déroute
nom, féminin · /deʁutə/ ou /dɛʁutə/
Usage : d'usage courant (3.49 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Fuite désordonnée et complète d'une armée ou d'une équipe vaincue, marquée par la débandade générale.
L'armée en déroute a abandonné ses canons sur le champ de bataille.
Synonyme : débâcle.
« Restait cette redoutable infanterie de l'armée d'Espagne, dont les gros bataillons serrés demeuraient inébranlables au milieu de tout le reste en déroute et lançaient des feux de toute part »Bossuet (1627-1704)
« Le cavalier en désordre sortit en déroute, croyant être ensorcelé [il s'agit d'aiguillettes nouées] »Mme de Sévigné (1626-1696)
Figurément, échec cuisant et effondrement complet d'une entreprise, d'un projet ou d'un parti politique, notamment lors d'une élection.
Le parti a subi une véritable déroute aux élections municipales.
Synonymes : débâcle, effondrement.
« C'est ainsi que souvent par une forcenée Une triste famille à l'hôpital traînée Voit ses biens en décret sur tous les murs écrits De sa déroute illustre effrayer tout Paris »Boileau (1636-1711)
« Elle en use comme on en use dans la déroute des familles »Massillon (1663-1742)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- déroutes : pluriel · /deʁutə/ ou /dɛʁutə/
- déroute : singulier · /deʁutə/ ou /dɛʁutə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Fuite de troupes rompues et en désordre.
Et contre son beau-père ayant besoin d'asiles, Sa déroute orgueilleuse en cherche aux mêmes lieux Où contre les titans en trouvèrent les dieuxPierre Corneille (1606-1684)
Je me vis en déroute avec toutes mes forcesPierre Corneille (1606-1684)
Déroute se dit aussi de la déconfiture ou déconvenue qu'éprouve une personne ou un parti. Mettre quelqu'un en déroute, le battre dans une discussion, le mettre hors d'état de répondre. Familièrement. Être, se mettre en déroute, se déranger. Il ne travaille plus depuis huit jours, il s'est mis en déroute, en pleine déroute ; le voilà encore en déroute.
Pour les mettre en déroute eux et tous leurs complices, Je n'ai qu'à déployer l'appareil des supplicesPierre Corneille (1606-1684)
Le cavalier en désordre sortit en déroute, croyant être ensorcelé [il s'agit d'aiguillettes nouées]Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Renversement total des affaires de quelqu'un.
Elle en use comme on en use dans la déroute des famillesMassillon (1663-1742)
C'est ainsi que souvent par une forcenée Une triste famille à l'hôpital traînée Voit ses biens en décret sur tous les murs écrits De sa déroute illustre effrayer tout ParisBoileau (1636-1711)
Étymologie : Ancien participe derout ou deront, qui signifie rompu, dispersé, du latin diruptus, de de ou di, et ruptus, rompu (voy. ROUTE et ROMPRE).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
Fuite de troupes qui ont été défaites ou qui ont pris l’épouvante d’elles- mêmes. Déroute complète. Dans la déroute, il se fit un grand carnage. Mettre une armée, mettre l’ennemi en déroute.
Il se dit figurément de la Ruine des affaires de quelqu’un. Ses affaires sont en déroute. Cet accident a mis la déroute dans ses affaires.
Fig. et fam., Mettre quelqu’un en déroute dans une dispute, Le déconcerter, le mettre hors d’état de répondre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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