deuil
nom, masculin, /dœj/
Définitions
Douleur profonde éprouvée à la suite de la mort d'un proche.
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Période durant laquelle on porte les marques extérieures de cette douleur.
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Ensemble des vêtements ou des signes manifestant cette douleur.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. m.
Profonde tristesse causée par une grande calamité, par la perte de quelqu'un. La perte de plusieurs navires, corps et biens, jeta ce port de mer dans le deuil. Le jour de sa naissance fut un jour de deuil pour sa mère. Familièrement. Faire son deuil d'une chose, n'y plus compter, et se résigner à sa perte.
.... L'extrême deuil dont mon âme est atteinte — Jean Mairet (1604-1686)
Il est très assuré que je mourrais de deuil, Si le glaive des miens l'avait mis au cercueil — Jean Mairet (1604-1686)
Fig. et poétiquement. Le deuil de la nature, l'aspect triste de la nature par l'effet de l'hiver ou de toute autre cause.
La terre qui s'ébranle et se couvre de deuil — Massillon (1663-1742)
De la croix où ton œil sonda ce grand mystère, Tu vis ta mère en pleurs et la nature en deuil — Lamartine (1790-1869)
Il se dit des signes extérieurs du deuil. Grand deuil, le costume de deuil dans toute sa rigueur pendant les premiers temps qui suivent la mort de la personne perdue. Petit deuil, costume de deuil devenu moins sévère à mesure qu'on s'éloigne davantage de l'époque de la mort. Deuil de cour, costume de deuil que prend la cour quand meurt quelqu'un de la famille régnante ou quelqu'un des princes des maisons souveraines de l'Europe.
On prend ici le deuil de M. le duc d'Anjou — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mlle Duplessis en grand deuil — Mme de Sévigné (1626-1696)
Couleur de deuil. Le deuil est noir pour les particuliers. Le violet est le deuil des rois. Très familièrement. Avoir les ongles en deuil, les avoir noirs, malpropres.
Dépenses faites pour prendre le deuil. Donner tant à une veuve pour son deuil.
Le temps du deuil. Elle attend la fin de son deuil.
Cortége de parents et d'amis dans les funérailles. Conduire le deuil, être en tête du cortége funéraire.
Le chevalier n'aura point un enterrement magnifique, comme on prétendait : ils voulaient un prince du sang pour conduire le deuil ; M. le prince a dit qu'il était incommodé ; M. le duc, que cela était bon du temps passé, et que les princes du sang de ce siècle-ci sont plus grands seigneurs qu'ils n'étaient — Mme de Sévigné (1626-1696)
Les étoffes, ordinairement noires, dont on tend une chambre, une église, etc. Tendre une chambre, une église de deuil.
Demi-deuil, moitié du temps du deuil. Costume que les parents d'un défunt portent après que la moitié du temps de leur deuil est expirée. Le demi-deuil n'est pas aussi sévère que le grand deuil. Fig.
À l'heure où de la nuit le lugubre flambeau D'un pâle demi-deuil revêt tes sept collines — Lamartine (1790-1869)
Dans la botanique et l'entomologie, deuil se dit d'êtres qui, dans leur coloration, offrent un mélange de noir et de blanc. Grand deuil, petit deuil, espèces de papillons. Faire le deuil sur la fosse, acquitter sur-lechamp une dette peu honnête du défunt.
Demi-deuil, nom vulgaire de l'argé galatée (lépidoptères diurnes), appelée aussi galatée, et par certains auteurs, satyre galatée ; tandis que d'autres la nomment satyre demi-deuil — Benjamin Legoarant (1792-1863)
Étymologie : Voy. DOULOIR. Picard (Boulonnais), dol ; Mayenne, duel ; wallon, doû ; rouchi, doel ; provenç. dol ; espagn. duelo ; ital. duolo. Il est très probable que l'auteur du jeu des trois rois (mystère du XVe s.) prononçait duel comme on prononce dans la Mayenne ; car il fait rimer avec hardel ce mot, qui pour lui est de deux syllabes, tandis que dans les textes plus anciens duel, prononcé deul, est constamment monosyllabe : Tuer nous fault, par grand desroy, Tous les enfans que trouverons.... Tant qu'arons tué le hardel, Qui tant de peine et de duel Nous fait ; avant, ne lessons rien. Dans l'ancienn
Historique : XIe s. Donc [il] ad tel doel, pour poi d'ire ne fent Dient Franceis : Deus ! quel doel de [de la mort du] prodhome Charles se gist, mais doel a de Rolant Ce dist li reis : Seigneur, vengez vos doels XIIe s. Les dox [régime pluriel] Voir, dit Rolant, ce est diaus et pitiés Comenciez est li dex et li estriz Charles fait duel, onques hon ne fit tel Car cil qui voit tel amor desevrer [séparer], A assez plus de duel et de pesance Que n'auroit jà li rois s'il perdoit France De duel pleure li dux, et de pitié souspire Deus ! quel duel des prelaz que lur mestier ne funt ! Mucie est la lumiere qui escl…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Affliction, douleur qu’on éprouve de la perte de quelqu’un. Cette guerre a plongé beaucoup de familles dans le deuil. Donner des signes de deuil.
Il se dit, par extension, d’une Grande tristesse causée par une chose funeste, déplorable. Le jour où l’on apprit la mort de ce grand homme d’état fut un jour de deuil.
Poétiq. et fig., Le deuil de la nature se dit de l’Aspect triste de la nature pendant la mauvaise saison. On dit, dans le même sens, La nature est en deuil.
Il désigne par extension les Vêtements noirs, le crêpe, les voitures drapées, et tout ce qui, à l’extérieur, caractérise la tristesse à l’occasion de la mort. Vêtu de deuil. S’habiller de deuil. Prendre le deuil. être en deuil. être en deuil de quelqu’un. Quitter le deuil. Habit de deuil. Voiture de deuil. Demi-deuil. Porter le deuil. Il porte le deuil de son frère. Tendre une église de deuil. Magasin de deuil. Papier de deuil.
Il se dit encore du Temps pendant lequel se porte le deuil. On a abrégé les deuils. Le deuil des veuves ne dure plus qu’un an. L’année de deuil.
Il se dit en outre du Cortège des parents qui assistent aux funérailles de quelqu’un. J’ai vu passer le deuil. Mener, conduire le deuil.
Fam., Faire son deuil d’une chose, La regarder comme une chose sur laquelle il ne faut plus compter, ou comme une chose perdue, et se résigner à s’en passer.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- deuils — pluriel — /dœj/
- deuil — singulier — /dœj/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée deuil#20349.