derrière

derrière

préposition, /dɛʁjɛʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens)

Littré (1873)

prép.

  1. En arrière de, au dos de, au revers de. Avoir les mains liées derrière le dos. Regarder derrière soi, tourner la tête pour regarder en arrière. Fuir sans regarder derrière soi, fuir à la hâte et précipitamment.

    Il s'est retiré derrière un retranchement — Perrot d'Ablancourt (1606-1664)

    Il se lève, et soudain pour signal, Achillas Derrière ce héros tirant son coutelas.... — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. À la suite. Ses gens venaient derrière lui. Fig. Le désappointement marche derrière l'enthousiasme. Laisser quelqu'un bien loin derrière soi, ou, adverbialement, bien loin derrière, le surpasser.

    Au XVe siècle, l'Italie laissait bien loin derrière elle tout le reste de l'Europe — Raynal (1713-1796)

  3. Adv. En arrière. Sens devant derrière, loc. adv. En mettant le devant à la place du derrière. Elle a mis son bonnet sens devant derrière (voy. SENS). Terme de chasse. Derrière ! commandement pour arrêter un chien et le faire demeurer derrière.

    Nous demeurâmes un peu derrière — Fénelon (1651-1715)

    Eucharis, rougissant et baissant les yeux, demeurait derrière, toute interdite, sans oser se montrer — Fénelon (1651-1715)

  4. S. m. La partie postérieure d'un objet. Le derrière de la maison. Le derrière de la tête. Terme de marine. Synonyme d'arrière et de poupe. Terme de peinture. Synonyme de champ ou de fond.

    Un lapin des plus agiles sort par les derrières du terrier et va avertir un berger voisin — Fénelon (1651-1715)

    M. du Maine monta dans le carrosse de M. le duc avec M. le prince de Conti, tous deux au derrière et lui au devant avec M. le comte de Toulouse — Saint-Simon (1675-1755)

  5. Le derrière, l'arrière-corps d'un logis. Il est logé sur le derrière. Porte de derrière, porte pratiquée dans le derrière d'un bâtiment. Fig. Porte de derrière, un faux-fuyant, une échappatoire. Il a toujours quelque porte de derrière, se dit d'un homme peu sincère qui trouve toujours quelque subterfuge.

    .... ce logis avait sur le derrière De quoi pouvoir introduire l'ami — La Fontaine (1621-1695)

    On ne veut point de bruit, on est sur le derrière — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. La partie inférieure et postérieure du corps. Populairement. Montrer le derrière, avoir des vêtements en si mauvais état que l'on peut apercevoir le linge ou le corps lui-même par des trous. Il signifie de plus fuir dans un combat, et aussi manquer aux promesses que l'on avait faites. Grossièrement. S'en torcher le derrière, faire peu de cas de quelque chose. Fig. et familièrement. Faire rage des pieds de derrière, faire tous ses efforts pour réussir.

    Après ce joli compliment, Qu'elle fit un peu brusquement, Elle lui tourna le derrière D'une dédaigneuse manière — Scarron (1610-1660)

    Mme de Castries aurait passé dans un médiocre anneau ; ni derrière, ni gorge, ni menton — Saint-Simon (1675-1755)

  7. Les derrières d'une armée, les corps qui viennent les derniers. Fondre sur les derrières de l'ennemi. Le côté auquel l'armée tourne le dos ; le pays qu'elle laisse derrière elle. Assurer ses derrières, les mettre en défense contre les attaques de l'ennemi.

  8. Terme de marine.

    Derrière carré, nom donné à une sorte de navire de charge dont l'arrière avait, dans ses œuvres mortes, la forme d'un carré. Un derrière carré de 150 tonneaux, chargé de sucre et de coton,

  9. Par derrière, loc. adv. Par le côté du dos. Aller au-devant par derrière, prévenir adroitement quelque disgrâce, se préparer un avantage par quelque précaution. Par derrière, loc. prépositive.

    On peut donc tuer par derrière.... — Pascal (1623-1662)

    J'ôterai ensuite ma main, et vous me verrez par derrière, mais vous ne pourrez voir mon visage — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

Étymologie : Picard, darière ; bourguig. darrei ; génev. les derrières, le derrière de la maison ; vivre sur les derrières, ne pas se tenir au courant de ce qui se passe ; provenç. dereire, dareyre ; catal. darrera ; ital. dietro, drieto ; du latin de et retro, qui a subsisté dans l'ancien français riere. L'ancienne forme detries, qui, comme le vers le montre, doit se lire detriés, est correspondante à l'italien dietro ; par une grande singularité l'r est tombée : detries pour de-retries, dietro pour di-retro ; quant à la finale ies, elle indique un ablatif pluriel d'une forme barbare retratus, mis en arri

Historique : XIe s. S'arere-garde [il] lairrat derere sei Sonent cil graile et derere et devant Il est darere od celle gent barbée XIIe s. [Il] Fiert Olivier enmi les dos deriez Souvent [il] regarde et derrier et devant Sun lit unt [ils ont], veant tuz, enz el mustier porté, Detries le grant autel e fait et aturné Ferid les e turmentad en la plus privée partie de lur cors, à lur detries XIIIe s. La vieille et sa fille orent pourparlé en derriere Derrier le haterel [ils] lui ont si fort noué [la corde] À destre et à senestre, et devant et derriere Par derriere l'autel s'ert [s'était] la bele mucie [cachée] …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (1)
  • derrière — forme de base — /dɛʁjɛʁə/

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derrière

adverbe

Grammaire et formes (1)
  • derrière — forme de base

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derrière

nom, masculin, /dɛʁjɛʁə/

Grammaire et formes (2)
  • derrières — pluriel — /dɛʁjɛʁə/
  • derrière — singulier — /dɛʁjɛʁə/

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Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.