écuelle
nom, féminin, /ekɥɛlə/
Usage : d'usage courant (2.03 occurrences par million — Lexique 3.83).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Vase creux contenant la portion ordinaire d'une seule personne. Écuelle de bois, de terre, d'argent. Prendre l'écuelle aux dents, se mettre à manger. Ils se raccommoderont à l'écuelle comme des gueux, c'est-à-dire en mangeant ensemble. Verser son écuelle, faire mal ses affaires. Manger à la même écuelle, manger ensemble ; et, fig. avoir des affaires, des projets communs. Il a plu dans son écuelle, il lui est venu beaucoup de bien. Rogner l'écuelle à quelqu'un, lui retrancher de sa subsistance, de son revenu. Cela est propre comme une écuelle à chat, se dit de quelque chose de sale. D'autres, vu que le chat est un animal qui lèche les plats comme si on les lavait, attribuent à cette locution un sens opposé et la disent de quelque chose de propre, de net. Mettre tout par écuelles, ne rien épargner pour faire grand'chère à quelqu'un. On dit dans un sens analogue : tout va par écuelles. Anciennement. Archer de l'écuelle, archer chargé d'arrêter les mendiants [les mendiants portaient écuelle]. Au moyen âge, dans les dîners, même les plus grands, la part de chaque convive se servait dans des écuelles.
Il faut, perdant le jour, esprit, sens et vigueur, Mourir comme Enguerrand ou comme Jacques Cœur, Et descendre là-bas où, sans choix de personnes, Les écuelles de bois s'égalent aux couronnes — Mathurin Régnier (1573-1613)
Diogène n'avait pour tout meuble qu'un bâton, une besace et une écuelle ; encore, ayant aperçu un jeune enfant qui buvait dans le creux de sa main : il m'apprend, dit-il, que je conserve encore du superflu, et il cassa son écuelle — Rollin (1661-1741)
Le contenu d'une écuelle.
J'ai vu mille pauvres recevoir mille écuelles de soupe à la porte de Marmoutiers — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Écuelle d'eau, plante ombellifère qui croît dans les marécages (hydrocotyle vulgaris), dite aussi herbe aux Patagons.
Terme de marine. Plaque de fer creuse sur laquelle s'appuie et tourne le pivot du cabestan d'un navire. On dit aussi chaudron ou saucier.
Terme de zoologie. Disque que les deux nageoires ventrales forment en se réunissant, chez certains poissons.
Étymologie : Wallon, hièle ; namur. sicuale, chuèle ; provenç. escudella ; espagn. escudilla ; portug. escudela ; ital. scodella ; du latin scutella, diminutif de scuta, écuelle. Dans l'ancienne versification, cuel, dans escuele, faisait deux syllabes.
Historique : XIIe s. Hom d'Aroaise ne vaut une cinele ; Trop par sont bon por vuidier escuele XIIIe s. À tart manjue qui à autrui escuele s'atent Et doit, por grace deservir, Devant le compaignon servir, Qui doit mengier en s'escuele Et si [la femme de Rutebeuf] n'est pas gente ne bele, Cinquante anz a en s'escuele, S'est maigre et seche XIVe s. Lesquelx jouerent ensemble toute nuit à croix et à pille, et entre deux escuelles, et à autres jeux XVe s. Avant que je fisse ce marché, il ne me demeureroit plat d'argent ni escuelle à vendre ou à engager Il y eut jusques à huyt cent chevaliers seans à table, et s…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Vase creux en métal, en bois ou en terre, qui sert le plus communément à mettre du bouillon, du potage, une portion de nourriture. écuelle couverte. écuelle à oreilles. Fig., Manger à la même écuelle, Avoir des profits communs.
En termes de Botanique, écuelle-d’eau, Plante de la famille des Ombellifères qui croît dans les marécages et dont les feuilles forment godet.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- écuelles — pluriel — /ekɥɛlə/
- écuelle — singulier — /ekɥɛlə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée écuelle#65999.