écu
nom, masculin, /eky/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Bouclier que portaient les chevaliers. L'écu était fait ordinairement en bois couvert de cuir et garni d'un bord en métal, quelquefois seulement en cuir bouilli. Combattre avec la lance et l'écu. Terme d'astronomie. Écu de Jean Sobieski, petite constellation australe.
Figure de l'écu représentant les armoiries. L'écu est le champ qui renferme les pièces des armoiries. Écu écartelé. L'écu de France.
Elle [la poule d'eau] se promène dans les fossés du château ; elle aime à se percher sur les armoiries sculptées dans le mur ; quand elle se tient immobile, on la prendrait pour un oiseau en blason, tombé de l'écu d'un ancien chevalier — Chateaubriand (1768-1848)
Monnaie d'argent, ainsi dite parce que sur une des faces elle portait, comme un écu de blason, trois fleurs de lis. Écu de trois livres. Écu de six livres. Petit écu, ancienne pièce d'argent valant trois francs. Cela vous coûtera un petit écu. En termes de compte. Mille écus, trois mille francs. Écu-sol, la plus ancienne monnaie d'or appelée écu. Écu d'or au soleil, monnaie frappée sous Louis XI et Charles VIII, avec un soleil au-dessus de la couronne. Écu blanc, pièce d'argent valant trois francs. Écu quart, ancienne monnaie de compte, valant 64 sous. Quart d'écu, ancienne monnaie d'argent, qui valait d'abord quinze ou vingt sous, et qui, plus tard, en a souvent valu davantage. N'avoir plus ni écu ni targe, être sans le sou, se disait par un jeu de mot entre écu, bouclier, et écu, monnaie.
Le financier.... Lui dit : je vous veux mettre aujourd'hui sur le trône ; Prenez ces cent écus ; gardez-les avec soin, Pour vous en servir au besoin — La Fontaine (1621-1695)
Soixante mille écus d'argent sec et liquide Ont mis notre fortune en un vol bien rapide — Regnard (1655-1709)
De nos jours, pièce de monnaie frappée à l'effigie du prince et valant cinq francs. Un écu de cinq francs.
Absolument et au pluriel, argent, richesse. Il a des écus. Mettre écu sur écu, thésauriser. Il est le père aux écus, il a des écus moisis, se dit familièrement d'un homme avare et riche. Il remue les écus à la pelle, il est très riche. N'avoir pas vaillant un quart d'écu, n'avoir pas un écu vaillant, être pauvre. Être au bout de ses écus, être sans ressources. Voici le reste de notre écu, de nos écus, se dit, en plaisantant, d'une personne qui arrive dans une compagnie, et le plus souvent avec l'idée que cette venue est gênante, déplaisante.
Voici le reste de notre écu, dit l'hôtesse ; si nous n'avions pas d'autre pratique que celle-là, notre louage serait mal payé — Scarron (1610-1660)
Mme Jourdain apercevant Dorimène et Dorante : Ah ! ah ! voici justement le reste de notre écu, je ne vois que chagrins de tous côtés — Molière (1622-1673)
Terme d'entomologie. Pièce du dos des insectes.
Écu de mer, congé que la douane délivre dans certains ports du nord de l'Europe au capitaine d'un bâtiment de commerce qui a déchargé sa cargaison.
Terme de commerce. Papier de petite dimension. Écu double.
Étymologie : Provenç. escut ; espagn. et portug. escudo ; ital. scudo ; du latin scutum, du grec σϰῦτος, peau et bouclier ; radical sanscrit sku, couvrir.
Historique : XIe s. Tans cops [il] a pris sur son escut bucler XIIe s. À son col [il] pent un escu bauvesin [de Beauvais] Plus biaux princes de lui [que lui] ne put porter escu Mult fu espiritaus [spirituelle] de sa part la mellée, Quant fist de sa corune escu contre l'espée ; Ainc [jamais] ne lur volt [voulut] guenchir pur colp ne pur colée Sire, tes veies sunt nettes, e tes paroles sunt cume esmerées par fu [feu], et tu es escuz à tus ces ki espeirent en tei XIIIe s. Contre vent [elle] fait escu d'arbrissiaus, mout y luite [lutte] Qui l'escu portoit d'or, à un lion d'azur Et i ot mainte lance brisie sur …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Espèce de bouclier que portaient autrefois les chevaliers. Il avait son écu percé de traits. Combattre avec la lance et l’écu.
Il se disait aussi de la Figure de ce bouclier, sur laquelle se peignaient les armoiries. Son écu est parti, coupé, tranché, écartelé. Par extension, L’écu de France.
Il se disait en outre de Certaines monnaies d’or ou d’argent frappées aux armes du souverain qui les émettait. écu de trois livres ou Petit écu. écu de six livres.
En termes de Comptes, écu désignait autrefois une Valeur de trois francs. Mille écus. Cent mille écus. Il a mille écus de rente. Il s’emploie encore figurément pour signifier Richesse. Avoir des écus.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- écus — pluriel — /eky/
- écu — singulier — /eky/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée écu#65995.