doucement
adverbe, /dusəmɑ̃/
Définitions
D'une manière douce, avec délicatesse, sans brusquerie.
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Lentement, sans hâte.
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À voix basse, sans faire de bruit.
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De manière calme et paisible.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
adv.
D'une manière douce, délicate, légère. Frotter doucement. Frapper, toucher doucement. Marcher doucement.
La fortune passa, l'éveilla doucement, Et lui dit : mon mignon, je vous sauve la vie — La Fontaine (1621-1695)
Elle voyait facilement sa sœur qu'un rayon de lumière éclairait doucement — Mme de Staël (1766-1817)
Lentement.
Pour délasser le soldat que cette expédition avait fatigué, il revint doucement à Babylone — Vaugelas (1585-1650)
Mon avis c'est d'y aller tout doucement à pied — Mme de Sévigné (1626-1696)
À voix basse, sans bruit. Parler doucement.
Je me suis doucement esquivé sans rien dire — Molière (1622-1673)
Doucement, tout doucement, c'est-à-dire peu à peu, graduellement.
Allez doucement pour les austérités — Bossuet (1627-1704)
Si elles [vos opinions] paraissaient tout à coup dans leur dernier excès, elles causeraient de l'horreur ; mais le progrès lent et insensible y accoutume doucement les hommes et en ôte le scandale — Pascal (1623-1662)
D'une manière calme, modérée, sans éclat. Aller doucement en besogne a aussi le sens d'agir mollement.
Je reçois doucement toutes les réprimandes que vous me faites sur ce sujet — Voiture (1597-1648)
Il l'a, grâces aux dieux, doucement amené [le prince] — Pierre Corneille (1606-1684)
Avec bonté, sans sévérité. Reprendre quelqu'un doucement.
Aussi furent-ils [les Juifs] toujours doucement traités — Bossuet (1627-1704)
Commodément, agréablement, avec douceur. Passer le temps doucement avec ses amis. Dans une certaine aisance. On peut vivre doucement à la campagne sans grande dépense.
C'est mourir doucement, mais enfin c'est mourir — Pierre Corneille (1606-1684)
On se perd doucement quand on perd ce qu'on hait ; Et qui tue en mourant doit mourir satisfait — Rotrou (1609-1650)
Médiocrement bien. Comment va le malade ? - Tout doucement, bien doucement.
Doucement s'emploie elliptiquement pour avertir quelqu'un de trop prompt, de trop vif.
Doucement, monsieur, vous ne songez pas que vous êtes malade — Molière (1622-1673)
Doucement ! diras-tu, que sert de s'emporter ? — Boileau (1636-1711)
Étymologie : Douce, et le suffixe ment ; provenç. dolzament, doussament ; espagn. dulcement ; portug. docemente ; ital. dolcemente.
Historique : XIe s. Et vers Franceis humbles est dulcement XIIe s. Si doucement ne fu trahis nus [nul] hom Là couronna sa fame Guiteclins li poissanz ; Doucement la baisa et estraint par les flans XIIIe s. Si vos pri [je vous prie] mout doucement que vos m'i laissiés aler Au palefroy la montent sa gent mout doucement Quant li rois Pepins l'ot [ouït] si doucement parler XVe s. Ce ban fait, on en fit un autre de par la ville de Bruges, que chacun et chacune reçut bellement et doucement en ses hostels les bonnes gens de Gand Et lors le roy benignement et doulcement luy pardonna et faisoit ce qu'on vouloit XVI…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adv.
D’une manière douce. Cet adverbe a des acceptions très variées, dont voici les principales et les plus usitées :
Avec ménagement, délicatement, sans violence, sans brutalité. Allez-y plus doucement. Poser une chose à terre doucement. Bercer doucement. Cette affaire veut être conduite doucement. Il faut s’y prendre doucement.
Lentement. Vous marchez bien doucement. Allez doucement.
Sans bruit, avec peu de bruit. Il faut marcher doucement dans la chambre d’un malade. Entrez doucement. Je me glissai doucement auprès de lui. Frapper doucement.
à voix basse. Ils parlaient très doucement, de façon à ne pas être entendus.
Sans éprouver d’agitation, avec calme. Sommeiller doucement. Vivre doucement dans la solitude. Mourir doucement au milieu de ses amis.
Avec humanité, avec bonté. Un vainqueur généreux traite doucement les vaincus. Il en use doucement avec son personnel.
Sans sévérité, sans aigreur. Châtier doucement. Reprendre quelqu’un doucement de ses fautes. Je lui fis doucement la guerre sur sa négligence.
Sans emportement. Nous nous expliquâmes doucement, et il fut convenu que...
Agréablement. Passer le temps doucement avec ses amis, avec ses livres.
Médiocrement, faiblement. Comment va le malade? Doucement, très doucement. Cette affaire marche-t-elle? Tout doucement.
Il s’emploie en façon d’interjection, lorsqu’on veut contenir ou réprimer la vivacité, la pétulance, l’impatience, l’emportement, etc., de quelqu’un. Doucement, chauffeur, vous allez trop vite. Doucement, monsieur, vous oubliez les égards qui sont dus à mon âge. Oh! doucement, il me reste encore des objections à vous faire. Doucement, doucement, ne nous échauffons point.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- doucement — forme de base — /dusəmɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée doucement#21499.