dru
adjectif, /dʁy/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Bien venant, venant serré, en parlant de l'herbe, des blés, etc. Ces blés sont fort drus. Par extension. Une pluie drue et menue. Dru, adv. D'une manière serrée. Il pleut dru. Semer dru. Les balles pleuvaient dru comme mouches. Fig. Vivement, sans façon. Vous y allez dru.
L'herbe était haute et drue — Vaugelas (1585-1650)
Allant.... Plus dru qu'une navette au travers d'un métier — Mathurin Régnier (1573-1613)
Par extension, se dit des personnes que l'on compare à une herbe drue, bien venant, vif et gaillard. Il se dit des petits oiseaux assez forts pour s'envoler du nid. Ces moineaux sont drus comme père et mère. Par extension.
Je te promets à ce printemps Une petite camusette, Friponne, drue et joliette, Avec qui l'on t'enfermera ; Puis s'en démêle qui pourra — La Fontaine (1621-1695)
Malgré moi l'on m'a jointe avec vous, Vous vieux penard, moi fille jeune et drue — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Provenç. drut ; génois, druo, dense, épais ; piémontais, dru, fertile, en parlant du sol. On a fait venir ce mot de dur par métathèse ; mais ni le sens ni le t du provençal ou de l'ancien français ne permettent cette dérivation. Dru vient probablement du celtique : kimry, drud, hardi ; gaélique, drûth, volontaire ; Cornouailles, dru, beaucoup ; bas-bret. druz, gras. Quel que soit le sens primitif en celtique, le sens primitif en français, d'après les textes, est celui d'herbe drue ; c'est par extension que dru s'est appliqué aux personnes. Il y avait dans l'ancien français un autre mot dru, dr
Historique : XIe s. Tout [il] l'abat mort au pré sur l'erbe drue XIIe s. Le premier jour de mai, où druz est li herbois [herbage] XIIIe s. Partonopex fu sainz et druz Entor les ruissiaus et les rives Des fontaines cleres et vives, Poignoit l'erbe freschete et drue XIVe s. Et tout entre François [ils] commencent à geter De pierres et caillous qu'il voudrent aporter ; Aussi dru vont en l'air qu'on voit pluie voler Car aussi dru que nege chet sur les arbrisseaux, Voloient viretons [dards] et flesches et carreaux XVe s. Si eut par devant la cité maint assaut et maint hutin et drue escarmouche Là eut fait plusi…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Dont les parties sont en grande quantité et très serrées. Le blé est dru cette année. Une barbe drue.
Il se prend quelquefois adverbialement dans le même sens. Ces blés sont semés bien dru. La pluie tombait dru et menu. Les balles pleuvaient dru, dru comme grêle.
Il signifie, par extension, Qui est vigoureux, gaillard. Cet enfant est dru et fort d’un bon lait. Fig., Un style dru.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- drues — pluriel féminin — /dʁy/
- drus — pluriel masculin — /dʁy/
- drue — singulier féminin — /dʁy/
- dru — singulier masculin — /dʁy/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dru#21706.