v. n.
Sortir d'un logement pour aller s'établir ailleurs. Ils délogent à chaque terme.
Familièrement, sortir d'un lieu. Fig.
La déesse Discorde ayant brouillé les dieux.... On la fit déloger des cieux — La Fontaine (1621-1695)
Ainsi donc au plus tôt délogeant de ces lieux — Boileau (1636-1711)
Partir, en parlant de troupes logées par étapes. Vieux en ce sens. Décamper. Ils délogèrent sans trompette. Fig. Déloger sans trompette, sans tambour ni trompette, se retirer secrètement, sans faire de bruit. Faire Jacques déloge, s'en aller au plus vite et sans bruit. L'explication est : Jacques, déloge, ordre qui est donné à Jacques, nom propre pris d'une manière générale, et devant lequel on met le verbe faire.
Les troupes qui y étaient sont délogées — Mme de Sévigné (1626-1696)
Et les petits en même temps, Voletants, se culebutants, Délogèrent tous sans trompette — La Fontaine (1621-1695)
V. a. Ôter un logement à quelqu'un, lui faire quitter son appartement. Je n'ai pas dessein de vous déloger.
On a bien délogé des gens de Sorbonne, mais cela ne me déloge pas de chez moi — Pascal (1623-1662)
Terme de guerre. Faire quitter un poste. On a délogé l'ennemi de cette place.
Fig. et familièrement, faire sortir quelqu'un d'une position commode où il s'était mis.
Aurait aussi attenté ladite Raison, par une entreprise inouïe, de déloger le feu de la plus haute région du ciel, et prétendu qu'il n'avait là aucun domicile, nonobstant les certificats du dit philosophe [Aristote] et les visites et descentes faites par lui sur les lieux — Boileau (1636-1711)
La veille de son arrivée, on me délogea de la chambre de faveur que j'occupais, contiguë à celle de Mme d'Épinay ; on la prépara pour M. Grimm — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).