écouler (s') · écouler (s’)

écouler (s')

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens)

Littré (1873)

v. réfl.

  1. Couler hors, en parlant d'un liquide ou d'un fluide. L'eau s'écoule. Le gaz s'écoule dans les conduits. Par extension. Fig. S'évanouir, se perdre.

    Laissez à ce torrent le temps de s'écouler — Jean Racine (1639-1699)

    De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite ; leurs années se poussent successivement comme des flots ; ils ne cessent de s'écouler — Bossuet (1627-1704)

  2. Se passer, en parlant du temps.

    Le temps qui s'écoule depuis Moïse jusqu'à Jésus-Christ — Bossuet (1627-1704)

    À quoi vos jours, vos années se sont-elles écoulées ? — Massillon (1663-1742)

  3. Cheminer à la suite les uns des autres, et s'en aller, en parlant d'une foule. Familièrement. S'en aller sans rien dire, s'esquiver.

    De moment en moment votre garde s'écoule — Pierre Corneille (1606-1684)

    Les Barbares, les voyant venir, s'écoulèrent des deux côtés des montagnes — Perrot d'Ablancourt (1606-1664)

  4. Terme de navigation fluviale. Faire écouler le flot, faire descendre jusqu'au port les bois jetés à bûche perdue sur une rivière ou sur un ruisseau.

  5. Terme de commerce. Se vendre successivement. Cette marchandise s'écoule par une foule de débouchés. V. a. Dans le même sens, débiter, vendre. Écouler des marchandises, des denrées.

  6. Terme de tanneur. Faire égoutter. Écouler le cuir.

Étymologie : É- pour es- préfixe, et couler.

Historique : XIIIe s. Feme est plus escoulant que n'est darset en Loire XVe s. Celui qui à Passelion se combattoit fut tellement escoulé de son sang, qu'il ne se peut plus tenir à cheval XVIe s. Beaucoup de temps s'escoula, qui donna moyen à ses adversaires de s'avantager sur lui Qu'il se souvienne qu'il est perilleux de heurter contre la fureur françoise, laquelle pourtant s'escoulera soudain Afin que les fideles ne se laissassent escouler aux resveries des payens Comme le corps s'escoule par faute de manger Elle perdit la raison, et, ne pouvant passer au long d'un banc, s'escoula au long d'une table et s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ÉCOULER (S').

écouler (s’)

verbe

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (6 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

v. pron.

  1. Couler hors de quelque endroit. L’eau s’écoule. L’eau est entièrement écoulée. Le torrent s’est écoulé. Faire écouler l’eau.

  2. Il se dit, par analogie, d’une Foule qui se retire. La foule s’écoule. Il faut laisser écouler la foule.

  3. Il signifie, au figuré, Diminuer, passer, se dissiper, et s’applique surtout aux Richesses. L’argent s’écoule vite.

  4. Il signifie, à propos du Temps, Avancer progressivement ou d’une façon continue. Le temps s’écoule. La vie s’écoule. Les jours s’écoulaient pour lui trop lentement. Les années qui se sont écoulées depuis notre rencontre.

  5. Il se dit encore des Marchandises, des produits agricoles, et signifie Se débiter, se vendre, être exporté. Les produits de cette région s’écoulent par plusieurs débouchés. Faire écouler des marchandises.

  6. Il s’emploie aussi transitivement dans cette acception et signifie Faire s’écouler. Il eut beaucoup de peine à écouler sa marchandise.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée ÉCOULER (S’).

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.