s. f.
Nom des lames plates et minces qui couvrent la peau des poissons et de certains reptiles. Les mailles d'une armure, les plaques qui forment certaines armes défensives.
Lorsque Psyché alla à cette fontaine, le monstre se réjouissait au soleil, qui tantôt dorait ses écailles, tantôt les faisait paraître de cent couleurs — La Fontaine (1621-1695)
Tout son corps est couvert d'écailles jaunissantes — Jean Racine (1639-1699)
Petites plaques cornées qui garnissent les pattes des oiseaux et la queue de certains mammifères comme la queue du castor.
Enveloppe dure qui couvre et défend le corps de certains mollusques. Écailles d'huître. Fig. Laisser les écailles, s'emparer de tout le profit d'une affaire, c'est-à-dire manger l'huître et laisser les écailles aux autres.
Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille — La Fontaine (1621-1695)
Et par ce bel arrêt terminant la bataille : Tenez, voilà, dit-elle, à chacun une écaille — Boileau (1636-1711)
Terme de commerce. Substance provenant des grandes plaques épidermiques ou cornées qui recouvrent la carapace d'une tortue marine appelée chelonia imbricata. Une tabatière d'écaille.
Terme de botanique. Nom d'organes appendiculaires fort différents que l'on a comparés à des écailles de poisson et qui s'insèrent à la tige dans toute ou la plus grande partie de leur base qui n'est pas pédiculée. Terme de pathologie. Nom de petites lamelles formées de cellules épidermiques plus ou moins nombreuses et se détachant d'elles-mêmes dans certaines affections cutanées. Poussière répandue sur les ailes des lépidoptères.
Par analogie, tout ce qui se détache des corps en petites parties minces et légères, comme dans un vieux tableau qui tombe par écailles. Écailles de bronze, de fer, de marbre, petites parties qui tombent du cuivre ou du bronze lorsqu'on le met en œuvre ; du marbre lorsqu'on le taille en bloc ; et du fer lorsqu'on le forge en armes tranchantes. Terme de monnaie. Écaille d'acier, poudre d'acier qui se met sous le carré pour le hausser plus ou moins. Terme de métallurgie. Croûte mince qui se forme à la surface du fer qu'on échauffe.
Fig. Causes de l'aveuglement de l'esprit.
Voilà les écailles qui tombent de ces yeux fermés à la lumière — Fénelon (1651-1715)
[Cette réprimande] Ce fut pour mon père un coup de tonnerre ; les écailles lui tombèrent des yeux — Saint-Simon (1675-1755)
Terme d'architecture. Nom de petits ornements, en forme d'écailles de poisson, couchées l'une sur l'autre, qu'on taille sur les moulures rondes. Ornements en forme d'écaille de poisson, que l'on emploie dans la menuiserie, la broderie, la tapisserie, etc. Ardoises étroites et arrondies dans le bout de la partie visible et servant à la couverture des dômes.
Écaille de mer, ou, simplement, écaille, pierre pour broyer les couleurs. Tesson sur lequel le savonnier fait couler un peu de savon pour juger s'il est assez cuit.
Terme de relieur. Sorte de rouge écarlate. Une belle écaille.
L'écaille, qui n'est plus guère en usage aujourd'hui, se fait avec une forte décoction de bois de Fernambouc, auquel on joint de l'alun et même de la cochenille — LESNÉ
Écaille de Bergame, espèce d'ancienne tapisserie.
Grande écaille, nom d'un chétodon, poisson.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).