écurie

écurie

nom, féminin, /ekyʁi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Habitation réservée aux solipèdes et particulièrement au cheval. Fermer l'écurie quand les chevaux sont dehors, prendre des précautions quand le mal est arrivé. C'est un cheval à l'écurie, se dit d'une chose qui nécessite des frais sans être utile. Les écuries d'Augias, voy. ÉTABLES. Entrer comme dans une écurie, entrer dans un lieu grossièrement et sans observer aucune politesse. Élevé dans une écurie, il sent l'écurie, c'est un valet d'écurie, se dit d'un homme grossier dans ses propos. On dit d'une chambre sale : c'est une écurie, une vraie écurie. Il couche dans une écurie.

    On m'éleva jusqu'à quatorze ans dans un palais auquel tous les châteaux de vos barons allemands n'auraient pas servi d'écurie — Voltaire (1694-1778)

  2. Train, équipage d'un prince. La grande, la petite écurie.

  3. Terme de marine. Bâtiment pour transporter les chevaux.

Étymologie : Provenç. escura, escuria ; bas-lat. scura, scuria. La forme scure, le bas-latin scura, scuria, montrent que le mot vient du germanique : anc. haut allem. skûra, skiura, étable ; holland. schuur et allem. Scheuer, grange ; radical sanscrit, sku, couvrir. Mais on doit penser que escuyer a influé pour donner la forme en rie. L'italien scuderia se rattache à écuyer. Le fait est que la Fontaine semble avoir dit écurie pour charge d'écuyer : Je le suis donc [malheureux, à propos de poursuites qu'il subissait pour avoir pris indûment la qualité d'écuyer] grâces à l'écurie, Et ne suis pas seul de ma c

Historique : XVe s. Escuyer d'escuyrie du duc de Bourgogne Un chevaucheur d'escuyrie dudit duc Guillaume estoit en son scure ou granje, où il batoit du blé Escuirie de beau gouvernement XVIe s. Eschanson, escuyer d'escuirie, chambellan....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Bâtiment destiné à loger des chevaux, des mulets, etc. Mettez ces chevaux à l’écurie. écurie bien garnie. La cour des écuries.

  2. Fig. et fam., Fermer l’écurie quand les chevaux sont dehors, Prendre des précautions quand le mal est arrivé, quand il n’est plus temps de l’éviter.

  3. Fig. et fam., C’est un cheval à l’écurie, se dit d’une Chose qui nécessite des frais d’entretien, sans être d’aucune utilité.

  4. Fig., Nettoyer les écuries, ou les étables d’Augias, Réformer des abus criants, remédier à une corruption invétérée, porter l’ordre et la règle dans des affaires embrouillées, malhonnêtes.

  5. On dit familièrement C’est une écurie pour Une maison mal entretenue, malpropre. Vous croyez-vous dans une écurie? Croyez-vous être dans un endroit où l’on n’est pas tenu de se comporter décemment?

  6. Il signifiait aussi Train, équipage qui comprenait écuyers, pages, carrosses, chevaux, mulets d’un prince, d’un grand seigneur. L’écurie du prince est partie. La grande écurie, la petite écurie du roi. Les pages de la grande, de la petite écurie. Avoir le soin, l’inspection de l’écurie, des écuries. Il dépense beaucoup pour ses écuries.

  7. Il se dit aujourd’hui plus spécialement et plus fréquemment des Chevaux que l’on dresse pour les courses. C’est l’écurie de M. X... qui a gagné le prix. Son écurie lui coûte très cher.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • écuries — pluriel — /ekyʁi/
  • écurie — singulier — /ekyʁi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée écurie#66018.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.