diablerie
nom, féminin, /djabləʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Opération magique dans laquelle le diable intervient, ou est supposé intervenir. Ces diableries n'abusent plus personne.
Quoi ! te mêlerais-tu d'un peu de diablerie ? — Molière (1622-1673)
J'acquis de toute diablerie La pratique et la théorie — Scarron (1610-1660)
Possession, c'est-à-dire introduction d'un diable dans le corps d'une personne. Les diableries de Loudun.
Ancien spectacle, pièce populaire, conte où le diable joue le principal rôle.
Si nous étions des sylphes, nous pourrions vous conter quelque diablerie — Mme de Sévigné (1626-1696)
Machination secrète. Il y a quelque diablerie là-dessous.
Méchanceté de diable.
....Avec toute sa diablerie Il faut que je l'appelle et mon cœur et m'amie — Molière (1622-1673)
Ils ne sont pas capables d'une telle diablerie — Voltaire (1694-1778)
Conduite mauvaise et déréglée.
Un et un font deux, C'est le nombre heureux En galanterie ; Mais quand une fois Un et un font trois, C'est la diablerie,
Il a une comédienne, il paye les soupers ; enfin c'est une vraie diablerie — Mme de Sévigné (1626-1696)
Petit dessin noir représentant le diable. Petits dessins en couleurs transparentes, représentant des diables sur des verres pour la lanterne magique.
Étymologie : Diable ; provenç. diablia ; espagn. diablura ; portug. diabrura ; ital. diavoleria. Diablerie ne commence qu'au XIVe ou XVe siècle ; auparavant on disait diablie.
Historique : XIIe s. Perseverer el mal est diaulie XIIIe s. Car plus faisoit la serve outrage et dyablie Diex ! fait-ele, dont vient si faite deablie ? Mès dire les choses à taire, C'est trop grant deablie à faire XVe s. Or regardez la grande diablerie qui se commenceoit à eslever en France Qui telz erreurs veult soustenir, C'est droite diablie, c'est rage, Martyre de S. Ét. Quelles diableries [injures] il me disoit XVIe s. Il fut le premier qui enseigna aux Venitiens l'usage de ceste diablerie [l'artillerie] Si ainsi estoit, depuis que les demons sont creés, qu'ils eussent peu en engendrer d'autres, il y …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Maléfice qui vient du diable ou qu’on lui attribue. Il se mêlait de diablerie.
Il se dit aussi des Prétendues possessions, des ensorcellements. Ces diableries n’abusent plus personne.
Il se dit, figurément et familièrement, en parlant de Tout mauvais effet dont on ne peut découvrir la cause, et surtout des Machinations secrètes qui nuisent au succès d’une affaire. Il y a quelque diablerie là-dessous, là-dedans.
Il s’est dit autrefois de Certaines pièces populaires où le diable jouait ordinairement le principal rôle. Une diablerie à quatre personnages.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- diableries — pluriel — /djabləʁi/
- diablerie — singulier — /djabləʁi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée diablerie#20408.