dégoût · dégout

dégoût

nom, masculin, /dɛɡu/ ou /deɡu/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Manque de goût, d'appétit.

    Le soir elle eut un grand dégoût — Molière (1622-1673)

    À quoi bon ce dégoût et ce zèle inutile ? Est-il donc, pour jeûner, quatre-temps ou vigile ? — Boileau (1636-1711)

  2. Répugnance qu'on a pour certains aliments. Il avait un dégoût pour les choux.

    Mon parrain, dès qu'il l'eut apprise [cette histoire], Me prédit le dégoût du vin — Béranger (1780-1857)

  3. Aversion, répugnance pour une personne ou pour une chose.

    C'est donc là le dégoût qu'apporte l'hyménée — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il ne faut qu'un soupçon, un dégoût, un caprice, Pour en faire à sa haine un soudain sacrifice — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Déplaisir, mortification.

    M. de Coulanges a essuyé un violent dégoût — Mme de Sévigné (1626-1696)

    On ne voudra pas donner un tel dégoût à notre gouverneur — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Dé.... préfixe, et goût.

Historique : XVIe s. Tous ces degouts engagerent d'Aubigné à s'en venir à Lyon au desceu de ses parens Bouffement à l'estomach avec degoust Le vin nuit aux malades ; c'est la premiere chose de quoy ma bouche se degouste, et d'un desgoust invincible

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Manque de goût, d’appétit. Il a un si grand dégoût, qu’il ne peut manger de rien. Il n’a plus de fièvre, mais il lui est resté du dégoût. Vaincre, surmonter son dégoût.

  2. Il se dit aussi de la Répugnance qu’on a pour certains aliments. Ce malade a le dégoût de la nourriture. Il lui a pris un dégoût pour la viande.

  3. Il signifie au figuré Aversion qu’on prend pour une chose ou pour une personne. Il a le dégoût du monde. Il lui a pris un grand dégoût pour ce genre d’études. Le dégoût de la vie s’empara de lui.

  4. Il signifie encore, figurément, Déception dans l’usage d’une chose qui en amène la répugnance. En ce sens, on l’emploie surtout au pluriel. Il fut abreuvé de dégoûts. Il a eu bien des dégoûts dans sa carrière. éprouver, essuyer des dégoûts. Il connaît tous les dégoûts du métier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • dégoûts — pluriel — /deɡu/ ou /dɛɡu/
  • dégoût — singulier — /deɡu/ ou /dɛɡu/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dégoût#22844.

dégout

nom, masculin

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Action de dégoutter. Jus qui dégoutte des viandes en rôtissant. Au jeu de l'hombre, payement.

    Il pleuvait.... Et du haut des maisons tombait un tel dégout — Mathurin Régnier (1573-1613)

Étymologie : Voy. DÉGOUTTER ; norm. dégout, eau qui tombe de la gouttière ; provenç. degot.

Historique : XIIe s. Là fors, là ù chet [tombe] li degoz, Girrai [je serai gisant], là ert mis [mon] monumens XIIIe s. Es degouz des fluns de paradis s'esleecera la terre germanz Es viles campestres nul ne pot mesonner si près de moi, que li degous de me [ma] meson ne me demeurt toz franz XVIe s. Chappons roustiz avecques leur degoust Par le degout des larmes que je pleure Quand le degout d'une pluie dorée L'esprit humain, un degoust de l'immortelle substance

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • dégouts — pluriel
  • dégout — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée dégout#106708.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.