détour
nom, masculin, /dɛtuʁ/ ou /detuʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. m.
Changement de direction. La rivière fait là un détour. Le détour d'une rue, d'un promontoire.
Un de mes gens la garde au coin de ce détour — Molière (1622-1673)
Allez m'attendre au prochain détour ; je vous dirai dans un moment ce qu'il faudra faire — Regnard (1655-1709)
Voie sinueuse et difficile à reconnaître et à suivre.
Il le fit avancer, afin de reconnaître les détours des montagnes — Vaugelas (1585-1650)
Pour esquiver sa flamme et ses discours, Elle cherchait les plus secrets détours — BENSERADE
Par extension, voie détournée, allongée. C'est un détour de plus d'une lieue. Fig. Les détours du cœur, ses replis secrets.
Je veux vous remercier d'avoir pris un détour pour éviter ces petits ruisseaux — Mme de Sévigné (1626-1696)
Les ennemis ont fait un grand détour pour éviter les passages gardés — Fénelon (1651-1715)
Moyen subtil, ruse, biais. Les détours de la chicane. Sans détour, sans rien cacher, sans subterfuge. Être sans détour, être franc, ouvert, loyal.
Mais certes le détour est un peu surprenant — Pierre Corneille (1606-1684)
C'est ce qu'il y a de bon en vous, que vous n'allez point chercher de détours — Molière (1622-1673)
Étymologie : Dé.... préfixe, et tour ; bourguig. détor.
Historique : XIIe s. Cil sait mout bien les destors du païs XIIIe s. Grains [chagrin] et marriz, fist tant par sa maistrise [habileté], Que à la dame en un destour A fait sa plainte et sa clamour En ung destor fu li cuvers [perfide] D'erbes et de fuelles couvers. Por ceus espier et sorprendre Qu'il voit as roses la main tendre Où sera leur destors, où sera leur refuges Se li puis est en destor, et non pas hantés de gent, on doit moult penre garde s'il [l'homme assassiné] estoit hays ou maneciés de nului XVIe s. Et l'eust voulentiers veu en personne, ne feust que Xenomanes l'en descouraigea, tant pour le gr…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Action de s’écarter du chemin direct. La rivière fait là un détour, fait plusieurs détours. J’ai fait un grand détour pour arriver. Fig., Les détours du coeur, Les replis secrets du coeur.
Il signifie aussi Endroit où un chemin change de direction. Il y a un détour à droite, à gauche. Il l’attendit à un détour. Le détour de la rue. Les détours d’un labyrinthe. Se perdre dans les détours d’un souterrain. Il connaît tous les détours de ce bois.
Il se dit également d’un Chemin qui éloigne du droit chemin. N’allez pas par là, vous prenez un trop grand détour. Se perdre dans un détour. C’est un détour de plus d’une lieue, il y a plus d’une lieue de détour.
Fig., Il est revenu, pour un long détour, à sa première hypothèse.
Il se dit figurément, surtout au pluriel, des Discours dans lesquels on ne s’exprime que d’une manière indirecte, par crainte ou par ménagement, par délicatesse, etc. Pourquoi ces détours? Parlez-moi franchement. Prendre des détours, de grands, de longs détours, Parler sans détour, sans aucun détour.
Il désigne également Toute espèce de biais, de moyens adroits, de ruse, de subtilité, pour éluder quelque chose, pour venir à bout de ce qu’on veut faire. Je connais ses tours et détours. Le détour est fin. User de détours. Voilà un détour que je n’avais point prévu.
être sans détour, être loyal, franc, ne jamais user de faux-fuyants.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- détours — pluriel — /detuʁ/ ou /dɛtuʁ/
- détour — singulier — /detuʁ/ ou /dɛtuʁ/
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