dette

dette

nom, féminin, /dɛtə/

Définitions

  1. Somme d'argent que l'on doit à quelqu'un.

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  2. Ensemble des sommes empruntées par un État ou une collectivité.

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  3. Obligation morale envers quelqu'un à qui l'on doit de la reconnaissance.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Ce qu'on doit à quelqu'un. Être criblé de dettes. être noyé de dettes, avoir des dettes par-dessus la tête, devoir beaucoup plus qu'on n'a vaillant. Dettes criardes, sommes dues à des ouvriers, à de petits marchands, à des fournisseurs de tous les jours, et qui sont réclamées avec insistance. Dettes d'honneur, dettes contractées sur l'honneur, et, particulièrement, dettes de jeu (les dettes de jeu étant ainsi nommées parce qu'on ne peut les faire valoir en justice). Dette véreuse, celle dont le remboursement n'est pas sûr.

    Eh bien ! je prends sur moi la dette tout entière — Tristan L'Hermite (1601-1655)

    Un tas d'hommes perdus de dettes et de crimes — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Terme de jurisprudence. Dette privilégiée, celle pour laquelle on a un privilége, de sorte qu'elle est payée avant toutes les autres. Dette réelle, dette à laquelle on n'est tenu qu'à raison d'un immeuble que l'on détient. Dette propre, celle à laquelle l'un des conjoints est tenu sur ses biens personnels. Avouer une dette, avouer la dette, nier, désavouer la dette, convenir, nier qu'on doit la somme dont il est question. Fig. Avouer la dette, nier la dette, avouer une chose qu'on voudrait cacher, la nier. J'en fais ma dette, je m'en rends caution. Dette hypothécaire, dette garantie par hypothèque. Dettes actives, celles dont on a le droit d'exiger le payement ; dettes passives, celles qu'on est obligé de payer.

    La princesse : Non je ne puis souffrir qu'il soit heureux avec une autre, et, si la chose était, je crois que j'en mourrois de déplaisir. - Moron : Ma foi, madame, avouons la dette, vous voudriez qu'il fût à vous — Molière (1622-1673)

    Parlons à cœur ouvert, et confessons la dette : Je suis un peu coquet, tu n'es pas mal coquette — Regnard (1655-1709)

  3. Terme de finances. Dettes publiques, les sommes que l'État a empruntées et pour lesquelles il paye un intérêt annuel nommé rente. Dette flottante, la partie de la dette publique qui se compose d'emprunts momentanés remboursables dans des termes assez rapprochés. Les bons du trésor font partie de la dette flottante. Dette consolidée, l'ensemble de la dette qui se trouve inscrite au grand-livre.

    Il est étonnant, mais il est vrai, que cette immense dette [2 600 000 000, à la fin de Louis XIV] n'aurait point été un fardeau impossible à soutenir, s'il y avait eu alors un commerce florissant, un papier de crédit établi, et des compagnies solides qui eussent répondu de ce papier comme en Suède, en Angleterre, à Venise et en Hollande — Voltaire (1694-1778)

    Les dettes publiques ont, de l'aveu de tous les hommes éclairés, sensiblement affaibli les Provinces-Unies et altéré la félicité générale par l'augmentation progressive des impôts dont elles ont été la source — Raynal (1713-1796)

  4. Prison où les créanciers font détenir leurs débiteurs. Il est à la dette.

  5. Fig. Tout devoir dont l'accomplissement est indispensable. Acquitter la dette de la reconnaissance. La dette que nous contractons envers nos parents. Payer sa dette à la patrie, se dit du jeune homme qui entre au service militaire, ou bien de l'homme qui, se mariant, donne des enfants au pays. Payer sa dette à la nature, payer la dette de la nature, mourir.

    [Il] .... cesse de devoir quand la dette est d'un rang à ne point l'acquitter qu'aux dépens de son sang — Pierre Corneille (1606-1684)

    Si vous lui devez tant, ne me devez-vous rien ? Et lui faut-il payer vos dettes de mon bien ? — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Latin, debitum, chose due, de debere (voy. DEVOIR, v. a.). Le genre de dette a varié ; tantôt on l'a fait masculin à cause de l'étymologie ; tantôt on l'a fait féminin à cause de la finale féminine ; c'est ce genre qui a prévalu.

Historique : XIIe s. E tote la dette real e ço que est à venir au rey de dete des ore en avant, je te pardoing Cil sevent la deite e l'onor Qu'il [Dieu] quiert, qu'il volt que l'om li face De mil soupirs que je lui doi par dete XIIIe s. Tere [il] avoit bien cinq cens livrées, Se toutes fuissent delivrées De detes et d'assenemens Si avint que li rois lor peres moru, et li convint paier le debte que nous paierons tous Chevalier ne puet ne ne doit, par l'assise dou reaume de Jerusalem, estre aresté por dette que il deit Cil à qui les dettes sont deues, ne poent pas toutes lor detes demander à l'un des oirs XI…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Ce qu’on doit à quelqu’un. Il se dit plus particulièrement d’une Somme d’argent. Contracter, faire des dettes. Payer, acquitter une dette, des dettes. N’avoir pas un sou de dettes. être accablé de dettes, perdu de dettes, criblé de dettes.

  2. Dettes actives, Les sommes dont on est créancier; par opposition à Dettes passives, Celles dont on est débiteur. Faire l’état de ses dettes actives et passives.

  3. Dette hypothécaire, Dette qui est garantie par une hypothèque. Dette privilégiée, Celle pour laquelle le créancier a un privilège spécial. Dette exigible, Celle qu’on peut exiger actuellement. Dette personnelle, Dette qui est attachée à la personne du débiteur. Dette réelle, Dette à laquelle on n’est obligé qu’à raison d’un immeuble que l’on détient. Dette propre, Dette à laquelle un des conjoints est tenu sur ses biens personnels.

  4. Dettes d’honneur, Dettes qui ne sont garanties que par l’honnêteté du débiteur et qu’on ne peut faire valoir en justice. On nomme ainsi particulièrement les Dettes de jeu. Il se dit figurément de Toute obligation morale dans laquelle l’honneur est intéressé.

  5. Fam., Dettes criardes, Petites sommes qu’on doit à des ouvriers, à des marchands, et dont ils sollicitent le paiement avec importunité.

  6. Spécialement, Dette publique, Ensemble des sommes empruntées par l’état à des particuliers auxquels il sert un revenu dit Rente.

  7. Le Grand Livre de la Dette publique. Voyez

  8. LIVRE.

  9. Dette nationale, Ensemble des obligations contractées par une nation envers des particuliers prêteurs.

  10. Dette flottante, Somme des capitaux reçus en dépôt par le Trésor public, laquelle n’est jamais fixe et varie toujours suivant les dépôts et les retraits.

  11. Dette consolidée ou Dette perpétuelle, Emprunt dont la rente seule est exigible.

  12. Il se dit figurément de Tout ce qu’on doit ou qu’on veut faire en retour de quelque chose; et, en général, de Toute chose qu’on ne peut se dispenser de faire, d’accomplir. Acquitter la dette de la reconnaissance, les dettes de l’amitié. La dette que nous contractons envers nos parents. C’est une dette sacrée. Payer sa dette à la patrie.

  13. Payer la dette de la nature, sa dette à la nature, Mourir.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • dettes — pluriel — /dɛtə/
  • dette — singulier — /dɛtə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dette#20347.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.