son péché s'élèvera contre lui. Être porté en témoignage. Des charges considérables s'élevaient contre l'accusé.
Sa conscience s'élève contre lui — Fénelon (1651-1715)
Je m'élèverai contre eux au jour de ma colère — Massillon (1663-1742)
Naître, surgir. Le vent s'élève, il commence à souffler avec force. Impersonnellement. Il s'élève des opinions nouvelles parmi les hommes. Il s'est élevé de grandes plaintes contre lui. Il s'éleva un vent violent. Il s'était élevé un orage pendant ce temps-là.
Un grand destin commence, un grand destin s'achève, L'empire est prêt à choir et la France s'élève — Pierre Corneille (1606-1684)
Un tumulte, dit-on, s'élève dans la place — Pierre Corneille (1606-1684)
Devenir plus aigu, en parlant des sons. Le diapason s'est élevé peu à peu dans le cours de ces derniers temps. Devenir plus fort, en parlant de la voix. Sa voix s'éleva dans la contestation. S'augmenter. La température s'élevait très rapidement. Aller jusqu'à, en parlant de nombres, de quantité. Cette somme s'élève à tant. Le chiffre de la dépense s'éleva beaucoup au delà de ce qu'on avait voulu.
Se couvrir de boutons. À la moindre irritation sa peau s'élève partout. On dit dans le même sens, avec ellipse du pronom personnel : Un rien lui fait élever toute la peau.
Être bâti, dressé. Cette construction s'élève rapidement. Ce village s'est élevé sur l'emplacement d'une villa romaine. Être établi, fondé.
Par ses soins se sont élevées des écoles où la jeune noblesse des deux sexes est instruite dans les sciences utiles, dans les arts agréables — Raynal (1713-1796)
Étymologie : Provenç. et espagn. eslevar ; ital. elevare ; du latin e, et levare (voy. LEVER).
Historique : XIe s. Qui tort eslevera ou faus jugement fera XIIe s. Esleverent li flum [les fleuves], sire, esleverent li flum lur voix Je eslef mes mains à tun saint temple Quant il ellevarent lur oez [yeux] Com plus esgarde la pense alleveie sa vertut [plus la pensée voit sa vertu élevée] Avient ke de ce dont il soi aesment [estiment] estre plus destruiz, soi ellievent plus riche à la construction del celeste païs XIIIe s. Je vi le felon essaucié et eslevé ausi comme les cedres del mont Lyban S'a ele [ainsi la reine Blanche a] assez fier cuer, ce m'est avis, Pour faire honte à un bien haut baron, Et élev…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Mettre plus haut, porter plus haut, rendre plus haut. Ce tableau est trop bas, il faudrait l’élever. élevez davantage cette lampe. Ce mur n’a que trois mètres, il faut l’élever d’un mètre. élever des eaux pour faire des jets d’eau, des cascades. Ce terrain s’élève en amphithéâtre. S’élever en l’air. Nous vîmes s’élever un nuage de poussière. Les vapeurs qui s’élèvent de la terre.
élever la voix, élever le ton, Parler plus haut qu’à l’ordinaire; et, figurément, Parler avec hauteur. Il ne vous convient pas d’élever ici la voix.
Fig., élever la voix pour quelqu’un, en faveur de quelqu’un, contre quelqu’un, Parler hautement, ouvertement en faveur de quelqu’un, ou à son désavantage. Leur voix s’est élevée en faveur de l’innocent. On dit, dans un sens analogue, élever une protestation.
En termes de Musique, élever le ton d’un morceau, Transposer un morceau pour qu’il soit exécuté sur un ton plus haut que celui dans lequel il a été composé. Par analogie, élever le ton d’une discussion, d’un débat.
Fig., élever son coeur, son esprit, son âme à Dieu, Porter ses pensées, ses désirs vers Dieu. Une âme qui s’élève à Dieu. On dit également élever son âme, ses pensées vers Dieu.
Fig., élever l’âme, l’esprit, Les fortifier, les ennoblir. La lecture de cet ouvrage élève l’âme. Dans la contemplation de la nature, l’âme s’élève. On dit dans un sens analogue élever les sentiments, le courage. Son style s’élève quelquefois.
Il signifie au figuré Investir de quelque dignité, placer dans un haut rang, rendre supérieur en pouvoir, en fortune, en gloire. La faveur l’a élevé de bien bas. Dieu élève les uns et abaisse les autres. On dit, dans le même sens, élever quelqu’un aux charges, aux dignités, aux honneurs; l’élever au plus haut rang. S’élever à force d’intrigues. S’élever par son mérite aux plus hautes dignités.
Fig., élever quelqu’un au-dessus des autres, Lui attribuer la supériorité, l’avantage sur les autres. Il l’a élevé au-dessus de tous les autres. On dit, par exagération dans un sens analogue, élever quelqu’un aux nues, Lui donner des louanges excessives.
élever une chose au rang d’une autre, Lui attribuer, ou lui donner une importance égale, le même mérite. Il a, par ses découvertes, élevé cette science au rang des sciences exactes.
Il signifie encore figurément Augmenter de quantité, de prix, de valeur. élever le prix des denrées. Le prix de cette marchandise s’est élevé à cent francs. élever le taux de l’intérêt. élever la valeur d’une monnaie. élever la température d’un lieu, d’un liquide. Le thermomètre s’est élevé à vingt degrés.
En termes de Mathématiques, élever un nombre à la seconde puissance, à la troisième puissance, etc., Le carrer, le cuber.
Il signifie en outre Faire construire. élever un bâtiment, un mur, un pavillon. élever une statue à un grand homme. élever un obélisque.
Fig., élever autel contre autel. Voyez
AUTEL.
En termes de Géométrie, élever une perpendiculaire, D’un point pris sur une ligne, tracer une perpendiculaire à cette ligne.
Il signifie aussi figurément Opposer, proposer ou faire naître, en parlant de Doutes, de scrupules, de difficultés. Vous élevez là une difficulté, une chicane bien étrange. élever des doutes sur la réalité d’un fait.
Il signifie encore Nourrir un enfant, entretenir son existence jusqu’à ce qu’il ait acquis une certaine force. Cette femme a eu plusieurs enfants, mais elle n’a pu en élever aucun. Cet enfant est faible, il sera malaisé à élever. élever par charité.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Animaux, et même des arbres et des plantes. Les paons sont difficiles à élever. J’ai eu de la peine à élever ces plantes, ces fleurs, ces arbres.
Il signifie au figuré Instruire, former par l’éducation. élever la jeunesse, l’élever dans la crainte de Dieu. Il a été élevé dans la religion catholique. Il fut élevé dans un collège de province.
S’élever signifie particulièrement S’enorgueillir. Celui qui s’élève sera abaissé.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (51)
- élèverions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /elɛvəʁjɔ̃/
- élèverais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /elɛvəʁɛ/
- élèveriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /elɛvəʁje/
- élèverais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /elɛvəʁɛ/
- élèveraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /elɛvəʁɛ/
- élèverait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /elɛvəʁɛ/
- élevons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /eləvɔ̃/
- élevez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /eləve/
- élève — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /elɛvə/
- élèverons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /elɛvəʁɔ̃/
- élèverai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /elɛvəʁe/
- élèverez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /elɛvəʁe/
- élèveras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /elɛvəʁa/
- élèveront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /elɛvəʁɔ̃/
- élèvera — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /elɛvəʁa/
- élevions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /eləvjɔ̃/
- élevais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /eləvɛ/
- éleviez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /eləvje/
- élevais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /eləvɛ/
- élevaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /eləvɛ/
- élevait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /eləvɛ/
- élevâmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /eləvamə/
- élevai — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /eləve/
- élevâtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /eləvatə/
- élevas — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /eləva/
- élevèrent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /eləvɛʁə/
- éleva — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /eləva/
- élevons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /eləvɔ̃/
- élève — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /elɛvə/
- élevez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /eləve/
- élèves — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /elɛvə/
- élèvent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /elɛvə/
- élève — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /elɛvə/
- élever — infinitif — /eləve/
- élevées — participe passé pluriel féminin — /eləve/
- élevés — participe passé pluriel masculin — /eləve/
- élevée — participe passé singulier féminin — /eləve/
- élevé — participe passé singulier masculin — /eləve/
- élevant — participe présent — /eləvɑ̃/
- élevassions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /eləvasjɔ̃/
- élevasse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /eləvasə/
- élevassiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /eləvasje/
- élevasses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /eləvasə/
- élevassent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /eləvasə/
- élevât — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /eləva/
- élevions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /eləvjɔ̃/
- élève — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /elɛvə/
- éleviez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /eləvje/
- élèves — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /elɛvə/
- élèvent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /elɛvə/
- élève — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /elɛvə/
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