dérivé · dérive

dérivé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Détourné de son courant, de son lit. Une rivière dérivée dans des prés qu'elle fertilise.

  2. Qui prend son origine.

    C'est de cette source que la beauté et la grâce sont dérivées — Bossuet (1627-1704)

    Notre ame est dérivée de celle de Dieu — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)

  3. Terme de grammaire. Qui se forme d'après un autre mot, par le changement de la désinence. Batteur, battage, battoir, sont des mots dérivés de battre. S. m. Mot formé d'un autre mot. Le verbe courir et ses dérivés.

  4. Terme de mathématique. Fonction dérivée ou, substantivement, une dérivée, nom donné par Lagrange aux divers coefficients différentiels, parce qu'en effet ces fonctions se déduisent de la fonction primitive au moyen de procédés analytiques invariables. La méthode des dérivées, le calcul différentiel.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • dérivées — pluriel féminin
  • dérivés — pluriel masculin
  • dérivée — singulier féminin
  • dérivé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dérivé#101580.

dérive

nom, féminin, /dɛʁivə/ ou /deʁivə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de mer. Il se dit aussi du nombre de brasses qui se trouvent entre le lieu où l'on a jeté la sonde et le lieu du vaisseau. L'angle de la dérive ou, simplement, la dérive, l'angle que la quille du bâtiment fait avec la direction réelle de sa route. La dérive vaut la route, c'est-à-dire le bâtiment qui est en panne ou à la cape est poussé par la dérive du côté où il doit aller. Il y a de la dérive, avoir belle dérive, se dit quand on est assez loin d'un endroit dangereux pour ne pas craindre d'y être entraîné par la dérive. Ce bâtiment va en dérive, il est détourné de sa route par les vents, par les courants. Aller, être en dérive, se dit aussi d'un bâtiment qui, ne gouvernant plus ou n'étant plus amarré, est entraîné par le courant. Être en dérive, flotter au gré du vent, des flots. Un radeau en dérive. Dérive ou drive, se dit, dans un bâtiment à plates varangues, de chacune des deux ailes dont on se sert pour empêcher le navire de dériver.

    La quantité dont un navire, poussé par le courant ou l'effort du vent, s'éloigne de la route qu'il s'était proposé de suivre ; cette quantité est mesurée par l'angle que fait la quille avec la direction donnée du bâtiment — Auguste Jal (1795-1873)

    Lettre portant qu'il a été fait [à Toulon] une troisième épreuve, sur un moyen vaisseau, de la nouvelle invention du sieur Caze, pour empêcher la dérive et le roulis des vaisseaux, et que tous les officiers qui y ont assisté en sont très édifiés

Étymologie : La première idée qui se présente est de rattacher dérive à dériver 2, qui signifie proprement sortir du ruisseau (lat. de rivo, hors du ruisseau). Mais cela ne peut se concilier avec la forme très réelle quoique plus rare qu'on trouve : drive et driver. Il faut donc en venir, comme a fait de Chevallet, à l'anglais to drive, qui a ce sens et qui sera entré très facilement parmi les populations maritimes. Néanmoins il faut admettre qu'il y a eu confusion entre l'anglais to drive et le français dériver. L'anglais to drive est l'anglo-saxon drifan, holland. dryven, danois driver, allem. treiben, p

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. de Marine — Déviation de la route d’un bâtiment, occasionnée par l’obliquité des voiles, orientées au plus près du vent. L’angle de la dérive, ou simplement La dérive, L’angle que la quille du bâtiment fait avec la direction réelle de sa route.

  2. Ce bâtiment va à la dérive, Le vent, les courants le détournent de sa route. Nous nous laissâmes aller à la dérive.

  3. Il y a de la dérive, se dit Quand on se trouve assez loin d’une côte ou d’un écueil, pour n’avoir pas à craindre d’y être poussé par la dérive. On dit de même Avoir belle dérive.

  4. Aller à la dérive, être en dérive, se dit de Ce qui flotte abandonné au gré du vent, du courant. Ce bateau est en dérive. Il signifie, figurément, N’avoir plus la force de se gouverner, être entraîné hors de la bonne direction. Cet homme va à la dérive.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • dérives — pluriel — /deʁivə/ ou /dɛʁivə/
  • dérive — singulier — /deʁivə/ ou /dɛʁivə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dérive#23624.

dérivé

nom, masculin

Grammaire et formes (2)
  • dérivés — pluriel
  • dérivé — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dérivé#100831.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.