dureté
nom, féminin, /dyʁəte/
Définitions
Résistance d'une matière à la déformation ou à la pénétration.
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Manque de sensibilité, de bienveillance envers autrui.
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Sévérité excessive dans l'exercice d'une autorité.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
s. f.
Propriété qu'ont les corps solides de résister à ce qui tend à en entamer la substance. La dureté du fer. Défaut de mollesse, de la qualité tendre. La dureté de ce morceau de bœuf. La dureté d'un lit.
Terme de pathologie. Tumeur dure. Le palper fit sentir une dureté dans le ventre. Dureté de ventre, constipation.
Défaut de sensibilité de l'oreille. Cet homme a une grande dureté d'oreille.
Défaut de sensibilité, d'humanité. Grande dureté de cœur. La dureté pour les pauvres. Dans le même sens, en parlant des paroles, des dehors, des manières. La dureté de cette réponse l'atterra. La dureté du regard, des traits. Au plur. Paroles dures, offensantes.
Un peu de dureté sied bien aux grandes âmes — Pierre Corneille (1606-1684)
Quoi ! dans la dureté ces cœurs d'acier s'obstinent ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Excessive sévérité. La dureté d'un gouvernement. La dureté d'un régime politique.
Je sais de votre loi la dureté barbare — Voltaire (1694-1778)
La dureté du travail, l'opiniâtreté au travail.
On est plus flatté de certaines théories brillantes où la finesse de l'esprit semble avoir plus de part que la dureté du travail — Fontenelle (1657-1757)
Qualité qui est pour l'oreille ce que la dureté est pour le toucher. Dureté de prononciation. Dureté de style. La dureté de ces vers. Qualité qui pour la vue est ce que la dureté est pour le toucher. La dureté des contours. Dureté de crayon, de pinceau. La dureté des tons. Cela donne à l'effet du tableau quelque dureté.
La dureté d'un climat, d'un hiver, la rigueur de la température qui s'y fait sentir. La dureté du temps, la rigueur de la température ; et fig. la misère, la souffrance qui pèse sur une ville, sur un pays en certaines circonstances mauvaises.
Pour adoucir en moi cette âpre dureté Des climats où mon sort en naissant m'a jeté — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Lat. duritatem, de durus, dur. L'ancien français avait aussi duresse, du latin duritia. plus anciennement encore duretie : Xe s. Per Judaeos porquant il en cele duretie e en cele encredulitet permessient [demeurassent].... Mais duretie n'est qu'une forme orthographique, et se prononçait sans doute duresse, comme l'indique l'accent de duritia.
Historique : XIIIe s. Se la durté d'eür [la rigueur de l'heur, de la fortune] me nel envoie Les durtez que la royne Blanche fist à la royne Marguerite furent tiex [telles] que la royne Blanche ne vouloit soufrir à son pooir que son fils feust en la compaingnie sa femme XIVe s. Laquelle dureté avironne la fistule par dedens XVe s. Print les lettres, et puis les leut par grand loisir, et trouva comment piteusement le roy dom Pietre luy rescrivoit et luy signifioit ses durtés [embarras] et pouretés Obeirent, mais ce fut à trop grant durté [avec beaucoup de peine] Or pren garde à la durté De ton aage [jeunesse…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Qualité de ce qui est dur. La dureté du fer. La dureté du marbre.
Il se dit quelquefois simplement par opposition à la Qualité agréable de ce qui est tendre, mou. La dureté de ce lit est effrayante, affreuse.
Dureté d’oreille, Difficulté d’entendre, commencement de surdité. Cet homme a une dureté d’oreille.
DURETÉ se dit encore figurément du Défaut de ce qui est rude et désagréable à l’oreille. Dureté de prononciation, de débit.
Il se dit, en termes de Beaux-Arts, de Ce qui est marqué trop fortement, ou de Ce qui a une grande raideur. La dureté des contours. Dureté de crayon, de pinceau.
Il se dit en outre, figurément, pour Rudesse, insensibilité, inhumanité, extrême sévérité. Il l’a traité avec dureté. C’est un homme qui a une grande dureté de coeur. La dureté d’un maître.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Dehors, des manières, des discours. La dureté de sa physionomie, de son regard. La dureté de cette réponse le consterna.
Il se dit également des Paroles dures et offensantes, et s’emploie surtout au pluriel. Il lui a dit beaucoup de duretés.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- duretés — pluriel — /dyʁəte/
- dureté — singulier — /dyʁəte/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dureté#21819.