déluge

déluge

nom, masculin, /dɛlyʒə/ ou /delyʒə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Très grande inondation.

    Ce fut de son temps qu'arriva le déluge de Deucalion ; celui d'Ogygès en Attique est beaucoup plus ancien — Rollin (1661-1741)

    Des êtres vivants sans nombre ont été victimes de ces catastrophes ; les uns, habitants de la terre sèche, se sont vus engloutis par des déluges ; les autres, qui peuplaient le sein des eaux, ont été mis à sec avec le fond des mers subitement relevé — CUV.

  2. Le déluge universel, ou, simplement, le déluge, celui qui est raconté par la Bible. Familièrement. Remonter au déluge, remonter fort loin dans le passé. Fig. Passons au déluge, abrégeons, arrivons au fait ; locution proverbiale prise des Plaideurs de Racine, où l'avocat disant : Avant la naissance du monde.... le juge dit : Avocat, ah ! passons au déluge ! III, 3. Fig. Être du temps du déluge, se dit de choses qui sont vieillies, hors d'usage, grossières comme dans les temps primitifs. Après moi le déluge ! Quoi qu'il arrive après ma mort, je m'en inquiète peu.

    Je m'en vais répandre les eaux du déluge sur la terre pour faire mourir toute chair qui respire — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    L'explication physique du déluge universel par la rencontre d'une comète dont la queue ou l'atmosphère aqueuse inonda notre globe et qui a été si bien mise en œuvre par M. Wiston dans sa nouvelle théorie de la terre, appartient primitivement à M. Halley — Dortous de Mairan (1678-1771)

  3. Par exagération, déluge se dit d'une très grande quantité de choses liquides dont on compare l'irruption à un déluge. Un déluge de pluie. Un déluge de sang, une très grande quantité de personnes tuées.

    D'un et d'autre côté ses chevaux bondissants D'un déluge de boue inondent les passants — RÉGNARD

    Il se plonge dans ce déluge de sang — Bossuet (1627-1704)

  4. Fig. Affluence innombrable d'hommes qui se précipitent comme un déluge. Par analogie et dans le même sens, en parlant des choses qui affluent. Un déluge d'explications, d'injures.

    C'était de là qu'étaient venus tous ces déluges d'armées qui avaient inondé la Grèce — Vaugelas (1585-1650)

    Il veut que de ces gens le déluge effroyable Atterre impunément les peuples qu'il accable — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Provenç. diluvi, dulivi ; espagn. et ital. diluvio ; du latin diluvium, de diluere, détremper, mouiller, de di, et luere, laver (voy. LOTION).

Historique : XIIe s. Par le delouve toz li mondes noia [fut noyé] Noé conduist l'arche par mei lo peril del duluve, en cui je reconois la forme de ceos [ceux] qui sainte eglise ont à governeir XIIIe s. Ains sera venu li deluge Qu'il isse mès de notre tour Comment dame Dex nostre sire Tout le mont par aighe noia, Quant le grant deluve envoia, Mahomet, 650 Tant pecha Li mondes et folia, Que Diex el siecle envoia Le diluve, qui noia Fors Noé qui eschapa XIVe s. Aussi est ce divers deluge Que pledoyer devant un juge Qui est suspect et haÿneux, Plain de vengence et convoiteux XVe s. Se je ne te sçay emboucler T…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Très grande inondation. Le déluge de Deucalion. Par exagération, Il pleut à verse, c’est un déluge.

  2. Le déluge universel, ou, elliptiquement, Le déluge, Le déluge qui, d’après le récit biblique, couvrit toute la terre et fit périr le genre humain, à l’exception de Noé et de sa famille. Avant le déluge. Après le déluge.

  3. Par exagération, Remonter au déluge, Remonter fort loin dans le passé.

  4. Fig., Passons au déluge! Abrégeons, arrivons au fait.

  5. Fig. et fam., Après moi le déluge, se dit pour faire entendre qu’on s’embarrasse peu de ce qui arrivera quand on n’existera plus, ou simplement quand on cessera d’être en fonctions.

  6. Il se dit, par extension et par exagération, en parlant de Choses, autres que l’eau, qui sont répandues, versées avec une extrême abondance. Un déluge de larmes, de pleurs.

  7. Il se dit, figurément, d’une Grande profusion de quelque chose que ce soit. Un déluge de maux. Un déluge de paroles, d’injures, de plaisanteries.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • déluges — pluriel — /delyʒə/ ou /dɛlyʒə/
  • déluge — singulier — /delyʒə/ ou /dɛlyʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée déluge#23044.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.