désir

désir

nom, masculin, /dɛziʁ/ ou /deziʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Envie d'obtenir, d'avoir quelque chose.

    Ma troisième maxime était de tâcher toujours plutôt à me vaincre que la fortune, et à changer mes désirs que l'ordre du monde, et généralement de m'accoutumer à croire qu'il n'y a rien qui soit entièrement en notre pouvoir que nos pensées — Descartes (1596-1650)

    C'est en la paix que toutes choses Succèdent selon nos désirs ; Comme au printemps naissent les roses, En la paix naissent les plaisirs — Malherbe (1555-1628)

  2. Bon désir, désit conforme à la volonté de Dieu, bonne intention. Dans un sens général.

    Daignez écouter là-dessus mon désir, si c'est un bon désir — Bourdaloue (1632-1704)

    Ils forment mille bons désirs — Massillon (1663-1742)

  3. Désir a quelquefois le sens de désir ardent. Il signifie aussi le sentiment qui pousse un sexe vers l'autre.

    Chemin faisant, Hispal expliquait ses désirs Moitié par ses discours, moitié par ses soupirs — La Fontaine (1621-1695)

    Son miroir lui disait : prenez vite un mari ; Je ne sais quel désir le lui disait aussi — La Fontaine (1621-1695)

  4. L'objet même du désir.

    Léon seul est ma joie, il est mon seul désir — Pierre Corneille (1606-1684)

    Tout ce qui de mon cœur fut l'unique désir — Jean Racine (1639-1699)

  5. Terme d'ancienne pratique. Au désir de l'ordonnance, au désir de la coutume, suivant l'ordonnance, suivant la coutume.

Étymologie : Voy. DÉSIRER ; provenç. dezir, desire ; ital. desire. Désir n'est pas formé du latin desiderium, qui avait donné dans l'ancienne langue, à côté de désir, desirier ; c'est un substantif créé par les langues romanes sur le verbe désirer ; former un substantif sur le verbe est un procédé très commun dans les langues vulgaires. L'ancien français disait aussi desirance.

Historique : XIIe s. Assez aim [j'aime] mieus mourir en bon desir Que vivre iréz et m'amie haïr Mais fol desir fait souvent cuer penser En si haut lieu qu'il n'i peut avenir Et si [je] me suis mis à sa volenté Que nuls travaus mon desir ne refreigne [Cela] Me fait resouvenir De là où tuit mi bon desir Sont et seront jusqu'au mourir Au mont [monde] [je] ne truis [trouve] tant bele ne si sage, Ne nule riens n'est tant à mon desir Mais bien me pourra grever Lons desirs sans conforter XIIIe s. Pour Dieu [je] la pri, qui tant l'a honorée Que chascuns qui la voit en a desir, Qu'ele ait merci de moi sans demeurée…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Action de désirer. Désir vif, ardent, violent, extrême. Désir déréglé, insatiable. Vain désir. Désir aveugle. Désir criminel. Le désir du gain, de la gloire, des honneurs, des richesses. Le désir de plaire. Brûler de désir. Modérer, contenter, satisfaire, assouvir son désir, ses désirs. Allumer, exciter les désirs. Au gré de ses désirs. Selon ses désirs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • désirs — pluriel — /deziʁ/ ou /dɛziʁ/
  • désir — singulier — /deziʁ/ ou /dɛziʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée désir#23885.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.