école
nom, féminin, /ekɔlə/
Définitions
Établissement où un enseignement collectif est dispensé, notamment aux enfants.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Ensemble des élèves et des adultes qui fréquentent un tel établissement.
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Courant regroupant des artistes ou des penseurs qui suivent une même doctrine ou un même maître.
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Ce qui forme une personne par la pratique et l'expérience.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) — Académie 1935 (17 sens)
Littré (1873)
s. f.
Établissement où l'on enseigne les éléments des lettres, des sciences, des arts. Ouvrir une école. Maître d'école. École de dessin. École primaire. Écoles chrétiennes, écoles instituées au commencement du XVIIe siècle par Lasalle pour les enfants pauvres. Écoles charitables, institut pour enseigner aux enfants à lire, à écrire et à connaître, aimer et servir Dieu ; il fut fondé en 1686 par un minime d'Amiens, le P. Barri. Tenir école, enseigner. Il en tiendrait école, c'est-à-dire il sait très bien cela. Renvoyer quelqu'un à l'école, lui faire sentir son ignorance. Faire l'école buissonnière, manquer la classe en parlant d'un écolier, et, figurément, manquer à des exercices, à des fonctions (voy. BUISSONNIER). Prendre le chemin de l'école, prendre le chemin le plus long. Dire les nouvelles de l'école, découvrir le secret d'une compagnie, d'une coterie, dire ce qu'il faudrait taire.
.... Les loups de son temps n'allaient point à l'école — Mathurin Régnier (1573-1613)
Le noble poursuivit : Moi je sais le blason ; j'en veux tenir école — La Fontaine (1621-1695)
Établissement d'un ordre plus élevé ou d'un ordre plus spécial. Entrer à l'École polytechnique, à l'École normale. École centrale, nom des écoles publiques créées dans chaque département par la Convention en 1795. École centrale des travaux publics, nom primitif de l'École polytechnique, en 1795. Aujourd'hui, École centrale des arts et manufactures, établissement où l'on forme des ingénieurs civils. École polytechnique, école où l'on donne une instruction générale dans les sciences mathématiques, physiques et chimiques à des jeunes gens pour les préparer à différents services publics, civils et militaires. École normale, établissement où l'on forme les jeunes gens pour le professorat dans les lycées. École de St-Cyr, établissement où l'on forme des officiers pour l'infanterie et la cavalerie. Écoles d'application, nom donné en général aux écoles spéciales dans lesquelles ne sont admis que les sujets qui ont terminé leurs études générales. École d'application du corps d'état-major, école destinée à former des officiers pour le service de l'état-major. École d'application du génie maritime, école destinée à former des ingénieurs pour la construction des vaisseaux et les travaux de la marine. École d'application d'artillerie et du génie, école de Metz qui ne reçoit que des jeunes gens sortant de l'École polytechnique et qui forme des officiers pour l'artillerie et le génie. École des arts et métiers, établissement où l'on enseigne les arts mécaniques. École des beaux-arts, école où l'on enseigne la peinture, la sculpture et l'architecture. En parlant du vaisseau sur lequel est établie l'école de marine, on dit le vaisseau-école. Il est professeur sur le vaisseau-école.
Réformer le corps des sciences ou l'ordre établi dans les écoles pour les enseigner — Descartes (1596-1650)
Il me semblait n'avoir fait autre profit, en tâchant de m'instruire, sinon que j'avais découvert de plus en plus mon ignorance ; et j'étais en l'une des plus célèbres écoles de l'Europe, où je pensais qu'il devait y avoir de savants hommes, s'il y en avait en aucun endroit de la terre — Descartes (1596-1650)
Le local où l'école est établie.
Par extension, tous les élèves d'une école. Toute l'école est à la promenade. Les écoles, les élèves des écoles de droit, de médecine, polytechnique, normale, etc.
Terme militaire. École de peloton, école de bataillon, les exercices de peloton, de bataillon.
Fig. Se dit de ce qui forme ou éclaire par l'expérience. L'école du monde, l'expérience et les manières que donne le monde, la société. Familièrement. Être à l'école de, vivre au milieu de gens sur lesquels on se règle. Être à bonne école, être sous la direction d'une personne habile. On dit par opposition, être à mauvaise école. Il s'est dit pour maître ou maîtresse.
Trois sceptres conquis Font voir à quelle école il en a tant appris — Pierre Corneille (1606-1684)
Et ses illustres soins ouvraient à ses sujets L'école de la guerre au milieu de la paix — Pierre Corneille (1606-1684)
Manière, ton d'écolier ; manières gauches, pédantes. Il sent l'école.
Ce visage et ce port n'ont point l'air de l'école — Pierre Corneille (1606-1684)
Momus a pris pour adjoints Des rimeurs d'école — Béranger (1780-1857)
Enseignement de la théologie et de la philosophie suivant la méthode et les principes des écoles du moyen âge. Saint Thomas d'Aquin est appelé l'ange de l'école. Il se dit aussi dans un sens plus général de l'enseignement oral ou même écrit. Le langage de l'école. Combats d'école, lutte entre docteurs sur des points de doctrine.
J'userai, s'il vous plaît, librement des mots de l'école — Descartes (1596-1650)
Philippe Auguste aima les lettres, accueillit et protégea les savants ; les écoles de Paris devinrent célèbres ; on y accourut des provinces et des pays étrangers — ST-FOIX
Secte ou doctrine de quelque philosophe ou docteur célèbre. L'école de Platon, d'Aristote. L'école d'Hippocrate.
Il sortit de l'école de Pythagore d'illustres disciples qui firent un honneur infini à leur maître — Rollin (1661-1741)
Caractère commun à des œuvres d'art, de littérature ou de science. L'école classique. L'école romantique. L'école de Port-Royal. L'école de Voltaire. École flamande, école d'Italie, école française, etc. suite de peintres célèbres qui ont travaillé dans le goût de ces pays, et dont la plupart étaient Flamands, Italiens, Français, etc. Faire école, se dit d'un homme de lettres, d'un artiste dont le genre ou la manière ont des imitateurs. En termes de musique. Il y a de l'école dans ce chœur. C'est un morceau d'école.
École historique, manière d'écrire l'histoire où l'on cherche surtout à déduire les causes et l'enchaînement des événements, la suite des institutions et l'état des mœurs, par opposition à école descriptive, laquelle s'occupe surtout de raconter. École historique, opinion qui veut faire prévaloir dans la politique les données de l'histoire. École historique, se dit souvent par opposition à école rationaliste ou école philosophique.
En Angleterre, l'école historique éprouvait le besoin de donner à toutes choses, non pas la régularité formaliste du dix-septième siècle, mais une sorte de justesse philosophique — Villemain (1790-1870)
Terme de manége. Ce cheval a de l'école, il a été dressé au manége. Basse école, les exercices par lesquels les élèves apprennent à monter à cheval. Haute école, les exercices de la voltige. Cheval hors d'école, cheval qui a oublié son exercice. Pas d'école, allure employée pour modérer l'ardeur d'un jeune cheval.
Terme de trictrac. Faire une école, oublier de marquer les points que l'on gagne, ou en marquer mal à propos. Mettre à l'école, marquer l'école, marquer pour soi les points que l'adversaire a oublié de marquer ou a marqués de trop. On ne compte pas, on ne marque pas l'école de l'école, c'est-à-dire que, si l'adversaire a oublié de marquer une école, on ne peut pas compter cette école. Fig. Il a fait une école, il a fait une faute de conduite. Par exclamation. Quelle école ! c'est-à-dire, quelle sottise ! On est savant quand on revient de l'école, c'est-à-dire celui qui vient de recevoir une information, un renseignement, ne commet plus la faute qu'il commettait auparavant.
Il jouait tout de travers, écoles sur écoles, Dieu sait — Antoine Hamilton (1646-1720)
Une école maudite Me coûte en un moment douze trous tout de suite — Regnard (1655-1709)
Étymologie : Wallon, sicoll, sukall ; provenç. escola ; espagn. escuela ; ital. scuola ; du latin schola, du grec σχολὴ, temps de loisir, de repos, et, par suite, temps donné aux travaux d'esprit. C'est par ellipse qu'on a dit école au trictrac pour exprimer la faute : l'expression pleine était envoyer à l'école, parce que, les coups étant très variés à ce jeu, il faut avoir une très grande habitude pour ne rien oublier. On a dit ensuite école pour l'oubli qui faisait renvoyer à l'école, puis faire une école, compter une école, l'école de l'école, etc. de là le mot a passé dans le langage général.
Historique : XIe s. Puis ad escole li bons pedre [père] le mist XIIIe s. Bele, nous nous entraimions, Quant à l'escole aprenions [Sainte Elisabeth] Escole fu de bonnes mors [mœurs] ; Examples fu de penitance, Et droiz mireors [miroir] d'ignorance Escoles porriez tenir, Et riches homes devenir Moult sui, fist-ele, à bonne escole, Quant de mon ami oi [j'entends] parole Car Platon disoit en s'escole Que donnée nous fu parole Por enseignier et por aprendre Si n'avoit aillors grans escoles De roictiaus [roitelets] et torteroles, De chardonneraus, d'arondeles Li rois respont : Por vostre amor Ferai aprendre Blan…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
établissement où l’on enseigne une ou plusieurs sciences, un ou plusieurs arts, etc. école de médecine. école de théologie. école de droit. école de chimie, d’électricité. école de commerce. école normale. école des langues orientales. école militaire. école de cavalerie, d’artillerie, d’aérostation, d’aviation. école polytechnique. école de natation. Ouvrir une école. Les élèves, les professeurs d’une école. Camarade d’école.
Il se dit, particulièrement, des établissements où l’on montre à lire, à écrire, où l’on donne les premiers éléments de l’instruction et qui sont désignés aussi sous le nom d’écoles primaires ou communales. Maître, maîtresse d’école. Aller, envoyer aux écoles, à l’école. école du soir. Une école de village.
écoles chrétiennes, écoles instituées au XVIIe siècle par J.-B. de la Salle pour les enfants pauvres. Frères des écoles chrétiennes.
Fig., Faire l’école buissonnière. Voyez
BUISSONNIER.
Fig., Renvoyer quelqu’un à l’école, Lui faire sentir son manque d’instruction.
Il désigne aussi Tous les élèves d’une école, ou les professeurs et les employés d’une école. Cela mit toute l’école en rumeur. Cette école a été transférée de telle ville dans telle autre.
Il se dit souvent au figuré, tant en bonne qu’en mauvaise part, de Ce qui est propre à former, à donner de l’expérience en quelque chose, à instruire. Souvent on devient sage à l’école du malheur, de l’expérience. Il s’était formé à l’école des plus grands généraux. Il y a deux pièces de Molière intitulées, l’une " l’école des femmes ", et l’autre " l’école des maris ". Tenir école de mauvaises moeurs, de mauvais goût.
Par ironie, Il faut aller à votre école pour apprendre cela, Il n’y a que vous qui puissiez enseigner cela.
Fam., être à bonne école, être avec des gens capables de bien instruire sur certaines choses.
Fig. et fam., Faire une école, Faire une faute, une sottise par ignorance, par méprise, par étourderie.
En termes de Manège, Ce cheval a de l’école, Il a été dressé au manège.
Il désigne encore, absolument, l’Enseignement de la théologie et de la philosophie, suivant la méthode et les principes reçus dans la plupart des anciennes universités. Saint Thomas d’Aquin est appelé l’Ange de l’école. Ce sont des termes de l’école.
Il se dit aussi de la Secte ou doctrine de quelque philosophe ou docteur célèbre. L’école d’épicure, de Platon, d’Aristote. L’école de saint Thomas. L’école de Scot. L’école d’Alexandrie. On dit dans un sens analogue pour les études de médecine, ou de droit, L’école de Montpellier, de Nancy. L’école d’Hippocrate, l’école de Galien.
Il se dit également, en termes de Beaux- Arts, d’une Classe d’artistes qui travaillent ou qui ont travaillé selon les principes, à l’imitation d’un même maître, ou suivant les habitudes propres à certaines époques de l’art, à certains lieux. L’école de Michel-Ange, de Raphaël. L’école de Rubens. L’école de David. L’école française. L’école florentine. L’école romaine. L’école vénitienne. L’école lombarde. L’école du plein-air.
Il se dit dans un sens analogue, en termes de Littérature, des Imitateurs d’un écrivain, prosateur ou poète, et des Partisans d’un certain style, d’un certain genre d’écrire. L’école classique, romantique.
Faire école, Avoir des disciples ou des imitateurs, en parlant d’un Artiste, d’un écrivain ou de toute autre personne.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- écoles — pluriel — /ekɔlə/
- école — singulier — /ekɔlə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée école#65856.