ébrouer (s')
verbe
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)
Littré (1873) — entrée 2
v. réfl.
Terme de vétérinaire. Faire ébrouement. Par extension.
Estrées revint à soi le premier, se secoua, s'ébroua, regarda la compagnie comme un homme qui revient de l'autre monde — Saint-Simon (1675-1755)
Terme de manége. Souffler de surprise ou de frayeur, en parlant du cheval.
Étymologie : Origine obscure. On a songé à bourre, le cheval faisant sortir de ses naseaux comme une bourre. Mais cela ne convient ni aux sens ni aux formes diverses du mot. On a indiqué le bas-breton broez, brouez, emportement, mouvement de colère. Diez remarque que brave, s'il a existé dans l'ancienne langue (ce qui est très vraisemblable), y a existé sous la forme brou ou breu, comme bleu ou blou ; et que c'est de là qu'il a donné é-brouer, rendre bruyant, emporté, et ra-brouer, maltraiter en parole. Cette étymologie ingénieuse est plausible.
Historique : XVe s. Lesquelx buefs de ce s'esbruierent et fuirent Le suppliant bouta le feu en la grange, qui se esbrouit tellement que la dite grange fut bruslée XVIe s. Esbrouez des nazines S'il advient que le loup ait passé les hurtes de ceux qui seront à la garde des filets, on jettera incontinent après ses fesses un court baston pour l'esbrouer et haster d'avantage, à ce qu'il n'ait la cognoissance du filet
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ÉBROUER (S')#sens2.