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désert

désert

nom, masculin · /dɛzɛʁ/ ou /dezɛʁ/

Usage : fréquent (35 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Vaste étendue de terrain aride et peu habitée.

    Les caravanes traversent le désert à l'aube.

    « Voici le plus beau désert qu'on puisse voir ; n'admirez-vous pas ces ruisseaux qui tombent des montagnes, ces rochers escarpés, et en partie couverts de mousse ? »Fénelon (1651-1715)

    « Les déserts autrefois peuplés de sénateurs Ne sont plus habités que par leurs délateurs »Jean Racine (1639-1699)

  2. Lieu ou situation caractérisée par une absence quasi totale de présence ou d'activité.

    Ce quartier est un désert culturel après vingt heures.

    « Je ne me plais qu'avec le monde, et tout sans lui m'est un désert et m'ennuie »Bourdaloue (1632-1704)

    « Quel plan de philosophie plus simple [que celle de Platon] ! quelles vues plus nobles ! mais quel vide ! quel désert de spéculation ! »Buffon (1707-1788)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : désert médical · prêcher dans le désert · traverser le désert

Grammaire et formes (2)
  • déserts : pluriel · /dezɛʁ/ ou /dɛzɛʁ/
  • désert : singulier · /dezɛʁ/ ou /dɛzɛʁ/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 3 sens

s. m.

  1. Lieu, pays sauvage et désert. Fig.

    L'esprit de Dieu conduit Benoît au désertMassillon (1663-1742)

    Quel climat, quel désert a donc pu te cacher ?Jean Racine (1639-1699)

  2. Par extension, lieu, pays peu habité, retiré. Par exagération. Faire un désert de sa maison, ne recevoir personne. Familièrement. Parler, prêcher dans le désert, n'être pas écouté. Se retirer au désert, dans le langage de Port - Royal, s'enfermer dans une étroite retraite. Aller entendre la parole de Dieu au désert, locution des protestants qui, après la révocation de l'édit de Nantes, se réunissaient dans des lieux écartés et déserts pour entendre le prêche, qui était interdit sous des peines très sévères.

    Il n'y a rien ici, c'est un désertMme de Sévigné (1626-1696)

    Et parfois il me prend des mouvements soudains De fuir dans un désert l'approche des humainsMolière (1622-1673)

  3. Fig. Absence complète, manque absolu.

    Quel plan de philosophie plus simple [que celle de Platon] ! quelles vues plus nobles ! mais quel vide ! quel désert de spéculation !Buffon (1707-1788)

Étymologie : Provenç. et espagn. desert ; espangn. desierto ; ital. deserto ; du latin desertum (voy. DÉSERT 1).

Historique : XIIe s. Auquant home s'en estoient alé el desert E li reis Sedechias s'enfuid par la champaine del desert Et cest vin, que ces [ceux-là] en beivent qui se alasseront [lasseront] par aventure al desert Deus enseverad [mit à part] le lignage Levi, et eslit et retint especialment à son servise del tabernacle, qui primes fud levez al desert de Sinaï [Le mal] Que nous soufrons en cest desert sauvage XIIIe s. Or vois comme Fortune sert Çà jus en ce mondain desert XIVe s. Ne tint voie ne sente li drommons soufisans, Vers Inde le [la] majour, es desers d'Abrahans XVIe s. Ceulx de qui la mer, les monta…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens

n. m.

  1. Zone inculte et dépourvue d’habitants. Un immense désert. Le désert du Sahara. Le désert de Gobi. Le sable des déserts. Fig. et fam., Prêcher dans le désert. Voyez PRÊCHER.

  2. Il se dit, par exagération, d’un Lieu où il y a peu d’habitants; et, figurément, d’un Lieu dans lequel on se trouve fort isolé, quoiqu’il ne manque point d’habitants. Cette ville est un vrai désert. Durant les mois d’été, Paris est un désert.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée désert#23808.

désert

adjectif · /dɛzɛʁ/ ou /dezɛʁ/

Usage : fréquent (30 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui n'est pas ou peu habité, en parlant d'un lieu.

    Ils ont atterri sur une île déserte au milieu du Pacifique.

    Synonyme : inhabité.

    « C'est un instinct commun à tous les êtres sensibles et souffrants de se réfugier dans les lieux les plus sauvages et les plus déserts »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)

    « Dans l'Orient désert quel devint mon ennui ! »Jean Racine (1639-1699)

  2. Qui n'est pas fréquenté à un moment donné, sans passants ni visiteurs, en parlant d'un lieu public : une rue déserte à minuit.

    À cette heure, la plage était déserte et silencieuse.

    Synonyme : vide.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • désertes : pluriel féminin · /dezɛʁtə/ ou /dɛzɛʁtə/
  • déserts : pluriel masculin · /dezɛʁ/ ou /dɛzɛʁ/
  • déserte : singulier féminin · /dezɛʁtə/ ou /dɛzɛʁtə/
  • désert : singulier masculin · /dezɛʁ/ ou /dɛzɛʁ/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 3 sens

adj.

  1. Qui est sauvage et sans habitants. Une campagne déserte. île déserte. Vide, dépeuplé.

    C'est un instinct commun à tous les êtres sensibles et souffrants de se réfugier dans les lieux les plus sauvages et les plus désertsBernardin de Saint-Pierre (1737-1814)

    L'île était déserte, lorsque les Français y abordèrent en 1720 et changèrent son nom de Maurice en celui d'île de France qu'elle porte encoreRaynal (1713-1796)

  2. Par exagération, très peu fréquenté. Rue déserte. Quartier désert. Fig. Où n'est plus la personne, la chose qui faisait le charme du lieu.

    Ces portiques, ces lieux que vous voyez déserts, De nombreux citoyens seront bientôt couvertsVoltaire (1694-1778)

    Enfants infortunés d'une ville déserte....Voltaire (1694-1778)

  3. Terme d'ancienne pratique. Un appel était désert, quand celui qui l'avait interjeté ne l'avait pas relevé par lettres dans les trois mois.

Étymologie : Bourguig. dézar ; provenç. et catal. desert ; espagn. desierto ; ital. deserto ; du latin desertus, de deserere, abandonner. Dans l'ancienne langue, désert avait sa signification complète et s'appliquait aux personnes dans le sens d'abandonné, de privé de.

Historique : XIe s. Puis [depuis] icel jour en fut cent ans deserte De tels barons come ore [la France] maint [demeure] deserte ! XIIe s. François mourront, desert iert [sera] li païs XIIIe s. Ele ert [était] en la forest toute la plus deserte XIVe s. ....La vertu moienne.... est innomée aussi comme se elle fust deserte XVe s. Il n'y auroit jamais nul recouvrer que nous et nos hoirs ne feussions destruits, et toute l'Angleterre deserte et en ruine XVIe s. Craignant de voir habiter en sa cité un desert [homme sans ressources] necessiteux et indigent, sans heritage ne maison Lors il se trouvoit [Aratus] pauv…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens

adj.

  1. Qui est inhabité ou qui n’est guère fréquenté. Lieu désert. Pays désert. Campagne déserte. île déserte. Ville déserte. Rue déserte.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée désert#23809.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.