Aller au contenu

dureté

dureté

nom, féminin · /dyʁəte/

Usage : d'usage courant (6.89 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Résistance d'une matière à la déformation ou à la pénétration.

    La dureté du diamant est inégalée parmi les matériaux naturels.

  2. Manque de sensibilité, de bienveillance envers autrui.

    Il parlait avec une dureté qui a blessé tout le monde.

    Synonyme : insensibilité.

    « Quelle dureté est semblable à la nôtre, si un accident si étrange [la mort de la duchesse], qui devrait nous pénétrer jusqu'au fond de l'âme, ne fait que nous étourdir pour quelques moments ! »Bossuet (1627-1704)

    « Rien ne vous a pu vaincre, et votre dureté Aurait dû dans son cours arrêter ma bonté »Jean Racine (1639-1699)

  3. Sévérité excessive dans l'exercice d'une autorité.

    Le directeur est connu pour la dureté avec laquelle il dirige ses équipes.

    Synonymes : sévérité, rigueur.

    « C'est là que lui est non-seulement permise, mais en quelque façon ordonnée, une pieuse dureté pour voir sans se troubler le trouble d'un père »Bourdaloue (1632-1704)

    « Cet officier lui parla avec la dernière dureté, et lui reprocha sa faute d'une manière propre à le jeter dans le désespoir »Rollin (1661-1741)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • duretés : pluriel · /dyʁəte/
  • dureté : singulier · /dyʁəte/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 8 sens

s. f.

  1. Propriété qu'ont les corps solides de résister à ce qui tend à en entamer la substance. La dureté du fer. Défaut de mollesse, de la qualité tendre. La dureté de ce morceau de bœuf. La dureté d'un lit.

  2. Terme de pathologie. Tumeur dure. Le palper fit sentir une dureté dans le ventre. Dureté de ventre, constipation.

  3. Défaut de sensibilité de l'oreille. Cet homme a une grande dureté d'oreille.

  4. Défaut de sensibilité, d'humanité. Grande dureté de cœur. La dureté pour les pauvres. Dans le même sens, en parlant des paroles, des dehors, des manières. La dureté de cette réponse l'atterra. La dureté du regard, des traits. Au plur. Paroles dures, offensantes.

    Un peu de dureté sied bien aux grandes âmesPierre Corneille (1606-1684)

    Quoi ! dans la dureté ces cœurs d'acier s'obstinent !Pierre Corneille (1606-1684)

  5. Excessive sévérité. La dureté d'un gouvernement. La dureté d'un régime politique.

    Je sais de votre loi la dureté barbareVoltaire (1694-1778)

  6. La dureté du travail, l'opiniâtreté au travail.

    On est plus flatté de certaines théories brillantes où la finesse de l'esprit semble avoir plus de part que la dureté du travailFontenelle (1657-1757)

  7. Qualité qui est pour l'oreille ce que la dureté est pour le toucher. Dureté de prononciation. Dureté de style. La dureté de ces vers. Qualité qui pour la vue est ce que la dureté est pour le toucher. La dureté des contours. Dureté de crayon, de pinceau. La dureté des tons. Cela donne à l'effet du tableau quelque dureté.

  8. La dureté d'un climat, d'un hiver, la rigueur de la température qui s'y fait sentir. La dureté du temps, la rigueur de la température ; et fig. la misère, la souffrance qui pèse sur une ville, sur un pays en certaines circonstances mauvaises.

    Pour adoucir en moi cette âpre dureté Des climats où mon sort en naissant m'a jetéVoltaire (1694-1778)

Étymologie : Lat. duritatem, de durus, dur. L'ancien français avait aussi duresse, du latin duritia. plus anciennement encore duretie : Xe s. Per Judaeos porquant il en cele duretie e en cele encredulitet permessient [demeurassent].... Mais duretie n'est qu'une forme orthographique, et se prononçait sans doute duresse, comme l'indique l'accent de duritia.

Historique : XIIIe s. Se la durté d'eür [la rigueur de l'heur, de la fortune] me nel envoie Les durtez que la royne Blanche fist à la royne Marguerite furent tiex [telles] que la royne Blanche ne vouloit soufrir à son pooir que son fils feust en la compaingnie sa femme XIVe s. Laquelle dureté avironne la fistule par dedens XVe s. Print les lettres, et puis les leut par grand loisir, et trouva comment piteusement le roy dom Pietre luy rescrivoit et luy signifioit ses durtés [embarras] et pouretés Obeirent, mais ce fut à trop grant durté [avec beaucoup de peine] Or pren garde à la durté De ton aage [jeunesse…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens

n. f.

  1. Qualité de ce qui est dur. La dureté du fer. La dureté du marbre.

  2. Il se dit quelquefois simplement par opposition à la Qualité agréable de ce qui est tendre, mou. La dureté de ce lit est effrayante, affreuse.

  3. Dureté d’oreille, Difficulté d’entendre, commencement de surdité. Cet homme a une dureté d’oreille.

  4. DURETÉ se dit encore figurément du Défaut de ce qui est rude et désagréable à l’oreille. Dureté de prononciation, de débit.

  5. Il se dit, en termes de Beaux-Arts, de Ce qui est marqué trop fortement, ou de Ce qui a une grande raideur. La dureté des contours. Dureté de crayon, de pinceau.

  6. Il se dit en outre, figurément, pour Rudesse, insensibilité, inhumanité, extrême sévérité. Il l’a traité avec dureté. C’est un homme qui a une grande dureté de coeur. La dureté d’un maître.

  7. Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Dehors, des manières, des discours. La dureté de sa physionomie, de son regard. La dureté de cette réponse le consterna.

  8. Il se dit également des Paroles dures et offensantes, et s’emploie surtout au pluriel. Il lui a dit beaucoup de duretés.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée dureté#21819.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.