dragée
nom, féminin, /dʁaʒe/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Amandes diverses recouvertes de sucre très fin et durci. Un cornet de dragées. Dragées de baptême, boîtes de dragées que le parrain est dans l'usage de donner à sa commère et à l'accouchée. Fig. et par plaisanterie. Dragées d'attrape, dragées fort amères. Fig. et familièrement. Avaler la dragée, avoir quelque déboire. La dragée est amère, cela est difficile à supporter. Terme de pharmacie. Dragées vermifuges, dragées préparées en substituant aux amandes le semen-contra. Dragées purgatives, dragées faites avec le jalap. Dragées de Saint-Roch, baies de genièvre recouvertes de sucre et qui sont diurétiques.
Bourré de sucre et brûlé de liqueurs, Vert-Vert, tombant sur un tas de dragées, En noir cyprès vit ses roses changées — Gresset (1709-1777)
Oui d'un baptême de cour Voyez en nous [jésuites] les dragées — Béranger (1780-1857)
Menu plomb de chasse. Petite. grosse dragée. Ce fusil écarte la dragée, les grains de plomb qu'il lance s'écartent trop les uns des autres. Fig. et populairement. Écarter la dragée, laisser échapper de petites parties de salive en parlant.
Terme d'agriculture. Mélange de grains qu'on laisse croître en herbe pour les chevaux. Dragée de cheval, blé sarrasin. Fig. Tenir la dragée haute à quelqu'un, lui faire bien payer ce qu'il désire, ou le lui faire beaucoup attendre ; locution tirée de cette dragée qu'on met plus ou moins haut pour les bêtes.
Terme de minéralogie. Dragées de Tivoli, petites concrétions calcaires qu'on trouve dans un ruisseau sortant du lac de Tivoli (Italie).
Cocon renfermant un ver à soie qui n'a pu se transformer en nymphe.
Étymologie : Bourguig. draigée ; provenç. dragea ; catal. drageya ; espagn. gragea ; portug. grangea ; ital. treggea ; bas-latin, dragata, tragemata, dessert, fruit, du pluriel grec τραγήματα, friandises, de τραγεῖν ou τρώγειν, manger (voy. TRUITE).
Historique : XIIIe s. Nus cervoisiers ne puet [peut] ne ne deit faire cervoise fors de yaue et de grain, c'est à savoir d'orge de mestuel et de dragie XIVe s. [Philippe le Bel et le pape Clément] .... De ceste male dragée [les juifs] Ont chrestienté desrengée, Dragée, sucre rosat, noisettes confites XVe s. Il n'y a jà point bonne dragée. S'elle ne sent sa confiture Six livres de dragées pour servir en un drageoir XVIe s. Une boite de dragées.... Le chevalier presenta sa dragée en une boete d'argent Monsieur se pourmenant avec son frere et le roi de Navarre faillit à estre tué dans le fossé d'uno meschante …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Amande, pistache, aveline, ou autre petit fruit couvert de sucre très dur et de couleurs différentes. Un cornet de dragées. Une boîte de dragées. Dragées de baptême.
Fig. et fam., La dragée est amère, Cela est dur à supporter. Avaler la dragée, Se résigner à quelque chose de fâcheux.
Fig. et fam., Tenir la dragée haute à quelqu’un, Lui faire attendre longtemps ce qu’il désire, ce qu’on lui a promis ou Lui faire acheter cher quelque avantage, quelque plaisir.
Il se dit figurément du Menu plomb dont on se sert pour tirer aux oiseaux. Grosse dragée. Petite dragée. Menue dragée.
En termes d’Agriculture, il se dit d’un Mélange de divers grains, tels que pois, vesces, fèves, lentilles, qu’on laisse croître en herbe pour les donner aux chevaux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- dragées — pluriel — /dʁaʒe/
- dragée — singulier — /dʁaʒe/
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