démon
nom, masculin, /demɔ̃/ ou /dɛmɔ̃/
Voir aussi : forme féminine démone
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Dans le polythéisme ancien, génie, esprit bon ou mauvais. Le démon de Socrate, voix mystérieuse que Socrate disait lui parler et lui donner des conseils. Le Démon de Socrate, titre d'un livre où M. Lélut cherche à prouver que le démon de Socrate était, chez ce philosophe, une hallucination de l'ouïe. Fig.
Que l'honneur de mon prince est cher aux destinées ! Que le démon est grand qui lui sert de support ! — Malherbe (1555-1628)
Que saurait enseigner aux princes Le grand démon qui les instruit — Malherbe (1555-1628)
Dans la religion chrétienne, les diables, les esprits malins, par opposition aux anges. Le diable, Satan, prince des démons, et principe du mal. Les ruses du démon. Démon du midi, sorte de démon, signalé dans la Bible, et, par extension, nom donné à Philippe II, roi d'Espagne, à cause du mal qu'il faisait et de sa résidence dans un pays du midi. Fig. et familièrement, avoir de l'esprit comme un démon, avoir beaucoup d'esprit.
Que les démons et ceux qui les adorent Soient à jamais détruits et confondus ! — Jean Racine (1639-1699)
C'est une étrange vision, Et cependant, ange ou démon, J'ai vu partout cette ombre amie — Alfred de Musset (1810-1857)
Personne méchante qui se plaît à tourmenter les autres. Cet homme est un vrai démon, un démon incarné. Faire le démon, faire du bruit, s'emporter. Fairel le petit démon, même sens, avec cette nuance qu'il s'agit alors de quelque résistance de la part d'une jeune femme, d'un jeune homme, résistance qu'on veut caractériser d'une façon aimable. Faire le démon, se dit aussi en bonne part, en parlant d'une résistance ou d'une attaque honorable. Il se dit d'un enfant vif et malin. C'est un petit démon. Comme un démon, se dit sans y attacher nécessairement de mauvaise idée, pour signifier impétuosité, ardeur, violence, etc.
Votre esprit contre moi fait le petit démon — Molière (1622-1673)
Il a fait le petit démon quand je lui ai dit que vous m'aviez envoyé de l'argent pour lui, il n'en a que faire — Mme de Sévigné (1626-1696)
La cause de l'inspiration, des impulsions bonnes ou mauvaises. Le démon de la guerre, des combats.
Que faisonsnous, Romains ? Dit-il, et quel démon nous fait venir aux mains ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Quel démon vous irrite et vous porte à médire ? — Boileau (1636-1711)
Étymologie : Provenç. demoni ; catal. dimoni ; espagn. et ital. demonio ; du latin dæmonium, de dæmon, de δαίμων, génie bon ou mauvais.
Historique : XIVe s. Et semblablement à toutes choses appartenantes au cultivement des demones XVIe s. Comme si le daimon qui garde nostre France Eust fait avec le tien eternelle alliance XVIe s. Ajoutez : Demonium, demon
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Diable, malin esprit. Les démons de l’enfer. Une troupe de démons. Le démon lui a inspiré cela. Les ruses du démon.
Fig. et fam., C’est un démon, un vrai démon, un démon incarné, se dit d’une Personne et surtout d’un Enfant qui ne fait que tourmenter les autres. Quel enfant insupportable! c’est un vrai petit démon.
Fam., Avoir de l’esprit comme un démon, Avoir beaucoup d’esprit.
Il se prend aussi, dans le sens des Anciens, pour Génie, soit bon, soit mauvais. Le démon de Socrate.
Il se dit, au figuré, de la Cause à laquelle on attribue les inspirations de quelqu’un, la passion qui l’agite, etc. Quel démon vous agite? Le démon de la jalousie. Le démon du jeu le possède, s’est emparé de lui.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- démons — pluriel — /demɔ̃/ ou /dɛmɔ̃/
- démon — singulier — /demɔ̃/ ou /dɛmɔ̃/
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