dragon

dragon

nom, masculin, /dʁaɡɔ̃/

Définitions

  1. Animal fabuleux à écailles, muni d'ailes et de griffes, souvent représenté crachant du feu.

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  2. Soldat appartenant à un corps de cavalerie légère, notamment dans les armées d'Europe centrale ou orientale aux XVIIe et XVIIIe siècles.

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  3. Personne, souvent une femme, autoritaire et acariâtre.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Animal fabuleux qu'on représente avec des griffes, des ailes et une queue de serpent. Terme de blason. Reptile qu'on représente avec deux pieds et une longue queue, sans ailes. Dragon monstrueux, se dit d'un dragon ailé. Fig. Un dragon de vertu, femme d'une vertu austère et farouche, et le plus souvent affectée, car dragon de vertu se prend moins en bonne qu'en mauvaise part. Fig. Faire le dragon, montrer une vertu farouche. Endormir le dragon, tromper la surveillance d'un gardien sévère, locution prise du dragon de la mythologie qui, ne dormant jamais, gardait la toison d'or. C'est un vrai dragon, un petit dragon, se dit familièrement d'une femme vive et acariâtre, et d'un enfant mutin.

    Mais que me servira cette vaine poursuite, Si toujours les dragons sont prêts à t'enlever ? — Pierre Corneille (1606-1684)

    Quand un autre dragon, qui n'avait qu'un seul chef Et bien plus d'une queue.... — La Fontaine (1621-1695)

  2. Nom d'un ancien étendard sur lequel était figuré un dragon.

  3. Dans le style de l'Écriture, le dragon infernal, ou, simplement, le dragon, le démon. Le dragon renversé, ancien ordre de chevalerie, institué par l'empereur Sigismond à l'occasion du concile de Constance et de la condamnation de Jean Huss et de Jérôme de Prague.

    Des abominations suggérées par le Dragon à ceux qui suivent son parti — Pascal (1623-1662)

  4. Fig. Souci, inquiétude, remords, chimère. Ce mot, très usité dans ce sens au XVIIe siècle, du moins chez Mme de Sévigné, ne l'est plus guère aujourd'hui.

    Hélas ! de quoi ne me souviens-je point ? les moindres choses me sont chères ; j'ai mille dragons — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Ce m'eût été un dragon perpétuel de n'avoir pas rendu les derniers devoirs ... ma tante — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Dans l'ancienne armée, nom d'une cavalerie légère qui combattait tantôt à cheval, et tantôt à pied, et qui avait des colonels et des sergents comme l'infanterie, et des cornettes comme la cavalerie. Aujourd'hui, dragon, espèce de soldat de cavalerie qui appartient à la cavalerie de ligne. Un régiment de dragons. Les dragons sont souvent pris, comme les grenadiers, les hussards, pour le type de la licence et de la brusquerie militaire.

    Bientôt vole après eux ce corps fier et rapide, Qui, semblable au dragon qu'il eut jadis pour guide, Toujours prêt, toujours prompt, de pied ferme, en courant, Donne de deux combats le spectacle effrayant — Voltaire (1694-1778)

    M. de Louvois nous envoie de tous côtés des jésuites et des dragons — Voltaire (1694-1778)

  6. Espèce de lézard de l'Inde, muni d'ailes membraneuses. Poisson du genre pégase. Ancien nom de la vive. Oiseau d'Amérique. Sang de dragon, voy. SANG-DRAGON.

  7. Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère boréal. La tête et la queue du dragon, les deux points où l'orbite de la lune coupe le plan de l'écliptique, et auprès desquels, la lune se rencontrant en conjonction ou en opposition, se font les éclipses de soleil ou de lune. Ces deux points se nomment aussi les nœuds.

  8. Nom, dans l'ancienne hippiatrique, de la tache blanchâtre qui se dessine dans le cristallin du cheval, lorsque la cataracte commence à s'y former. Par extension. Sorte de tache dans l'œil de l'homme (ce mot n'a point d'usage dans le langage médical). S. m. plur. Points ou taches qui se rencontrent dans le diamant.

    Argus et ses cent luminaires, Non pas tous aux prunelles claires, Les uns mauvais, les autres bons, Et plusieurs ayant des dragons — Scarron (1610-1660)

    Roux, mal fait, borgne, et un dragon dans l'œil — Marmontel (1723-1799)

  9. Terme de marine. Voile d'étai de hune d'un lougre. Dragon d'eau, ancien nom de la trombe. Dragon de vent, ancien nom de l'ouragan.

    C'est un de ces gros tourbillons que les mariniers appellent trompes, pompes ou dragons d'eau ; ce sont comme de longs tubes ou cylindres formés de vapeurs épaisses, lesquelles touchent les nues d'une de leurs extrémités et de l'autre la mer qui paraît bouillonner tout autour,

  10. Anciennement, dragon volant, pièce d'artillerie de 32 livres de balles.

  11. Nom donné par les anciens chimistes au salpêtre. Dragon mitigé, le mercure doux.

Étymologie : Provenç. drac, dragon ; espagn. dragon ; ital. dragone. Dans le provençal, drac est le nominatif du latin dr co, avec l'accent sur dr ; et dragon est le régime, de dracónem, avec l'accent sur có. Quant aux dragons, sorte de cavalerie, Voltaire dit : L'opinion la plus vraisemblable sur l'origine du mot dragon est qu'ils portèrent un dragon dans leurs étendards, sous le maréchal de Brissac, qui institua ce corps dans les guerres du Piémont, Ils eurent d'abord le nom d'arquebusiers à cheval ; puis le drapeau aura donné le nom aux soldats. Il n'y a rien à faire, ce semble, pour cette étymologie, d

Historique : XIe s. Serpenz et guivres, dragon et aversier Le dragon [il] porte, à qui la gent s'alie [se rallie] XIIe s. A une part est au roi avisé Por le dragon que il voit ventoler, Et l'oriflambe esgarda par delez Ge sui freres des dragons et compains des ostrusces XIIIe s. Tu freinsis [brisas], sire Dieux, les chiés [têtes] del dragon Ne sai quel gent nous trouverons ; En leurs enseignes ont dragons ; Ce souloient Romains porter ; Ce nous fait moult à redouter Mès li autres vint au devant, Tot autresi com un dragon, Renart sesi au peliçon Dragons volans et estenceles Font-il par l'air sembler esteles…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Animal fabuleux qu’on représente avec des pattes armées de griffes, des ailes et une queue de saurien. Le dragon qui gardait le jardin des Hespérides.

  2. Fig. et fam., Un dragon de vertu, Une femme dont la vertu est austère et farouche.

  3. Il se dit aussi figurément et familièrement d’une Femme vive, turbulente, acariâtre, ou d’un Enfant mutin et déterminé. Cette femme est un vrai dragon, C’est un vrai dragon, un petit dragon.

  4. Il se dit par analogie, en termes d’Histoire naturelle, de Certains petits lézards des pays chauds, qui ont une aile membraneuse de chaque côté du corps et qui voltigent avec légèreté d’un arbre à un autre.

  5. Il se dit aussi d’un Soldat d’un des corps de cavalerie de ligne. Il est dans les dragons. Régiment de dragons. Colonel, capitaine de dragons. Le casque d’un dragon.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • dragons — pluriel — /dʁaɡɔ̃/
  • dragon — singulier — /dʁaɡɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dragon#21571.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.