devise

devise

nom, féminin, /dəvizə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de blason. Division de quelque pièce honorable de l'écu. Ainsi une fasce qui n'a que le tiers de sa largeur commune est une fasce en devise. Division etant le sens propre de ce mot, comme de diviser on passe à l'idée de tracer, dessiner, on arrive au sens qui suit.

  2. Figure emblématique avec quelque sentence concise qui l'explique. Le corps de la devise, la figure. L'âme de la devise, la sentence. Les devises des armoiries se mettent dans des listons autour de l'écu, ou en cimier, et quelquefois aux côtés ou au-dessous. Les devises des ordres se mettent sur les colliers.

    J'ai vu une devise qui me conviendrait assez ; c'est un arbre sec et comme mort, et autour ces paroles : Fin che sol ritorni (jusqu'à ce que le soleil revienne) — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Voilà leurs boucliers, leurs lances, leurs devises — Voltaire (1694-1778)

  3. Petite phrase, ou sentence qui n'est quelquefois composée que d'un mot, pour signifier quelque qualité qu'on attribue aux choses ou aux personnes. Devise républicaine, devise de la première république qui était : liberté, fraternité, ou la mort. Liberté, ordre public, était la devise du gouvernement de Louis-Philippe. Devise de bonbons, petit papier contenant un dicton en vers ou en prose et dont on enveloppe les bonbons. Les bonbons mêmes qui sont en veloppés dans la devise.

    Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes ; Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes — La Fontaine (1621-1695)

    Diversité c'est ma devise — La Fontaine (1621-1695)

  4. En sculpture, la devise est un ornement en bas-relief, qui est composé de figures et de paroles

Étymologie : Voy. DEVIS ; Berry, devise, subterfuge, discours ; wallon, divize, propos ; provenç. devisa ; espagn. et ital. divisa.

Historique : XIe s. Si'n face la justice [qu'il en fasse la justice] à la primere devise [façon] Sire, ce dist Girarz, or oez [oyez] ma devise [discours].... En dous [deux] ordres de gent est faite saint iglise ; Del pueple e del clergié, ele est faite e asise, E par dreit aünie [réunie] est en ceste divise XIIIe s. Se ele est d'amour esprise, Malement lui est membré [souvenu] Comment j'ai à sa devise Sans nul contredit esté Lors parlerent li evesques et li clergiés au peuple, et leur monstrerent qu'il fussent confès et feïst chascuns d'aus [eux] sa devise Li quens Joffrois del Perche s'acoucha de maladie,…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Figure accompagnée d’une phrase exprimant d’une manière allégorique et brève quelque pensée, quelque sentiment. Devise ingénieuse. Graver une devise. Choisir une devise.

  2. Il se dit aussi, en termes de Blason, de la Sentence qui accompagne les armoiries. Tous les chevaliers du carrousel portaient chacun une devise. Il a pris telle devise. La devise de Louis XIV était un soleil qui éclaire un monde, avec ces mots : NEC PLURIBUS IMPAR.

  3. Le corps de la devise, La figure de la devise. L’âme de la devise, Les paroles de la devise.

  4. Il se dit, par extension, d’Un ou de plusieurs mots formant une espèce de sentence qui exprime en quelques mots les manières de penser, de sentir, d’agir de quelqu’un : Plutôt mourir que faillir. Diversité, c’est ma devise.

  5. Il se dit spécialement, en termes de Banque, des Billets de banque de tel ou tel état. Acheter des devises étrangères.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • devises — pluriel — /dəvizə/
  • devise — singulier — /dəvizə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée devise#20386.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.