effronté
adjectif · /ɛfʁɔ̃te/ ou /efʁɔ̃te/
Usage : d'usage courant (1.53 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui manifeste une hardiesse impudente, sans aucune retenue ni gêne devant autrui.
Cet enfant effronté a répondu à son père en riant.
Synonymes : insolent, impudent.
« Un diable, cornard effronté, Vilains, ici guette vos belles »Béranger (1780-1857)
« J'abandonne ce traître à toute ta colère ; Étouffe dans son sang ses désirs effrontés »Jean Racine (1639-1699)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (4)
- effrontées : pluriel féminin · /efʁɔ̃te/ ou /ɛfʁɔ̃te/
- effrontés : pluriel masculin · /efʁɔ̃te/ ou /ɛfʁɔ̃te/
- effrontée : singulier féminin · /efʁɔ̃te/ ou /ɛfʁɔ̃te/
- effronté : singulier masculin · /efʁɔ̃te/ ou /ɛfʁɔ̃te/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
adj.
Qui a du front, de l'impudence, qui ne rougit de rien. Une femme effrontée. Effronté comme un page de cour, ou, simplement, comme un page, très effronté. On dit encore : effronté comme un moineau.
J'approuve bien la modestie ; Je hais les amants effrontésMathurin Régnier (1573-1613)
Au mépris du bon sens, le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveautéBoileau (1636-1711)
Il se dit aussi des choses.
Ce n'est pas que je croie en ces temps effrontés....Mathurin Régnier (1573-1613)
Et d'un zèle effronté couvrant son attentatPierre Corneille (1606-1684)
Substantivement. Un effronté. Une effrontée. Sectaire du XVIe siècle qui niait la personnalité du Saint-Esprit. S. f. Effrontée, sorte d'ancienne coiffure de femme.
Quoi Chrispe rira donc avec cette effrontée Du plaisir qu'elle a pris à m'avoir irritée ?Tristan L'Hermite (1601-1655)
Qu'une jeune effrontée, une insolente esclave Vienne en ce lieu donner des frères à mes filsRotrou (1609-1650)
Étymologie : Ef- pour es- préfixe, et front, c'est-à-dire sans front, impudent ; provenç. esfrontat ; ital. sfrontato. L'ancienne langue avait le verbe esfronter, qui signifiait casser le front, la tête, et fig. décontenancer.
Historique : XIIIe s. Qu'est-ce diable ? es-tu effrontés ! Quex gens nous as-tu ci contés ? XIVe s. En courages acoustumez à guerre et esfrontez par chevalerie XVIe s. Il disoit qu'il estoit bien effronté d'aller encore vestu de pourpre comme un roy
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
adj.
Qui n’a honte de rien. Enfant effronté. Par extension, Un air, un regard effronté. Substantivement, C’est un effronté, une effrontée.
Fig., Effronté comme un page, Hardi jusqu’à l’impudence.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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