égosiller (s')
verbe
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)
Littré (1873)
v. réfl.
Se faire mal au gosier à force de crier. Avec le verbe faire, il peut y avoir ellipse du pronom personnel.
Il se faut bien égosiller avec vous autres — Molière (1622-1673)
Pour l'accourcir [le chemin] ils disputèrent.... Nos pèlerins s'égosillèrent — La Fontaine (1621-1695)
En parlant des oiseaux, chanter beaucoup, longtemps.
Un petit rossignol qui s'égosille pour surmonter un homme qui joue du luth — Mme de Sévigné (1626-1696)
M. Pengali poussait des cris, les coqs s'égosillaient — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : É- pour es- préfixe, et l'ancienne forme gosillier, gosier (voy. GOSIER, à l'historique) : couper le gosier. Aussi le sens propre est-il tuer en coupant la gorge.
Historique : XVe s. Fort et puissant comme ung Herode Pour esgossiller grosses oyes XVIe s. Il les donnoit au premier gentilhomme qu'il trouvoit, à esgosiller [tuer] ou prendre prisonniers Il esgosilla femmes et enfants
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ÉGOSILLER (S').