dos

dos

nom, masculin, /do/

Définitions

  1. Partie postérieure du tronc, depuis les épaules jusqu'aux reins.

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  2. Face d'un objet opposée à celle qui est habituellement visible ou utilisée.

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  3. Côté non tranchant d'une lame.

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  4. Ligne supérieure et bombée d'un relief, d'une vague ou d'une structure allongée.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (17 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Partie du corps de l'homme et des animaux depuis les épaules jusqu'aux reins ou lombes, et qui est postérieure chez l'homme et supérieure chez les animaux. Le dos d'un cheval. Porter sur le dos. Tomber, s'étendre sur le dos. L'épine du dos, la colonne vertébrale. Le dos au feu, le ventre à table, se dit de ceux qui, en dînant, ont le dos tourné vers un bon feu ; et, figurément, de ceux qui se donnent toutes leurs aises. Familièrement. Il n'a pas une chemise sur son dos, une chemise à se mettre sur le dos, il n'a rien à se mettre sur le dos, se dit d'une personne extrêmement pauvre. Dans un sens opposé. C'est une femme qui met tout sur son dos, c'est une femme qui dépense en toilette tout ce qu'elle a ou gagne. Fig. et familièrement. Le dos lui démange, se dit d'une personne qui fait tout ce qu'il faut pour qu'on la batte. Faire le gros dos, se dit des chats lorsqu'ils relèvent leur dos en bosse, ce qui arrive le plus souvent lorsqu'on les caresse en leur passant la main sur le dos, dans le sens de la tête à la queue, et aussi lorsque l'animal est en colère. Par extension. Fig. et familièrement. Faire le gros dos, ou faire gros dos, faire l'important, l'homme capable. Plier le dos, céder. Laissez passer la bourrasque, pliez le dos. Et aussi être humble devant ses supérieurs : il n'a jamais su plier le dos. Mettre quelque chose sur le dos de quelqu'un, l'en rendre responsable. Cela ira sur son dos, se dit d'une perte, d'un dommage qui sera mis au compte de quelqu'un. Battre quelqu'un sur le dos d'un autre, faire à quelqu'un des reproches, des critiques qui retombent sur un autre. C'est sur mon dos que vous avez battu Platon. Il se laisse tondre la laine sur le dos, se dit d'un homme trop débonnaire ou insouciant qui se laisse dépouiller, voler. Dans le même sens, se laisser manger la laine sur le dos. Il a été battu dos et ventre, on lui en a donné sur le dos et partout, se dit d'un homme qui a été violemment battu. Être sur le dos, être couché ou alité. Voilà trois semaines que je suis sur le dos. Tourner le dos, présenter son dos, au lieu de présenter la partie antérieure du corps. Fig. Tourner le dos à la mangeoire, se mettre dans une situation contraire à la chose qu'on veut faire. Tourner le dos dans une bataille, fuir devant l'ennemi. Tourner le dos, s'éloigner un moment. Je n'ai fait que tourner le dos, il était déjà parti. Tourner le dos à quelqu'un, lui témoigner, en lui tournant effectivement le dos, son mécontentement, son mépris. Il tourne le dos où il veut aller, se dit d'un homme qui, au lieu d'aller où il veut, prend un chemin tout opposé. Fig. Tourner le dos, ne pas voir, dédaigner. Avoir bon dos, avoir un dos sur lequel on peut frapper fortement ; et, figurément et familièrement, avoir bon dos, être en état de supporter une perte, ou bien être insensible aux railleries. Avoir bon dos signifie aussi ne pas s'épouvanter des reproches. Mettez les fautes sur moi, j'ai bon dos. Dans une autre nuance : On s'en prend toujours à moi [on m'accuse de tout] ; il est vrai que j'ai bon dos [que je suis souvent en faute]. Avoir le dos solide se dit comme avoir les reins solides, avoir de grandes ressources. C'est un homme qui fait cent entreprises à la fois, mais il a le dos solide, c'est-à-dire il a les capitaux suffisants. Dos à dos, figure de danse dans laquelle le danseur et son vis-à-vis passent l'un derrière l'autre sans se regarder. Fig. et familièrement. Mettre les gens dos à dos, renvoyer deux personnes qui sont en différend, sans donner aucun avantage à l'une ni à l'autre. Il se dit souvent dans les comptes rendus de procès : On les a renvoyés dos à dos. Porter sur le dos, porter une charge qui est placée sur le dos. Il avait un sac sur le dos. On dit au dos dans cette locution : avoir le sac au dos, c'est-à-dire porter le sac militaire, être soldat. Fig. Avoir, porter quelqu'un sur son dos, en être obsédé, ennuyé. Populairement. J'en ai plein le dos, j'en suis très fatigué, ennuyé. Être sur le dos de quelqu'un, l'importuner, l'obséder. Il est toujours sur mon dos. Populairement. Scier le dos de quelqu'un, l'ennuyer, le fatiguer. Il me scie le dos. À dos, derrière soi. Fig. Se mettre tout le monde à dos, avoir chacun contre soi. Avoir quelque chose à dos, ne pouvoir s'en séparer.

    Il faut remettre encor le harnais sur le dos — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    Depuis plus d'une semaine Je n'ai trouvé personne à qui rompre les os ; La vertu de mon bras se perd dans le repos, Et je cherche quelque dos Pour me remettre en haleine — Molière (1622-1673)

  2. Terme d'anatomie. Partie postérieure chez l'homme, supérieure chez les animaux, du tronc depuis la dernière vertèbre cervicale jusqu'à la dernière lombaire.

  3. Terme de manége. Dos de carpe, ou de mulet, dos convexe. Dos double, dos de cheval, dans lequel on remarque un léger sillon médian. Le dos présente une légère concavité ; s'il est trop concave, l'animal est dit ensellé. Le dos large accuse un fort développement des muscles et l'ampleur de la poitrine. Le dos court annonce beaucoup de force. Le dos long est moins fort que le dos court.

  4. Par analogie, la partie postérieure de certaines choses. Le dos d'un habit, d'une chaise. Le dos d'un couteau, le dos d'un rasoir, la partie opposée au tranchant. Le dos d'un billet, d'un acte, le revers. Le dos du nez, de la main, du pied, de la langue, la partie supérieure du nez, de la main, du pied, de la langue. Terme de botanique. Le dos d'une strie, la partie saillante. Le dos d'une graine, celle des faces qui est comprimée et tournée du côté des parois du péricarpe. Le dos d'une feuille, sa face inférieure. Terme d'entomologie. La partie supérieure du mésothorax et du prothorax ; l'une ou l'autre de ces parties. Le dos d'un livre, la partie opposée à la tranche. Terme de reliure. Dos brisé, dos d'un livre tellement fait, que le livre que l'on ouvre demeure de lui-même tout ouvert.

    Qui prenaient, sur le dos de leurs chaises, de ces postures aisées et galantes qui marquent qu'on est au fait des bons airs — Marivaux (1688-1763)

    Il leur faut des livres à dos brisés, des livres qui se tiennent ouverts sur la table — LESNÉ

  5. Dans le style élevé et dans la poésie, la partie supérieure.

    Cependant sur le dos de la plaine liquide.... — Jean Racine (1639-1699)

    Nous montions sur le dos des vagues — Fénelon (1651-1715)

  6. En dos d'âne, en configuration du dos d'un âne, c'est-à-dire telle qu'il y ait un talus incliné des deux côtés. Toit, pont en dos d'âne. Dos d'âne, ustensile dont se servent les bouchers. Terme de marine. Dos d'âne, ouverture en demi-cercle, faite à certains bâtiments, pour couvrir le bout de la manivelle du gouvernail.

    Les rues étroites et sans pente, quoique le terrain soit en dos d'âne, sont toujours bourbeuses — Raynal (1713-1796)

  7. Terme de jardinage. Dos de bahut ou dos de carpe, se dit d'une certaine manière de relever le terrain d'un parterre.

  8. Dos brûlé, quadrupède du genre paresseux (achée aï). Dos bleu, un des noms de la sittelle. Dos rouge, nom d'un oiseau de la Guyane, le tangara septicolore (granivores).

Étymologie : Berry, dous ; provenç. et anc. catal. dors, dos ; espagn. et portug. dorso ; ital. dorso, dosso ; du latin dorsum. La suppression de l'r du latin dans dos est remarquable, d'autant plus qu'elle se trouve aussi dans le provençal et dans l'italien, à côté de la forme en r. Au XVIe siècle, quelques écrivains avaient repris l'r étymologique.

Historique : XIe s. Tute l'eschine [il] Iui desevre du dos De ceus d'Espaigne qui ont les dos tournez XIIe s. En son dos [il] vest un blanc aubert dopler [doublé] XIIIe s. Se Tybers de son dos la grant rue ne tert [n'essuye, sur la claie].... Si mist arriere dos toute couardie, et se feri en els l'espée traicte Quand li roi Ferrans et sa gent virent qu'il ne poroit plus endurer, si tournerent le dos, et Anglès encaucierent [poursuivirent] jusques à la nuit oscure Nus [nul] chevax qui porte à dos ne doit paier que obole de chaucie Themis, quant oï la requeste, Qui moult estoit bonne et honeste, Lors conseil…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Partie du corps de l’homme ou de l’animal, depuis le cou jusqu’aux reins. Il était couché sur le dos. Dos courbé, voûté. Porter un homme sur son dos. On lui lia les mains derrière le dos. Dos à dos. Le dos d’un cheval, d’un mulet, d’un âne.

  2. En termes militaires, Mettre sac au dos, S’apprêter à partir. Soldats, sac au dos.

  3. Fig. et fam., Avoir le dos au feu et le ventre à table, ou être le dos au feu et le ventre à table, Prendre toutes ses aises en mangeant.

  4. Fam., Faire le gros dos, se dit des Chats lorsqu’ils relèvent leur dos en bosse.

  5. Fig. et fam., Plier le dos, Céder, se résigner à ce qui arrive de fâcheux.

  6. Fig., Tendre le dos aux coups. Voyez

  7. TENDRE.

  8. Fig. et fam., Porter quelqu’un sur son dos, En être importuné, fatigué. Avoir toujours quelqu’un sur le dos, En être sans cesse obsédé, poursuivi.

  9. Très fam., Avoir plein le dos d’une personne ou d’une chose, être excédé de cette personne ou de cette chose.

  10. Fig. et fam., Mettre tout sur le dos de quelqu’un, Se décharger sur lui de toute la responsabilité, de tout le blâme, rejeter sur lui tous les torts. On dit dans un sens analogue, Battre quelqu’un sur le dos d’un autre, Faire retomber indirectement sur quelqu’un les reproches que l’on adresse à une autre personne.

  11. Fam., Tourner le dos à quelqu’un, Tourner le dos du côté où il a le visage, lui présenter le dos. Il se dit, figurément et familièrement, lorsqu’on quitte quelqu’un et qu’on le laisse là par mépris, par indignation, ou lorsqu’on abandonne ses intérêts. Dans la mauvaise fortune, la plupart des amis vous tournent le dos. Tourner le dos aux ennemis, à l’ennemi, ou, simplement, Tourner le dos, Fuir. Il tourne le dos à l’endroit où il veut aller, se dit d’un Homme qui, au lieu d’aller où il veut, prend un chemin tout opposé. Tourner le dos signifie encore S’en aller. Vous n’aurez pas tourné le dos, vous n’aurez pas le dos tourné qu’il ne se souviendra plus de vous. Fig. et fam., Avoir bon dos, se dit de Quelqu’un à qui l’on attribue toutes les sottises qui se disent, toutes les fautes qui se font.

  12. Fig. et fam., Avoir quelqu’un à dos, se mettre quelqu’un à dos, L’avoir pour ennemi, s’en faire un ennemi. Se mettre tout le monde à dos.

  13. Fig. et fam., Renvoyer des gens dos à dos, Renvoyer chacune de leur côté deux personnes qui sont en différend, sans donner à l’une aucun avantage sur l’autre.

  14. Fig. et fam., Le dos lui démange, se dit d’une Personne qui fait tout ce qu’il faut pour qu’on en vienne à la battre.

  15. En dos d’âne. Voyez

  16. ÂNE.

  17. Il désigne aussi, par analogie, la Partie de certaines choses qui, par sa destination, par sa position ou par sa forme, offre quelque rapport avec le dos de l’homme ou de l’animal. Le dos d’un habit, d’une robe, La partie d’un habit, d’une robe qui sert à couvrir le dos; Le dos d’une chaise, d’un fauteuil, etc., La partie d’une chaise, etc., contre laquelle on s’appuie le dos. Le dos d’un couteau, Partie opposée au tranchant. Le dos d’un livre, Partie opposée à la tranche et sur laquelle on met ordinairement le titre. Dos brisé, se dit d’une Reliure faite de telle sorte que le livre que l’on ouvre ne se referme pas de lui-même. Le dos d’un papier, d’un billet, d’un acte, etc., Le revers. Mettre sa signature au dos d’un chèque. Le dos de la main, Le côté extérieur de la main, la partie opposée à la paume de la main.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • dos — forme de base — /do/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dos#21454.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.