devoir
nom, masculin, /dəvwaʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (14 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Ce qu'on doit faire, ce à quoi l'on est obligé par la loi ou par la morale, par son état ou les bienséances. Devoir conjugal, la conjonction charnelle due entre mari et femme. Il est du devoir, le devoir oblige à. Il est de mon devoir de vous donner cet avis.
Elle [Chimène] est dans le devoir ; tous deux [prétendants] sont dignes d'elle ; Tous deux formés d'un sang noble, vaillant, fidèle — Pierre Corneille (1606-1684)
Je sais ta passion et suis ravi de voir Que tous les mouvements cèdent à ton devoir — Pierre Corneille (1606-1684)
Faire son devoir, agir comme on doit agir. En parlant d'un régiment, d'un soldat, faire son devoir, combattre vaillamment. En un autre sens, faire son devoir, se bien acquitter, parler, agir.
Qui sert bien son roi ne fait que son devoir — Pierre Corneille (1606-1684)
Je ferai seulement le devoir d'un sujet — Pierre Corneille (1606-1684)
Être, rentrer dans son devoir, dans la soumission, le respect, l'obéissance où l'on doit se tenir. En un sens un peu différent. Être dans son devoir, se mettre dans son devoir, se tenir dans l'état où l'on doit être devant les personnes à qui l'on veut témoigner du respect. Ramener, ranger quelqu'un à son devoir, tenir dans le devoir, obliger à faire ce qui doit être fait. Se ranger à son devoir, faire ce qu'on doit faire. Je lui apprendrai son devoir, je le rangerai à ce qu'il doit.
On oublie aisément les fautes des enfants lorsqu'ils rentrent dans le devoir — Molière (1622-1673)
Il fait rentrer son fils dans le devoir — Bossuet (1627-1704)
En devoir de, prêt à. Il était déjà en devoir de vous aller trouver. Se mettre en devoir de faire une chose, la commencer ou s'y préparer.
Nous étions à table, plusieurs, joyeux, en devoir de bien faire — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Il se mit en devoir d'arrêter son maître — Perrot d'Ablancourt (1606-1664)
Être à son devoir, être à son poste.
M. de Marsillac est déjà retourné à son devoir — Mme de Sévigné (1626-1696)
Le chevalier est à son devoir — Mme de Sévigné (1626-1696)
Terme de féodalité. Devoirs seigneuriaux, droits que le vassal devait à son seigneur.
Par extension du sens féodal. Devoir, et, plus souvent, au pluriel, devoirs, marques de civilité, de politesse. Rendre ses devoirs à quelqu'un, lui présenter ses hommages, lui faire une visite de politesse. Rendre des devoirs, s'est dit des services que des valets remplissent auprès de leurs maîtres.
Le rang de l'offensé, la grandeur de l'offense Demandent des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions — Pierre Corneille (1606-1684)
Il peut aller, s'il veut, dessus son monument Recevoir ses devoirs et son remercîment — Pierre Corneille (1606-1684)
Les derniers devoirs, les devoirs funèbres, les funérailles. Rendre à quelqu'un les derniers devoirs, présider ou, simplement, assister à ses funérailles.
Dis-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir De rendre à ce héros ce funèbre devoir ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Tu veux à ce héros rendre un devoir suprême — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de collége. Travail, exercices donnés à un élève. Faire ses devoirs. Un devoir difficile.
M. Lambercier était un homme fort raisonnable qui, sans négliger notre instruction, ne nous chargeait point de devoirs extrêmes — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Devoir pascal, l'obligation de communier à Pâques.
Association d'ouvriers unis par les liens du compagnonnage. Compagnons du devoir. Des ouvriers appartenant à des devoirs différents.
Anciennement, sorte de service de surveillance.
....à la charge qu'il fera faire tant le jour que la nuit, rondes, devoirs et diligences requises et accoutumées pour éviter tels accidents,
Terme de droit. Devoir parfait, celui dont l'accomplissement peut être exigé, qui a un droit corrélatif. Devoir imparfait, celui dont l'accomplissement ne peut être exigé, qui n'a pas de droit corrélatif. Dans l'ancien droit, devoirs de loi exprimait toutes les formalités du nantissement.
Terme de fauconnerie. Devoir de l'oiseau, sa part de la curée du gibier qu'il a pris.
Étymologie : Infinitif du verbe devoir, pris substanvement ; provenç. dever ; catal. deurer ; espagn. eber ; ital. devere.
Historique : XIIIe s. [Le roi] En fist tout son devoir, ne dust estre repris Il font bien trestuit lor devoir XIVe s. François font lor devoir ; ne les devez blasmer, Car qui fait ce qu'il doit, j'ose bien dire au cler, Que de riens ne meffait.... XVe s. Le comte, à la complainte des herauts, commanda que on ardist tout, si des rachats à argent ils n'avoient fait leur devoir En lui mandant qu'en faisant mon devoir, J'ay tous les maulx que nul pourroit souffrir Dieu nous doint bonne destinée, Et chascun face son debvoir ; Ainsi ne sera redoubtée Par bon eur et loyal vouloir Lasse ! or [je] me voy aujourd'hu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (2)
- devoirs — pluriel — /dəvwaʁ/
- devoir — singulier — /dəvwaʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée devoir#20388.