dîme · dime

dîme

nom, féminin, /dimə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Prélèvement qui se faisait sur les Juifs du dixième des fruits de la terre pour offrir au Seigneur ou pour donner aux lévites. Il se dit aussi d'un dixième prélevé pour tout autre objet.

    Le Seigneur votre Dieu vous ayant bénis, vous ne pourrez lui apporter toutes ces dîmes ; vous vendrez tout, et en aurez de l'argent que vous porterez en votre main — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Ceux qui, étant de la race de Lévi, entrent dans le sacerdoce, ont droit, selon la loi, de prendre la dîme du peuple — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Prélèvement que l'Église ou le seigneur faisait sur les récoltes, et qui en était ordinairement le dixième. Lever, payer la dîme des blés, du vin. Il y avait des dîmes qui faisaient la douzième partie, la treizième partie. Les dîmes s'affermaient. Grosses dîmes, dîmes qu'on levait sur les gros fruits, comme le blé et le vin. Menues dîmes, celles qui se levaient sur les menus grains et sur le menu bétail. Vertes dîmes, celles qu'on levait sur les légumes, le chanvre, etc. Dîme inféodée, dîme aliénée par l'Église et possédée par des laïques. Dîme saladine, impôt du dixième des revenus dont furent frappés ceux qui ne prirent point part à la 3e croisade. Dîmes ecclésiastiques, dîmes possédées sans aucune charge féodale. Dîmes mixtes, dîmes perçues sur les choses qui provenaient en partie des héritages et en partie de l'industrie. Fig. Lever la dîme, faire un prélèvement non permis.

    Toute votre piété se réduit à certaines cérémonies, à certaines coutumes, à payer certaines dîmes dont la loi ne fait pas mention — Bourdaloue (1632-1704)

    La dîme n'est point une propriété ; la propriété ne s'entend que de celui qui peut aliéner le fonds ; et jamais le clergé ne l'a pu — Mirabeau (1749-1791)

  3. Dîme royale, titre d'un ouvrage de Vauban.

    Son Altesse Royale ayant formé le dessein de faire dans le royaume quelques essais d'une taille proportionnelle ou dîme qu'avait proposée feu M. de Vauban et qui devait remédier aux anciens et intolérables abus de la taille arbitraire — Fontenelle (1657-1757)

Étymologie : Berry, le dîme ; provenç. desme, deime, deyme, deume, deme, s. m. et aussi decima, s. f. ; catal. delme ; espagn. diezmo et decima ; ital. decima ; du latin decimus, dixième, de decem (voy. DIX).

Historique : XIIe s. Ne devez as prelaz defendre u comander .... ne des dismes causer XIIIe s. Et ot li elleus [l'élu] de Biauvais la disme de par l'apostole [pape] De droit commun, toutes les dismes doivent estre à sainte Eglise XVe s. Qu'elles estoient tenues de rendre à Dieu disme de tous leurs biens XVIe s. Le droit de tenir dixmes en fief [dîmes inféodées] par gens purs laics La principale cause de la malveillance que le peuple luy portoit vint de la decime des depouilles.... il feit vœu qu'il offriroit aux dieux la dixme du butin Un veau de disme [un grand sot], Peu de gloire me semble accroistre à c…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Portion des grains, des vins, des fruits, etc., qui se payait à l’église, ou au seigneur du lieu, et qui en était ordinairement le dixième. Payer la dîme. Lever la dîme, les dîmes. Affermer les dîmes. La dîme des blés, du vin, etc.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • dîmes — pluriel — /dimə/
  • dîme — singulier — /dimə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dîme#24188.

dime

nom, féminin

Grammaire et formes (2)
  • dimes — pluriel
  • dime — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dime#102708.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.