égout
nom, masculin, /eɡu/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Eau qui tombe et s'écoule goutte à goutte. SE tenir sous l'égout du toit. Égout de plomb, plaque ou canal de plomb qui donne issue aux eaux découlant du toit, et les verse dans la rue ou dans la cour. Terme de couvreur. Rangée de tuiles ou ardoises qui débordent au toit. Pente de toit. Un toit à deux égouts.
Les glands qui avaient été trempés dans l'égout du fumier sortirent de terre plus tôt que les autres — Buffon (1707-1788)
Conduit par où s'écoulent les eaux sales et les immondices d'une ville. Galerie voûtée dont les pieds droits sont reliés par un radier, et qui sert à écouler les eaux sales d'un lieu habité. Rat d'égout, nom moqueur donné par le peuple de Paris aux égoutiers.
Honte à qui peut chanter pendant que les sicaires.... Jettent les dieux proscrits aux rires populaires, Ou traînent aux égouts les bustes des Césars — Lamartine (1790-1869)
Fig. Ce qui, en tant qu'immonde, est comparé à un égout, à un cloaque.
Le goût, l'exemple et la faveur du feu roi avaient fait de Paris l'égout des voluptés de toute l'Europe — Saint-Simon (1675-1755)
D'impurs ruisseaux, gonflés par nos orages, Font déborder cet égout des Tarquins [la cour] — Béranger (1780-1857)
Il se dit quelquefois, dans le langage vulgaire, pour exutoire, fontanelle.
L'ulcère, qui a servi d'égout pendant le traitement, n'est pas toujours fermé au terme même de la maladie ; on le guérit alors avec le précipité rouge et un digestif — Raynal (1713-1796)
Égout nasal, nom donné, chez le cheval, à un petit orifice appartenant au conduit lacrymal et placé dans la commissure qui réunit les deux lèvres de chaque naseau.
Table pour faire égoutter le vif-argent des glaces. Terme de raffinerie. Eau teinte de la couleur du sirop, mais moins chargée de sucre.
Étymologie : Voy. ÉGOUTTER.
Historique : XVIe s. Un bassin de plomb qui estoit jouxte la fenestre dudit grenier, et servoit à recevoir les eaux des egouts de la pluie Nul ne peut avoir entrée, issue, glaçoir, evier, egout ou goutiere sur son voisin, s'il n'a titre Nature renvoye ces excremens vers le mezentere, comme dedans un cloaque ou esgout de tout le corps En curant une fosse où l'esgout du fiens des pourceaux estoit de long temps croupi
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Chute et écoulement des eaux qui viennent de quelque endroit. Il a recueilli l’égout de plusieurs sources et en a fait de belles fontaines. Il a l’égout des eaux de cette terre, et il les a conduites dans son jardin.
Il se dit aussi de la Chute et de l’écoulement des eaux de pluie. Il n’est pas permis de laisser tomber l’égout de ses eaux chez son voisin. On fait des canaux de plomb pour recevoir l’égout des eaux.
Il signifie encore Conduit par où s’écoulent les eaux et les immondices d’une ville. Les égouts de Paris. Le grand égout collecteur.
Le tout-à-l’égout, Sorte de canalisation qui fait passer toutes les vidanges des maisons et édifices dans l’égout.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- égouts — pluriel — /eɡu/
- égout — singulier — /eɡu/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée égout#66125.