dissipation

dissipation

nom, féminin, /disipasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de dissiper, de disperser, de faire disparaître.

    Tous les combats s'y passent [sur mer] en coups de canon, en dissipation de vaisseaux que l'on croit avoir coulés et qui se retrouvent au bout d'un mois — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Je ne trouve que des occasions de le [trouble] faire naître et de l'augmenter dans ceux dont j'en avais attendu la dissipation — Pascal (1623-1662)

  2. Action d'évaporer, déperdition. La dissipation de l'humidité de la terre. La dissipation des esprits animaux. Fig.

    Cela adoucissait le sang, réparait les dissipations — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Vous représentez l'esprit de la république après la dissipation de son corps — Guez de Balzac (1597-1654)

  3. Emploi prodigue et mal entendu. La dissipation des finances. Fig. Au plur. Dépenses folles et ruineuses. Il s'est ruiné par ses dissipations.

    Ils bâtissent leur maison du débris et de la dissipation de tout un royaume — Guez de Balzac (1597-1654)

    Les dissipations du patrimoine de Jésus-Christ en meubles, en trains, en équipages — Bourdaloue (1632-1704)

  4. Relâchement d'application, liberté qu'on s'accorde de se réjouir, pour soulager l'esprit et le corps. Il vous faut un peu de dissipation. État d'un esprit qui ne s'applique pas. La dissipation de son esprit est cause qu'il ne fait rien. Vie où l'on se livre à tous les amusements. Vivre dans la dissipation.

    Je me persuade tous les jours de plus en plus que la solitude est nécessaire pour servir Dieu, et que la dissipation est très dangereuse — Mme de Maintenon (1635-1719)

    Que si le commerce des hommes et la dissipation de l'esprit, inévitable dans les grands emplois, ont laissé quelque impureté dans une vie aussi sage et aussi chrétienne.... — Fléchier (1632-1710)

Étymologie : Provenç. dissipasion ; espagn. dissipacion ; ital. dissipazione ; du latin dissipationem, de dissipare, dissiper.

Historique : XVIe s. S'esjouissant [la divinité] de la ruyne et dissipation des choses par elle creées et conservées

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action par laquelle une chose est dissipée ou se dissipe. Il se dit surtout de l’Action de consumer un bien par de grandes dépenses et de Ces dépenses elles- mêmes. La dissipation des biens, d’un patrimoine. La dissipation des finances. Il s’est ruiné par ses dissipations. Vivre dans la dissipation.

  2. Il signifie encore état d’une personne dissipée, d’une personne qui vit au milieu des plaisirs, qui se laisse distraire de son travail, de ses occupations. être dans la dissipation. Aimer la dissipation. La dissipation d’un élève en classe.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • dissipations — pluriel — /disipasjɔ̃/
  • dissipation — singulier — /disipasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dissipation#21043.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.