détour
nom, masculin · /dɛtuʁ/ ou /detuʁ/
Usage : fréquent (16 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Trajet plus long qu'on emprunte à la place du chemin direct.
Nous avons fait un détour par la côte pour voir la mer.
« À la nuit, au hasard, que je dois rendre grâce ! De détours en détours m'amener jusqu'ici ! C'est conduire fort bien que s'égarer ainsi ! »Collin d'Harleville (1755-1806)
« Les ennemis ont fait un grand détour pour éviter les passages gardés »Fénelon (1651-1715)
Moyen indirect employé pour éviter d'aborder quelque chose franchement.
« De quelque belle apparence que l'iniquité se couvrît, il en pénétrait les détours, et d'abord il savait connaître, même sous les fleurs, la marche tortueuse de ce serpent »Bossuet (1627-1704)
« Ah ! loin de m'ordonner cet horrible détour, Si votre cœur était moins plein de son amour, Je vous verrais sans doute en rougir la première »Jean Racine (1639-1699)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : au détour de · mériter le détour · sans détour
Grammaire et formes (2)
- détours : pluriel · /detuʁ/ ou /dɛtuʁ/
- détour : singulier · /detuʁ/ ou /dɛtuʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 4 sens
s. m.
Changement de direction. La rivière fait là un détour. Le détour d'une rue, d'un promontoire.
Un de mes gens la garde au coin de ce détourMolière (1622-1673)
Allez m'attendre au prochain détour ; je vous dirai dans un moment ce qu'il faudra faireRegnard (1655-1709)
Voie sinueuse et difficile à reconnaître et à suivre.
Il le fit avancer, afin de reconnaître les détours des montagnesVaugelas (1585-1650)
Pour esquiver sa flamme et ses discours, Elle cherchait les plus secrets détoursBENSERADE
Par extension, voie détournée, allongée. C'est un détour de plus d'une lieue. Fig. Les détours du cœur, ses replis secrets.
Je veux vous remercier d'avoir pris un détour pour éviter ces petits ruisseauxMme de Sévigné (1626-1696)
Les ennemis ont fait un grand détour pour éviter les passages gardésFénelon (1651-1715)
Moyen subtil, ruse, biais. Les détours de la chicane. Sans détour, sans rien cacher, sans subterfuge. Être sans détour, être franc, ouvert, loyal.
Mais certes le détour est un peu surprenantPierre Corneille (1606-1684)
C'est ce qu'il y a de bon en vous, que vous n'allez point chercher de détoursMolière (1622-1673)
Étymologie : Dé.... préfixe, et tour ; bourguig. détor.
Historique : XIIe s. Cil sait mout bien les destors du païs XIIIe s. Grains [chagrin] et marriz, fist tant par sa maistrise [habileté], Que à la dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour En ung destor fu li cuvers [perfide] D'erbes et de fuelles couvers. Por ceus espier et sorprendre Qu'il voit as roses la main tendre Où sera leur destors, où sera leur refuges Se li puis est en destor, et non pas hantés de gent, on doit moult penre garde s'il [l'homme assassiné] estoit hays ou maneciés de nului XVIe s. Et l'eust voulentiers veu en personne, ne feust que Xenomanes l'en descouraigea, tant pour le gr…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 7 sens
n. m.
Action de s’écarter du chemin direct. La rivière fait là un détour, fait plusieurs détours. J’ai fait un grand détour pour arriver. Fig., Les détours du coeur, Les replis secrets du coeur.
Il signifie aussi Endroit où un chemin change de direction. Il y a un détour à droite, à gauche. Il l’attendit à un détour. Le détour de la rue. Les détours d’un labyrinthe. Se perdre dans les détours d’un souterrain. Il connaît tous les détours de ce bois.
Il se dit également d’un Chemin qui éloigne du droit chemin. N’allez pas par là, vous prenez un trop grand détour. Se perdre dans un détour. C’est un détour de plus d’une lieue, il y a plus d’une lieue de détour.
Fig., Il est revenu, pour un long détour, à sa première hypothèse.
Il se dit figurément, surtout au pluriel, des Discours dans lesquels on ne s’exprime que d’une manière indirecte, par crainte ou par ménagement, par délicatesse, etc. Pourquoi ces détours? Parlez-moi franchement. Prendre des détours, de grands, de longs détours, Parler sans détour, sans aucun détour.
Il désigne également Toute espèce de biais, de moyens adroits, de ruse, de subtilité, pour éluder quelque chose, pour venir à bout de ce qu’on veut faire. Je connais ses tours et détours. Le détour est fin. User de détours. Voilà un détour que je n’avais point prévu.
être sans détour, être loyal, franc, ne jamais user de faux-fuyants.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée détour#24040.