échafaud

échafaud

nom, masculin, /eʃafo/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Assemblage de pièces de bois formant un plancher élevé sur lequel travaillent les ouvriers en bâtiment. Fig.

    Si chaque jour ajoute à l'immensité des sciences, chaque jour les rend plus faciles, les méthodes se multiplient avec les découvertes, l'échafaud s'élève avec l'édifice — TURGOT

    Les pièces justificatives sont l'échafaud avec lequel on bâtit, mais l'échafaud ne doit plus paraître quand on a construit l'édifice — Voltaire (1694-1778)

  2. Estrade de laquelle on voit un cortége, une cérémonie. Par extension et plaisanterie, l'estrade sur laquelle jouent les comédiens.

    Si l'on attend une entrée, il a sa place sur un échafaud — La Bruyère (1645-1696)

    Les échafauds étaient déjà dressés tout autour, et déjà les personnes les plus curieuses commençaient à s'y placer — Lesage (1668-1747)

  3. Plancher élevé pour l'exposition ou l'exécution des criminels. C'est une nature perverse, il finira sur l'échafaud.

    Je demande sa mort.... Non pas au lit d'honneur, mais sur un échafaud — Pierre Corneille (1606-1684)

    Adieu, sur l'échafaud portez le cœur d'un prince — Rotrou (1609-1650)

  4. Terme de marine. Grand treillis de bois sur lequel on fait sécher la morue à Terre-Neuve. Beaucoup de marins disent chafaud.

Étymologie : Saintong. chafaud ; Berry, châfaud, chaufaud ; en certaines parties de la Bourgogne, chafaud, grenier à foin ; provenç. cadafalc ; anc. catal. cadafal ; espagn. cadalso ; portug. cadafalso ; ital. catafalco ; bas-lat. scafaldus, scadafaltum ; angl. scaffot. La série des formes conduit à un radical falt ou fald, conjoint à un préfixe qui, bien que très altéré, laisse voir cada ou cata ; c'est donc le même que catafalque.

Historique : XIIIe s. Genius, sans plus terme metre, S'est lors, por miex [mieux] lire la letre, Selon les faiz devant contés, Sor un grant eschafaut montés Je aloie en la chapelle le roy, et trouvai le roy qui estoit monté en l'eschafaut au reliques, et fesoit aporter la vraie croiz aval Ou chafaut que l'on ot establi XVe s. Et avoit, sur l'un des lez des lices, faits grands escharfaulx, pour les seigneurs voir la bataille des deux champions Tous les jeunes et nouveaux chevaliers [seoient] dessous [le roi] sur bas eschafauds couverts de draps d'or XVIe s. Il monta à un echafaut du cinquieme estage pour vo…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Assemblage de pièces de bois, qui forme une espèce de plancher sur lequel les ouvriers montent pour travailler dans les parties élevées d’une construction. On ne peut plus travailler à cette muraille sans échafaud. On dit plutôt aujourd’hui ÉCHAFAUDAGE.

  2. Il désigne aussi des Ouvrages de charpenterie, élevés ordinairement par degrés, en forme d’amphithéâtre, pour voir plus commodément des cérémonies publiques ou d’autres spectacles. On dit plutôt aujourd’hui TRIBUNE ou ESTRADE.

  3. Il se dit également d’une Espèce de plancher qu’on élève pour l’exécution des criminels et qui, dans certains pays, sert encore à leur exposition. Dresser un échafaud. Mourir sur un échafaud. Porter sa tête sur l’échafaud. Monter à l’échafaud. Prov., Le crime fait ta honte et non pas l’échafaud.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • échafauds — pluriel — /eʃafo/
  • échafaud — singulier — /eʃafo/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée échafaud#65675.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.