écart
nom, masculin · /ekaʁ/
Usage : fréquent (25 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Différence mesurable entre deux valeurs, deux grandeurs ou deux situations.
L'écart entre les deux candidats n'est que de quelques voix.
Synonymes : différence, décalage.
Mouvement brusque par lequel on s'écarte de sa trajectoire.
Le cycliste a fait un écart pour éviter le chien.
Synonyme : embardée.
« Faut-il l'abandonner à lui-même, au moment qu'il fait les plus grands écarts ? »Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Position éloignée d'un point de référence, notamment d'un centre ou d'une ligne médiane.
Ils habitent une ferme à l'écart du village.
« Il se tenait à l'écart, n'osait lever les yeux sur elle »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Elle prit à l'écart Mentor pour le faire parler »Fénelon (1651-1715)
Position où les jambes sont largement écartées, tendues à l'horizontale.
La gymnaste a terminé sa figure par un grand écart.
« Je ne sais si souvent vous jouez au piquet ; Mais au moins faites-vous des écarts admirables »Molière (1622-1673)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : creuser l'écart · faire le grand écart
Grammaire et formes (2)
- écarts : pluriel · /ekaʁ/
- écart : singulier · /ekaʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 10 sens
s. m.
Terme de jeu. Les cartes dont le joueur se défait. Faire son écart. Regardez l'écart.
Je ne sais si souvent vous jouez au piquet ; Mais au moins faites-vous des écarts admirablesMolière (1622-1673)
À l'écart, loc. adv. En un lieu détourné, écarté. À part. Se jeter à l'écart, faire des digressions, s'écarter du sujet. Mettre à l'écart, mettre en réserve. Il met à l'écart une partie de son revenu pour les besoins imprévus. Mettre à l'écart, faire abstraction, ne pas tenir compte. Mettre, laisser quelqu'un à l'écart, ne pas le faire participer à un avantage, à une affaire, etc. Mettre à l'écart, se dit aussi de choses qu'on n'emploie pas.
Nous pouvons à l'écart, sur ces rives du Phase, Parler en sûreté du feu qui vous embrasePierre Corneille (1606-1684)
Il va mourir à l'écart sur la montagneMassillon (1663-1742)
Action de s'écarter de sa direction, de se jeter de côté. Son cheval a eu peur, il a fait un écart. Terme de danse. Mouvement du pied pour se jeter de côté. Faire un écart.
Terme de vétérinaire. Entorse de l'articulation des membres antérieurs du cheval, accompagnée de claudication, et devant son nom à ce qu'on croyait autrefois que la cause qui produisait cette lésion écartait le membre du thorax. L'écart très léger s'appelle faux écart, et celui qui est porté au plus haut degré, entr'ouverture.
Terme de critique littéraire. Espèce de vide entre deux idées qui n'ont point de liaison intermédiaire ou de transition, et que l'on approuve néanmoins dans la poésie lyrique quand il ne nuit pas à la clarté.
Les écarts ne doivent se trouver que dans les sujets qui peuvent admettre des passions vives, parce qu'ils sont l'effet d'une âme troubléeBATTEUX
Digression excessive, développement étranger au sujet que l'on traite. Les écarts d'un avocat.
Toute action par laquelle on s'écarte de la raison, de la morale, de la bienséance, etc.
Vous êtes si fertile en pareils contre-temps, Que vos écarts d'esprit n'étonnent plus les gensMolière (1622-1673)
Faut-il l'abandonner à lui-même, au moment qu'il fait les plus grands écarts ?Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Localité écartée.
.... il soit incessamment dressé des états de tous les hameaux et écarts, des villes, bourgs et paroisses de leurs départements,
Les remaniements des circonscriptions postales ont atteint près de dix mille communes rurales, sans compter les écarts et hameaux qui en dépendent,
Terme de marine. Jonction de deux pièces de bois ou de deux bordages entaillés. Jonction de laizes de toile, qui se rejoignent dans leur longueur, soit bout à bout, soit lorsqu'il il y a lieu à remplacer de la toile.
Terme de paveur. Fragments de grès propres à revêtir les fournils, etc. Terme de charpente. La longueur dont les bois se croisent dans les entures et les assemblages.
Étymologie : Voy. ÉCARTER ; ital. scarto, écart aux cartes.
Historique : XVe s. Et cil qui voit sa femme aller En lieu de gibier à l'escart, A-, t-il cause de grumeler ? XVIe s. Il emplissoit les villes et places fortes qqi estoient à l'escart, d'armes, d'argent et de bons combatans Loing de ses gens se retirant à part, S'en va plorer chaudement à l'esquart Craignant que le chagrin dans lequel il estoit ne luy fist faire quelque escart Ils sont allez la placer sur un rochier à l'escart, emmy des ronces À l'escart lui estant venu encore un roy, il fit son reste À la veue de quoi trois autres compagnies qui devoient armer la queue du Prince, prirent l'escart Ni d'un …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 1 sens
s. m.
Terme de blason. Quart d'un écu partagé en quatre parties. Les armes principales de la maison se mettent au 1er et au 4e écart, c'est-à-dire à ceux de la partie supérieure de l'écu ; on place aux deux autres les armes des alliances et de la ligne maternelle.
Inventa tous ces noms de cimier et d'écartBoileau (1636-1711)
Étymologie : É- pour es- préfixe, et quart (voy. ÉCARTELER).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 9 sens
n. m.
Action par laquelle deux parties d’une chose s’écartent plus ou moins l’une de l’autre. Faire le grand écart, écarter les jambes au point que les cuisses touchent le sol.
En termes d’Art vétérinaire, il se dit d’une Entorse de l’articulation antérieure du cheval, du boeuf, etc. Ce cheval s’est donné un écart.
à L’ÉCART
loc. adv.
à une certaine distance. Se tenir à l’écart dans une conversation. Mettre, tenir quelqu’un à l’écart. Tirer quelqu’un à l’écart.
Par analogie, à l’écart de, se dit à propos d’une Maison, d’une localité éloignée de l’agglomération principale d’une commune. Sa villa est à l’écart du village.
ÉCART signifie encore Action de s’éloigner de la direction qu’on doit suivre. Son cheval prit peur et fit un brusque écart.
En termes de Danse, Faire un écart, Porter le pied de côté. — Il désigne aussi les Variations qui se produisent dans un mécanisme. Les écarts d’une montre, d’un thermomètre.
Il signifie au figuré Action de s’écarter de la raison, de la morale, des bienséances. Les écarts de l’imagination. Se permettre des écarts. On avait à lui reprocher certains écarts de conduite. Les écarts de la jeunesse.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée écart#65665.