douaire
nom, masculin, /dwɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)
Littré (1873)
s. m.
Portion de biens qui est donnée à une femme par son mari à l'occasion du mariage, dont elle jouit pour son entretien après la mort de son mari, et qui descend après elle à ses enfants. Assigner un douaire. Stipuler un douaire. Douaire coutumier, se disait autrefois du douaire établi et ordonné par la coutume. Douaire préfix ou conventionnel, celui qui consiste en une certaine somme déterminée par les conventions matrimoniales. Jamais mari ne paya douaire, s'est dit pour exprimer que la mort civile du mari ne donne pas lieu à la demande du douaire. Anciennement, demi-douaire, mi-douaire, pension alimentaire accordée en certains cas (séparation, longue absence, mort civile du mari) à la femme, du vivant du mari.
Il y en a d'aucunes qui font du mariage un commerce de pur intérêt, qui ne se marient que pour gagner des douaires, que pour s'enrichir par la mort de ceux qu'elles épousent, et courent sans scrupule de mari en mari pour s'approprier leurs dépouilles — Molière (1622-1673)
L'épreuve la plus rude que cette reine [Henriette-Marie] eut à soutenir fut de solliciter un douaire de veuve auprès de l'homme qui l'avait faite veuve [Cromwell] — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Wallon, doiâ, doiar ; provenç. dotaire ; du bas-latin dotarium, de dotare (voy. DOTER).
Historique : XIIe s. Devien mes homs, je te ferai doaire, [don] [Nostre terre] Que la mere Deu tient à son lige doaire XIIIe s. ....Je li donai sans detri [sans retard], Tot de bon gré, mon fin cuer en doaire [don] Chil qui sont semons sor doaire ne poent contremander Fors du chastel et de la tor La getent, et de son douaire ; Ne li lessent en nul repaire à qu'ele se puisse acouper, Ne penre repast ne souper XIVe s. Sa chiere compaigne et espouse Blanche de Brayban doit avoir la tierce partie de toute sa terre par raison de douaire XVe s. Quant ta femme, qui plaint et pleure, Quant tu te gis au lit mortel,…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
T. de Droit ancien — Ce que le mari donnait à sa femme en faveur du mariage qu’il contractait et pour qu’elle en jouît en cas de survivance. Assigner le douaire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- douaires — pluriel — /dwɛʁə/
- douaire — singulier — /dwɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée douaire#21473.